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HUMEuR Au nom du père, du fils et des autres Nahi LAHOUD

C’est vrai qu’il n’y a pas qu’au Liban que les fils ou les filles succèdent à leurs pères ou mères dans les fonctions publiques. Dans l’absolu, je n’ai rien contre. Moi-même j’aurais voulu devenir député à la place de mon père, mais je n’ai pas eu cette chance (faute de moyens et d’appuis). Donc, je disais que je n’étais pas contre?; les rejetons ont tous les droits. Mais à condition que ces rejetons soient aptes à assumer les responsabilités déjà occupées par leurs parents. Au Liban, c’est devenu comme un rituel, que dire, une obligation. Ce n’est pas nouveau?; déjà, les héritiers des présidents Khoury, Chamoun, Frangié, Gemayel, Hraoui, Lahoud, Karamé, Salam, Assaad, Osseirane, etc. ont tâté de la bagatelle. D’ailleurs, il n’y avait pas que les fils, il y avait également les veuves, les gendres, les neveux. Certains se sont brûlé les doigts ou se sont fait taper sur les doigts, et sont encore montrés du doigt. D’autres par contre (et c’est rarissime) ont réussi pleinement. Exception à la règle?: les présidents Chéhab, Hélou et Sarkis n’ont rien à se reprocher sur ce plan, faute d’héritiers génétiques directs. Tant mieux pour eux et pour nous. Seulement, de nos jours, c’est devenu une affaire de vie ou de mort que de succéder à son pater familias. Prenons l’exemple de Murr père qui prend la défense de Murr fils pour qu’on le réembauche à la… Défense (justement)?! Regardons le général Aoun qui veut à tout prix trouver un strapontin financier à son gendre Gebrane (l’impassible), ou le président Berry qui cherche à caser son frère, le très francophile Mahmoud. Observons Sitt Nayla qui tient à assurer la pérennité ministérielle à son chérubin Michel, ou à la rigueur la députation. Lorgnons du côté du Hakim qui songerait sérieusement à ministrabiliser sa séduisante moitié, la très militante Séthrida, ou encore, Saad qui, à défaut de décrocher le caravansérail, pourrait envisager de se faire représenter par sa tante la très honorable Bahia, ou son cousin Nader. Même Walid bey ne rechignerait pas à ce que son cousin yazbaki, l’émir Talal, prenne en charge un portefeuille de rechange. Seul le président Gemayel semble récalcitrant à l’idée de faire nommer son fils Sami à la charge ministérielle, ou de faire élire son neveu Nadim à la députation. Et pourtant, son gendre Mecattaf voudrait bien supplanter tout ce monde familial en s’emparant d’un maroquin. Et Dory et Carlos que deviennent-ils?? Ils n’ont plus rien à se mettre sous la dent. Le premier semble résigné (ou résilié??), tandis que le second, pour se consoler, s’est inscrit au Centre culturel chinois afin de parfaire sa dialectique libanaise. N’oublions pas non plus la «?querelle des bouffons?» qui se bousculent pour obtenir les miettes qu’on veut bien leur laisser avant d’être rélégués au placard où ils seront bouffés plus tard par les mites. En tout cas, j’ai ouï dire, comme par hasard, que dès son entrée en fonctions, le président Sleiman aurait averti ses proches, amis et alliés qu’il ne saurait tolérer leurs ingérences dans la vie politique et qu’il refuserait de servir de soupape de sûreté à quiconque solliciterait sa bénédiction. Pourvu que ça dure, car (et c’est naturel) autour de chaque responsable, les ministrables, les députables, les «?ambassadeux?» et les «?conseilleurs?» sont légion. Au fond pourquoi pas?? Pourquoi ne pas laisser ces jeunes garnements profiter de la place (au soleil) laissée par leurs géniteurs?? Pourquoi briser leur avenir?? Ils sont jeunes, ambitieux, et pour eux, la politique c’est une affaire de famille. Surtout s’ils ont un air de famille… nombreuse. Oublions donc le «?Koullouna lil watan?». Et que vive le népotisme obligarchique?! Nahi LAHOUD Producteur de théâtre Article paru le jeudi 26 juin 2008
C’est vrai qu’il n’y a pas qu’au Liban que les fils ou les filles succèdent à leurs pères ou mères dans les fonctions publiques. Dans l’absolu, je n’ai rien contre. Moi-même j’aurais voulu devenir député à la place de mon père, mais je n’ai pas eu cette chance (faute de moyens et d’appuis). Donc, je disais que je n’étais pas contre?; les rejetons ont tous les droits. Mais à condition que ces rejetons soient aptes à assumer les responsabilités déjà occupées par leurs parents. Au Liban, c’est devenu comme un rituel, que dire, une obligation. Ce n’est pas nouveau?; déjà, les héritiers des présidents Khoury, Chamoun, Frangié, Gemayel, Hraoui, Lahoud, Karamé, Salam, Assaad, Osseirane, etc. ont tâté de la bagatelle. D’ailleurs, il n’y avait pas que les fils, il y avait également les veuves,...