Un miracle est encore nécessaire pour que le père Jacques soit canonisé et proposé en modèle non seulement à l’Église au Liban, mais à l’Église universelle.
« Mais qu’est-ce qu’un miracle ? » peut-on se demander. À quoi sert-il ? Une homélie du père Raniero Cantalamessa, OFM-capucin, prédicateur de la Maison pontificale, éclaire à merveille notre propos.
Dans une homélie datant d’octobre dernier, le père Cantalamessa réfléchit sur le sens du miracle et en particulier du miracle relatif à la guérison d’une maladie.
« Il faut dire tout d’abord que le privilège d’accomplir des miracles est l’un des actes les plus évidents dans la vie de Jésus, commence par affirmer le prêtre capucin (...) Jésus lui-même présente cela comme une preuve de l’authenticité messianique de sa mission : “ Les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent ”, dit l’Évangile selon saint Mathieu. On ne peut supprimer le miracle de la vie de Jésus sans défaire toute la trame de l’Évangile. »
Et d’ajouter : « En plus des récits de miracles, l’Écriture nous offre les critères nécessaires pour juger leur authenticité et leur but. Les miracles ne sont jamais, dans la Bible, une fin en soi ; ils ne doivent servir, encore moins, à élever la personne qui les accomplit et à mettre en lumière ses pouvoirs extraordinaires, comme il advient presque toujours dans le cas des guérisseurs et magiciens qui se font de la publicité. Le miracle est un encouragement à la foi et une récompense pour la foi. C’est un signe et il doit conduire à une signification (...) »
Mais le miracle apparaît dans l’Évangile comme quelque chose d’ambigu, poursuit Cantalamessa. Il est parfois vu de manière positive, lorsqu’il suscite la foi, et parfois de manière négative, lorsqu’il est exigé, pour croire, par des auditeurs, qui cherchent à « mettre Dieu à l’épreuve », dit-il en substance.
L’ambiguïté demeure, précise le prédicateur de la Maison pontificale, sous une autre forme, dans le monde d’aujourd’hui. Il y a, d’une part, ceux qui cherchent le miracle à tout prix, qui sont toujours en quête de faits extraordinaires (...) D’autre part, il y a ceux qui n’accordent aucune place au miracle, qui le considèrent même avec une certaine gêne, quelque chose d’embarrassant dont il faudrait « épurer » la foi.
Certains débats récents, suscités par le « phénomène Padre Pio », ont montré toute la confusion qui existe encore autour du miracle. Il n’est pas vrai par exemple que l’Église considère comme un miracle tout fait inexplicable (dont, nous le savons, le monde est rempli, et également la médecine !). L’Église considère comme un miracle uniquement un fait inexplicable qui, en raison des circonstances (vérifiées rigoureusement) dans lesquelles il s’est produit, revêt le caractère de signe divin, c’est-à-dire de confirmation donnée à une personne, ou de réponse à une prière. Si une femme, privée de pupilles depuis sa naissance, commence à voir à un moment donné, toujours sans pupilles, cela pourrait rentrer dans la catégorie des faits inexplicables. Mais si cela se produit au moment où elle se confesse avec Padre Pio, comme ce fut le cas, parler tout simplement de « fait inexplicable » ne suffit plus.
Nous sommes donc là devant ce que le père Cantalamessa exprime si clairement : un signe qui renvoie à une signification. Et c’est cela que l’Église considère comme un miracle. C’est ce genre de miracle que l’Église attend encore, pour canoniser Abouna Yaacoub.
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« Mais qu’est-ce qu’un miracle ? » peut-on se demander. À quoi sert-il ? Une homélie du père Raniero Cantalamessa, OFM-capucin, prédicateur de la Maison pontificale, éclaire à merveille notre propos.
Dans une homélie datant d’octobre dernier, le père Cantalamessa réfléchit sur le sens du miracle et en particulier du miracle relatif à la guérison d’une maladie.
« Il faut dire tout d’abord que le privilège d’accomplir des miracles est l’un des actes les plus évidents dans la vie de Jésus, commence par affirmer le prêtre capucin (...) Jésus lui-même présente cela comme une preuve de l’authenticité messianique de sa mission : “...