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Actualités - Opinion

L’avenir dépend, en grande partie, des rapports avec Damas

Quelle relation le Liban va-t-il entretenir, sous le régime Sleiman, avec la Syrie ? Une entente cordiale entre deux États souverains ? Des rapports de sujétion, comme par le passé ? Une première réponse devrait se dégager du sommet bilatéral en gestation, dont on attend un accord clair, net et précis, sur tous les dossiers litigieux pour voir si, ensuite, le régime syrien tiendrait parole ou non. En tête des questions à débattre, la concrétisation des résolutions du Comité national libanais de dialogue concernant la Syrie. D’abord le tracé des frontières d’où les bases armées des organisations palestiniennes d’obédience syrienne devraient être retirées. Ensuite Chebaa, et là cela se présente assez mal. Car Assad a déclaré récemment que le problème n’existe qu’entre Israël et le Liban. Alors qu’en réalité, sans attestation syrienne dûment officialisée, l’ONU ne peut pas homologuer la libanité des hameaux et ne peut pas y déployer la Finul, en attendant qu’ils retombent dans l’escarcelle du Liban. Du moment que, placés après leur occupation sous la juridiction de la 242 et non de la 425, ils sont syriens au regard de la loi internationale. Puis l’établissement de relations diplomatiques, ce qui induirait, en bonne logique, la suppression du Conseil supérieur libano-syrien, du reste inactif depuis belle lurette, alors que son statut prévoit une réunion annuelle groupant les présidents entourés de tout le haut état-major politique des deux pays. Un sous-comité, dirigé par les chefs de gouvernement, comprenant les ministres qualifiés, et se réunissant une fois par semestre, étant chargé du suivi, avec le concours de commissions mixtes spécialisées. Un détail, qui n’a plus d’importance, mais qui en dit long sur la servilité antérieure : c’est à la demande des autorités libanaises qu’il avait été décidé que les résolutions du Conseil seraient sans appel. C’est-à-dire ne nécessiteraient pas de ratification par la Chambre et encore moins par le gouvernement. Une évidente transgression de la Constitution, pour complaire à l’ex-tuteur. Le prétexte officiel étant d’ailleurs que, les systèmes de base étant différents, il fallait s’aligner sur l’un d’eux. On sait bien lequel. Un mot encore sur le Conseil : certains pensent qu’il serait utile de le garder, après l’établissement des relations diplomatiques, parce qu’il peut rendre des services échappant à la compétence d’une ambassade et servir de trait d’union dans les périodes éventuelles de crises relationnelles. Parallèlement, et enfin, il convient de revoir les multiples accords ou protocoles conclus entre les deux pays dans tous les domaines. Certains sont iniques, d’autres, profitables aux deux parties, n’ont jamais été appliqués. Pour le fond, il appartient maintenant à Damas d’indiquer directement, ainsi qu’à travers la ligne que vont adopter ses bons amis du cru, si la normalisation est envisageable ou non. La position du Liban est pour sa part déjà bien arrêtée et connue. Elle se résume dans ce passage du serment d’investiture du chef de l’État : « Nous aspirons fortement à un esprit d’authentique fraternité dans les rapports du Liban avec la Syrie, à l’ombre d’un respect mutuel de la souveraineté comme de l’unité des deux pays, dans un cadre de relations diplomatiques qui leur soient également profitables. Un lien privilégié cordial, sans les zones obscures qui ont prévalu antérieurement. Il nous faut tirer profit des expériences du passé, en évitant de retomber dans l’erreur. Pour bien servir les intérêts, la prospérité et la sécurité des deux pays frères. » Émile KHOURY
Quelle relation le Liban va-t-il entretenir, sous le régime Sleiman, avec la Syrie ? Une entente cordiale entre deux États souverains ? Des rapports de sujétion, comme par le passé ? Une première réponse devrait se dégager du sommet bilatéral en gestation, dont on attend un accord clair, net et précis, sur tous les dossiers litigieux pour voir si, ensuite, le régime syrien tiendrait parole ou non.
En tête des questions à débattre, la concrétisation des résolutions du Comité national libanais de dialogue concernant la Syrie. D’abord le tracé des frontières d’où les bases armées des organisations palestiniennes d’obédience syrienne devraient être retirées.
Ensuite Chebaa, et là cela se présente assez mal. Car Assad a déclaré récemment que le problème n’existe qu’entre Israël et le Liban. Alors...