La fin du sit-in de l’opposition qui occupait les places Riad Solh et Debbas va donner un nouvel élan au centre-ville de Beyrouth qui, depuis 18 mois, se trouvait dans une situation inconfortable. Les premiers signes positifs des accords de la conférence de Doha ont été l’engouement populaire constaté chaque soir aux terrasses des restaurants. Une première étape de la réappropriation de la population des rues Maarad et place de l’Étoile. L’évolution du cours de l’action Solidere marque également un réel optimisme chez les investisseurs. Le cours est passé en deux semaines de 24 à 35 dollars après avoir atteint la barre des 40 dollars il y a quelques jours.
Toutefois, il est encore trop tôt pour mesurer les effets concrets sur les plans commercial et résidentiel.
La réouverture de la rue Émir Bechir est un soulagement pour les restaurateurs de la rue Maarad qui ont maintenu leur activité durant la crise. Toutefois, si les rues Maarad, Ahdab et Omari ont retrouvé actuellement un peu d’animation, il ne faut pas oublier les rues secondaires qui offrent toujours un paysage de désolation avec des dizaines de boutiques et restaurants fermés. Le problème n’est pas récent et n’avait rien à voir avec le sit-in. Il est incontestable qu’il y a deux facettes commerciales au centre-ville : les axes principaux (Maarad, Allenby, Foch, Moutran, Malek, etc.), qui attirent les meilleures enseignes, et les autres (Uruguay, Toubia Aoun, Parlement, Rami), qui collectionnent les fermetures depuis 5 à 6 ans. Aujourd’hui, l’intérêt des professionnels reste toujours concentré sur les rues les plus fréquentées où les loyers sont le plus élevés, de 800 à 1 200 dollars annuels le m2 pour un rez-de-chaussée. Heureusement, le paysage commercial du centre-ville va connaître d’ici à quelques mois un nouveau souffle avec les prochaines ouvertures des Souks de Beyrouth et de la galerie marchande Le Gray qui est située place des Martyrs. Les sollicitations des commerçants pour ces deux espaces vont renforcer l’attractivité du centre-ville qui sera enfin capable de rivaliser et concurrencer les centres commerciaux apparus au cours des quatre dernières années.
Le marché des bureaux n’a pas connu de modifications significatives depuis plusieurs mois. L’ancien stock situé dans d’anciens immeubles sans parking se négocie autour de 175 à 200 dollars le m2 par an. Il faut compter presque le double pour les bureaux modernes. Les opportunités de vente sont rares et les prix des quelques bureaux disponibles font le grand écart (de 3 500 à 6 000 dollars le m2) en fonction de l’emplacement, des spécificités et de la gourmandise des propriétaires.
Sur le plan résidentiel, il y a une quinzaine de nouveaux projets actuellement en cours dans les secteurs de Wadi Abou Jmil et Mina el-Hosn. Les réussites sont contrastées. Malgré le faible appétit de la clientèle arabe, certains appartements se vendent bien. À l’opposé, d’autres projets dont la construction est déjà bien avancée rencontrent de réelles difficultés pour écouler leur stock alors que leurs prix ne sont pas si éloignés d’immeubles haut de gamme d’Achrafieh et de Ras Beyrouth. La saison estivale sera un bon test pour analyser l’intérêt des expatriés et des ressortissants du Golfe pour des appartements dont les prix de départ tournent autour de 4 300 à 5 000 dollars le m2.
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Toutefois, il est encore trop tôt pour mesurer les effets concrets sur les plans commercial et résidentiel.
La réouverture de la rue Émir Bechir est un...