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Séisme en Chine L’opinion publique pousse les entreprises à la générosité

L’opinion publique chinoise, dont une partie est remontée contre certaines multinationales, est sans doute pour beaucoup dans la forte mobilisation des entreprises chinoises et étrangères en faveur des victimes du séisme au Sichuan, estiment des analystes. «Les pressions venant du public mais aussi de la concurrence entrent à plus de 60 % dans les motivations des entreprises qui font des dons », estime ainsi Jin Liyin, un professeur de marketing de l’Université Fudan à Shanghai. Très vite après la catastrophe du 12 mai, l’Internet chinois a été le vivier de dénonciations visant Nokia, McDonald’s, Kentucky Fried Chicken (KFC) ou Toyota, qualifiés « d’avares internationaux », à boycotter. « Nous devrions boycotter les avares et leur faire savoir qui les nourrit », déclare ainsi un internaute dans un forum du portail Netease.com. Un appel suivant d’autres, similaires, sur le même site populaire, contre les compagnies « sans conscience ». En outre, les dénonciations ne sont pas limitées à la Toile : à Nanchong, une ville de la province du Sichuan (Sud-Ouest) frappée par le tremblement de magnitude 8, les gens sont descendus dans la rue, pour se poster devant un restaurant McDonald’s, décrier la ladrerie présumée du géant américain de la restauration rapide et vandaliser son enseigne. Devant ces élans de colère, le ministre du Commerce chinois Chen Deming est intervenu la semaine dernière : « La théorie d’une soi-disant avarice internationale n’est pas fondée », a-t-il dit à des journalistes. L’aide, versée ou promise, des entreprises chinoises et étrangères s’élève d’ailleurs aujourd’hui à quelque sept milliards de yuans (700 millions d’euros), selon le portail Sina.com. Nombreuses aussi sont celles qui ont apporté un secours matériel : alimentation, médicaments, machines... Ou qui trouvent des réponses alternatives : conseils psychologiques ou promesses d’embauches pour les populations les plus affectées par le séisme. Outre un don de 21 millions de yuans, le groupe Yum ! (KFC, Pizza Hut) a ainsi offert une priorité d’emploi aux candidats des régions de l’épicentre. La publicité donnée aux dons des entreprises permet aussi des comparaisons et entraîne ce qui pourrait être pris pour des surenchères de la générosité. Le 26 mai, le géant de la distribution américain Wal-Mart rajoutait 17 millions de yuans et portait sa contribution à plus de 20 millions, trois jours après que le français Carrefour eut accru la sienne à 23 millions de yuans. Pour Ning Xiangdong, professeur de stratégie d’entreprise à l’université Tsinghua, à Pékin, il est tout à fait logique, au vu de la compétition féroce du marché, que les entreprises cherchent aujourd’hui à soigner leur image de marque. « Toute activité caritative a un impact sur l’image de l’entreprise dans le public. Certaines sociétés savent très bien saisir de telles opportunités, et il n’y a rien à redire à cela puisqu’elles sont dans un environnement si concurrentiel ! » estime-t-il.
L’opinion publique chinoise, dont une partie est remontée contre certaines multinationales, est sans doute pour beaucoup dans la forte mobilisation des entreprises chinoises et étrangères en faveur des victimes du séisme au Sichuan, estiment des analystes.
«Les pressions venant du public mais aussi de la concurrence entrent à plus de 60 % dans les motivations des entreprises qui font des dons », estime ainsi Jin Liyin, un professeur de marketing de l’Université Fudan à Shanghai.
Très vite après la catastrophe du 12 mai, l’Internet chinois a été le vivier de dénonciations visant Nokia, McDonald’s, Kentucky Fried Chicken (KFC) ou Toyota, qualifiés « d’avares internationaux », à boycotter.
« Nous devrions boycotter les avares et leur faire savoir qui les nourrit », déclare ainsi un internaute dans un...