Gaël Monfils doit se préparer à courir vite et longtemps s’il veut battre l’Espagnol David Ferrer aujourd’hui en quarts de finale et ramener le tennis français dans le dernier carré pour la première fois depuis sept ans.
Le « zouk de la mobylette » offert par le Parisien au public du Central après sa victoire sur Ivan Ljubicic au tour précédent était prémonitoire. C’est une petite cylindrée (1,75 m, 72 kg) véloce et pratiquement increvable qu’il va affronter pour la première fois.
Il serait étonnant que Monfils, habitué à jouer loin de sa ligne de fond, même s’il est aussi capable d’avancer de temps en temps pour placer un énorme coup droit, force sa nature au moment de jouer le match le plus important de sa vie.
Plusieurs de ses entraîneurs ont essayé, dans un passé récent, de le convaincre d’entrer plus dans le court, voire de venir conclure les points à la volée, mais ils s’y sont cassé les dents. C’est donc probablement à la course et à l’usure qu’il tentera sa chance.
De toute façon, Ferrer a montré depuis le début de la quinzaine qu’il pouvait écœurer tous types d’adversaires, les coureurs de fond comme Lleyton Hewitt et les sprinteurs comme Radek Stepanek, tous les deux battus en cinq sets.
Ferrer le modeste
Physiquement, Monfils ne s’est pas économisé depuis le début du tournoi. En quatre matches de simple, il a déjà passé plus de dix heures et demie sur le court. Il a disputé aussi le double messieurs et même le double mixte avec sa petite amie, la Slovaque Dominika Cibulkova.
Mais sa fraîcheur mentale en revanche est incontestable. Sa joie de jouer de nouveau sur les grands courts fait plaisir à voir. « Je sens que j’arrive à un moment où toutes les petites étapes de ma vie font que je me sens un peu mieux, plus relâché », dit le joueur de 21 ans.
Le Parisien peut se lâcher car en atteignant pour la première fois les quarts de finale d’un grand chelem, il a déjà réussi son tournoi et n’a plus rien à perdre, même s’il affirme le contraire pour conjurer le risque d’autosatisfaction.
À l’inverse, Ferrer pourrait difficilement se pardonner de se faire barrer la route de sa première demi-finale à Roland-Garros par le 59e joueur mondial, lui qui aurait dû s’inviter dans le dernier carré depuis longtemps, vu que la terre battue est sa surface naturelle.
Et pourtant le Valencien continue à afficher une modestie presque désarmante pour un top 5, peut-être une façon de se protéger de la pression. « Si je peux faire quelque chose de grand cette année ? Mais être en quarts de finale, c’est déjà grand », affirme-t-il.
Trois demi-finalistes en 20 ans
Jusqu’à présent, Monfils a bénéficié d’un tableau favorable. Aux trois premiers tours, il a battu des joueurs situés aux alentours de la 100e place mondiale. En quart de finale, il est tombé sur un Ljubicic dont la deuxième jeunesse ne s’est pas poursuivie au-delà de son troisième tour contre Nikolay Davydenko.
La performance n’en est pas moins réjouissante, et totalement inattendue, pour un joueur sortant tout juste d’une pénible traversée du désert de plus de six mois, entre blessures et bleus à l’âme. Mais le véritable exploit serait de battre Ferrer.
S’il y parvenait, Monfils réussirait une performance plutôt rare pour le tennis français. Lors des vingt dernières éditions, seuls trois tricolores ont joué les demi-finales du simple messieurs à Roland-Garros, Henri Leconte (1992), Cédric Pioline (1998) et Sébastien Grosjean (2001).
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Le « zouk de la mobylette » offert par le Parisien au public du Central après sa victoire sur Ivan Ljubicic au tour précédent était prémonitoire. C’est une petite cylindrée (1,75 m, 72 kg) véloce et pratiquement increvable qu’il va affronter pour la première fois.
Il serait étonnant que Monfils, habitué à jouer loin de sa ligne de fond, même s’il est aussi capable d’avancer de temps en temps pour placer un énorme coup droit, force sa nature au moment de jouer le match le plus important de sa vie.
Plusieurs de ses entraîneurs ont essayé, dans un passé récent, de le convaincre...