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Actualités - Opinion

Le cabinet, premier saut d’obstacle politique pour Sleimane

Une missive, dit l’adage de chez nous, se lit dès le libellé de l’adresse sur l’enveloppe. Et un nouveau régime se juge, politiquement, dès la formation de son premier cabinet. S’il le peut, si les circonstances le lui permettent, il marque de son empreinte cet instrument capital de pouvoir. Ou alors, il s’arrange au mieux pour une bonne cohabitation. Pour n’avoir pas maille à partir avec le gouvernement. Une fois franchi le barrage que, le cas échéant, l’opposition tenterait de dresser devant la formation du ministère. Une éclosion qui, sous le premier mandat Béchara el-Khoury, avait été des plus faciles, dans l’élan de l’indépendance fraîchement acquise. Habib Abi-Chahla, Camille Chamoun, Magid Arslane, Sélim Takla et Adel Osseirane s’étaient regroupés autour de Riad Solh. En 52, Chamoun avait opté pour une formation restreinte d’extraparlementaires car la majorité des députés étaient des fidèles de cheikh Béchara, renversé par une révolution blanche. Confié à la direction de Khaled Chehab, le gouvernement comprenait Moussa Moubarak, Sélim Haïdar et Georges Hakim. Son tour de présidence venu, Chehab avait tenté de trancher dans le vif en désignant Rachid Karamé, Charles Hélou, Mohammad Safieddine, Rafic Naja, Farid Matar, Fouad Najjar et Youssef Saouda. Mais ce dernier s’était récusé sous la pression du parti Kataëb, hostile à la formule. Le cabinet avait rendu son tablier avant même de comparaître devant la Chambre. Pour être remplacé par les Quatre : Rachid Karamé, Hussein Oueyni, Raymond Eddé, Pierre Gemayel. Oueyni était, après le passage du témoin présidentiel à Hélou, à la tête d’une équipe d’experts composée de Gébran Nahas, Fouad Najjar, Amine Beyhum, Edmond Gaspard, Georges Naccache, Fouad Ammoun, Rida Wahid, Mohammad Knio et Joseph Najjar. La confiance leur avait été accordée par 54 voix contre 33. Avec l’avènement de Frangié, place aux jeunes, sous la houlette du chevronné Saëb Salam : Ghassan Tuéni, Henri Eddé, Hassan Moucharrafiyé, Saëb Jaroudi, Édouard Sauma, Jamil Kebbé, Émile Bitar, Élias Saba, Jaafar Charafeddine, Mounir Hamdane, Khalil Abouhamad. Sous Sarkis, vote à l’unanimité pour Sélim Hoss, Fouad Boutros, Salah Selmane, Ibrahim Cheaïto, Amine Bizri, Michel Doumit, Assaad Rizk, Farid Raphaël. Plébiscite également avec Hraoui pour Sélim Hoss, Walid Joumblatt, Michel Sassine, Nazih Bizri, Georges Saadé, Edmond Rizk, Ali el-Khalil, Élias el-Khazen, Albert Mansour, Mohsen Dalloul, Omar Karamé. D’entrée de jeu, Lahoud était parvenu à écarter Rafic Hariri, désigné par la majorité parlementaire et qui avait choisi de s’excuser. Pour protester contre une infraction manifeste à l’article 53 C réservant la prérogative du choix aux députés. Or un certain nombre d’entre eux, dont les membres du bloc Berry, avaient décidé de déléguer cette prérogative au chef de l’État, comme s’ils avaient le droit d’en disposer à leur guise. Après le retrait du regretté président Hariri, Hoss avait pris le relais, entouré de Michel Murr, Mohammad Youssef Beydoun, Sleimane Frangié, Anouar el-Khalil, Ghazi Zeaïter, Michel Moussa, Issam Naaman, Joseph Chaoul, Sleimane Traboulsi, Hassan Chalak, Georges Corm, Karam Karam, Nasser Souaïdi, Artine Nazarian, Nagib Mikati. Être un président de consensus et un rassembleur ne signifie pas qu’il faille ignorer la Constitution. C’est le message que délivre Michel Sleimane en donnant une suite normale aux consultations parlementaires impératives prévues dans le texte. En désignant Siniora, choisi par 68 députés, tandis que les 59 opposants s’abstenaient ou suggéraient quelqu’un d’autre. On note, de plus, que l’esprit même du système réserve l’impartialité arbitrale au seul chef de l’État, le Premier ministre n’étant pas obligatoirement un non-engagé. Mais bien au contraire un responsable nommé par la majorité des députés. Tout comme, d’ailleurs, le président de la Chambre. Et si ce dernier appartient à un camp déterminé, on ne voit pas pourquoi le chef du gouvernement ne sortirait pas des rangs du camp d’en face. Les objections de certains opposants sur le choix de Siniora sont donc inadéquates, pour ne pas dire déplacées. Et un peu inquiétantes, car elles semblent refléter la persistance d’une volonté de sabotage. Émile KHOURY
Une missive, dit l’adage de chez nous, se lit dès le libellé de l’adresse sur l’enveloppe. Et un nouveau régime se juge, politiquement, dès la formation de son premier cabinet. S’il le peut, si les circonstances le lui permettent, il marque de son empreinte cet instrument capital de pouvoir. Ou alors, il s’arrange au mieux pour une bonne cohabitation. Pour n’avoir pas maille à partir avec le gouvernement. Une fois franchi le barrage que, le cas échéant, l’opposition tenterait de dresser devant la formation du ministère.
Une éclosion qui, sous le premier mandat Béchara el-Khoury, avait été des plus faciles, dans l’élan de l’indépendance fraîchement acquise. Habib Abi-Chahla, Camille Chamoun, Magid Arslane, Sélim Takla et Adel Osseirane s’étaient regroupés autour de Riad Solh. En 52, Chamoun avait...