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Actualités - Analyse

La situation Siniora désigné par le 14 Mars pour un deuxième mandat

Pas un jour de répit. Hier, un grave incident a eu lieu à Doha-Aramoun entre des jeunes sympathisants du Parti socialiste progressiste et des partisans du Hezbollah, entraînant – le plus cyniquement du monde – la mort d’un soldat de l’armée libanaise. Au lendemain des rixes de Mazraa – où le flou concernant le déroulement des événements continue de régner – cette nouvelle dégradation sécuritaire sonne comme un double avertissement. À l’adresse du président fraîchement élu d’abord – surtout à l’autorité de l’armée qu’il a présidée depuis 1998 avant de déménager à Baabda – et à la majorité parlementaire. Conscient de cela, le Bloc du futur a choisi hier de dénoncer ouvertement la recrudescence de ces « incidents » en affirmant sans ambages que « l’agression planifiée exécutée par le Hezbollah et ses auxiliaires contre la légalité, la loi et la paix civile depuis le 7 mai (…) se poursuit jusqu’à présent ». Mais la réponse du Hezbollah ne s’est pas fait attendre : « Nous pensions qu’avec l’accord de Doha, c’est le dialogue qui primerait sur les insultes et les accusations », a affirmé Hussein Hajj Hassan. C’est dans cette atmosphère politique glaciale que démarreront aujourd’hui les consultations parlementaires à Baabda et que la majorité s’est concertée durant toute la journée d’hier pour tomber d’accord sur le nom de Fouad Siniora, appelé ainsi à se succéder à lui-même. Ce dernier, plutôt réticent, aurait préféré, selon certaines sources, passer le flambeau au chef de la majorité parlementaire Saad Hariri, mais c’est finalement lui qui a été choisi par le 14 Mars. Cependant, un député de la Rencontre démocratique indique à cet égard que M. Siniora a, « au contraire, bien envie » d’un second mandat à la tête du Conseil des ministres, mais qu’il ne peut pas contourner la décision de Saad Hariri. Il faut « attendre le verdict », poursuit cette source, même s’il est clair aujourd’hui que le bilan du gouvernement Siniora est, malgré les grandes difficultés, « très positif ». Toutefois, et sous l’angle de la « relation avec la Syrie », les deux hommes souffrent d’une absence totale de communication avec Damas, même si, en ce qui concerne Saad Hariri, « la rupture est plus aiguë, car il y a une dette de sang », ajoute ce député. Une source proche du député Walid Joumblatt a pour sa part souligné que, pour ce dernier, « il est un peu tôt pour Saad Hariri de présider le Conseil des ministres », surtout qu’il a des élections à préparer et que « le pouvoir use ». Quoi qu’il en soit, M. Joumblatt a fait savoir que quelle que soit la teneur de la décision adoptée par la majorité il ne s’y opposerait pas. De source bien informée, il est apparu que les avis avaient été très partagés durant la réunion du Bloc du futur, qui avait précédé la réunion du 14 Mars qui ne s’est achevée que tard en soirée. La source souligne ainsi l’existence de « deux tendances », les députés de Beyrouth souhaitant que Saad Hariri succède à M. Siniora, pendant que les députés des autres régions estiment qu’il serait préférable que ce dernier soit candidat à sa propre succession. Les arguments que soutiennent ces derniers sont d’abord fondés sur la prochaine bataille électorale que Saad Hariri devra mener avec succès à Beyrouth, à l’aune du nouveau découpage électoral entériné à Doha, puis sur le fait que le chef du Courant du futur devra aussi prendre part à la table de dialogue. Il convient donc de partager les rôles de manière équilibrée et même si M. Siniora effectue un second mandat, la composition du gouvernement sera minutieusement examinée par l’équipe de M. Hariri. Maintenant, il reste que l’opposition n’adhère pas entièrement à ce choix. Une source du Hezbollah a indiqué à L’Orient-Le Jour qu’il serait possible que le parti « ne donne pas de nom », une manière pour le parti de rester « neutre » sur cette question tout en s’abstenant de bloquer le processus de concertations parlementaires. Elle ajoute que très probablement M. Siniora sera de nouveau nommé à la tête du nouveau gouvernement, mais à la majorité « simple », une manière pour l’opposition de montrer son « désaccord » de principe face à cette nomination. Une source parlementaire du Bloc du changement et de la réforme a quant à elle précisé que son bloc ne soutiendrait ni la candidature de M. Siniora ni celle de M. Hariri, « même si nous préférons ce dernier ». Aucun nom n’a été avancé par le bloc aouniste, même si une source bien informée a affirmé que la tendance à Rabieh penchait en faveur du ministre sortant Mohammad Safadi. La source précitée insiste pour dire que « quoi qu’il en soit, il est peu probable que l’opposition parvienne à bloquer la nomination du Premier ministre », car l’exécution de l’accord de Doha est surveillée de près par les pays qui ont apporté les garanties nécessaires à la signature de cet accord. Il serait cependant naïf de croire que l’opposition ratera cette occasion pour ne pas négocier davantage de portefeuilles ministériels, surtout au niveau des portefeuilles dits « neutres » ou sur le plan du retrait de certaines décisions prises par le gouvernement Siniora, en l’absence des ministres démissionnaires de l’opposition. Lélia MEZHER
Pas un jour de répit. Hier, un grave incident a eu lieu à Doha-Aramoun entre des jeunes sympathisants du Parti socialiste progressiste et des partisans du Hezbollah, entraînant – le plus cyniquement du monde – la mort d’un soldat de l’armée libanaise. Au lendemain des rixes de Mazraa – où le flou concernant le déroulement des événements continue de régner – cette nouvelle dégradation sécuritaire sonne comme un double avertissement. À l’adresse du président fraîchement élu d’abord – surtout à l’autorité de l’armée qu’il a présidée depuis 1998 avant de déménager à Baabda – et à la majorité parlementaire. Conscient de cela, le Bloc du futur a choisi hier de dénoncer ouvertement la recrudescence de ces « incidents » en affirmant sans ambages que « l’agression planifiée exécutée par...