«Vous êtes élu alors que le pays traverse une période historique ; une période qui consacre l’entente, l’affection et le pardon entre les Libanais et qui pave la voie à une nouvelle stabilité pour le Liban, à une relance de la vie politique dans ce pays. »
C’est par ces mots que Nabih Berry a commencé son discours, juste après qu’il eut installé Michel Sleimane, tout fraîchement élu, à sa droite, et avant de lui souhaiter toute la réussite dans sa nouvelle mission. « Je prie Dieu pour que vous parveniez à diriger le navire Liban vers les rivages les plus sûrs, pour que vous parveniez à asseoir la paix civile et à renforcer la coexistence », a enchaîné le président de la Chambre, insistant sur le fait que si cette élection a pu avoir lieu, « c’est grâce à la conviction du Liban et des pays arabes que l’entente est la seule voie de salut pour ce pays. Tout cela est le résultat des efforts arabes et régionaux, au cœur desquels le Qatar a occupé une place prépondérante », a dit Nabih Berry à l’adresse de l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani, placé, lui, à sa gauche.
Se retournant ensuite vers le nouveau chef de l’État, il a tenu à rappeler les « immenses » sacrifices que ce Parlement a consentis, « en faveur de l’indépendance du Liban, de sa souveraineté, de son unité, de sa liberté et de son système parlementaire démocratique ». « Et je voudrais à l’occasion, et pour une seule fois, assurer que ce Parlement n’a jamais été kidnappé ; que ses portes n’étaient pas verrouillées : j’ai toujours choisi de respecter la Constitution », a insisté Nabih Berry.
Relevant ensuite que les parlementaires n’ont pas été les seuls à avoir offert au Liban des martyrs, il a évoqué le feuilleton des assassinats et des attentats qui ont secoué le pays au cours des trois dernières années, emportant « hommes politiques, représentants de la société civile et citoyens innocents ». Il en a profité pour rendre un hommage appuyé à la Résistance et aux soldats de l’armée pour leur noblesse et leurs hauts faits d’armes, que ce soit « au Sud contre l’ennemi israélien ou au Nord contre les agressions terroristes et le crime organisé à Nahr el-Bared ». Nabih Berry s’est également arrêté sur les récentes menaces terroristes d’el-Qaëda, qu’il n’a pas nommée, contre la sécurité du Liban et contre la Finul. « Notre unité et notre armée sont notre immunité et personne au monde ne peut transformer le Liban en arène de mort », a-t-il martelé.
Et de nouveau à l’adresse de Michel Sleimane, il a souligné que le Parlement a toujours tenu à se poser en symbole du dialogue, rappelant son initiative de l’an 2006, la table de dialogue national, « dont les objectifs ont été réalisés à 60 %, y compris des questions épineuses et inquiétantes, telles que le tribunal international ou les relations avec la Syrie. Il restait deux points à l’ordre du jour de ce dialogue national ; nous venons d’en régler un, l’élection présidentielle. Quant à la stratégie de défense, personne mieux que vous ne réussira à mener ce débat dans le but de préserver l’indépendance du Liban et sa souveraineté et le protéger contre les agressions et les ambitions israéliennes », a estimé le président de la Chambre.
Et après avoir rappelé que les deux sujets de litige interlibanais qu’étaient le gouvernement d’union nationale et la loi électorale avaient eux aussi été réglés, Nabih Berry, au nom des députés, s’est employé à remercier tous ceux qui ont contribué au règlement de la crise libanaise et qui se sont déplacés en ce dimanche d’élection présidentielle. Il a notamment rendu hommage une nouvelle fois au Qatar, à la Ligue arabe et son secrétaire général Amr Moussa, au Vatican, à l’Iran, à la Turquie, à l’Union européenne, aux ministres français, italien et espagnol des Affaires étrangères, ainsi qu’à la Russie et, « dans tous les cas, quoi qu’il en soit, aux États-Unis parce qu’ils ont compris que le Liban ne peut pas être le lieu de naissance de leur projet au Proche-Orient », a jugé Nabih Berry.
Enfin, il a tenu à remercier les Libanais « pour leur patience et leurs sacrifices », ainsi que les instances religieuses et les médias. Et d’ajouter : « C’est moi qui ai eu peur, c’est moi qui ai vécu l’angoisse et les pressions ; c’est moi qui ai écopé des initiatives en tout genre en tant que président de la Chambre, c’est moi qui ai dû subir des guerres verbales tous azimuts et c’est moi qui hurle aujourd’hui à la face du monde : je veux la paix pour mon pays », a-t-il dit, avant de conclure à l’adresse des Arabes : « Je vous demande pardon si le Liban vous a séparés un jour et je suis fier qu’il vous réunisse aujourd’hui », a-t-il déclaré, rappelant à Michel Sleimane l’énorme chantier législatif qui attend le Liban, ne serait-ce qu’en ce qui concerne l’application de Paris III ou la libération des fermes de Chebaa.
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C’est par ces mots que Nabih Berry a commencé son discours, juste après qu’il eut installé Michel Sleimane, tout fraîchement élu, à sa droite, et avant de lui souhaiter toute la réussite dans sa nouvelle mission. « Je prie Dieu pour que vous parveniez à diriger le navire Liban vers les rivages les plus sûrs, pour que vous parveniez à asseoir la paix civile et à renforcer la coexistence », a enchaîné le président de la Chambre, insistant sur le fait que si cette élection a pu avoir lieu, « c’est grâce à la conviction du Liban et des pays...