Renaissance
Quel beau matin en ce jour du 21 mai 2008 ! Il paraît que nos dirigeants se sont entendus ! Il paraît que le général Sleimane va être bientôt élu ! Je roule sur l’autoroute et allume la radio que, par lassitude et depuis des lunes, j’ai tue. Et soudain, c’est la voix de Akon à la radio !! Akon, l’icône de la rap music, qui commence une chanson que je ne connais pas, probablement un nouveau cru…Et puis, et puis… ça m’a l’air d’une chanson connue…Je retiens mon souffle, hausse le volume, l’oreille tendue. Et la voix de l’idole de la pop music s’élève, cette voix que les vicissitudes de la vie ont interminablement réduite au silence le plus perclus. Mais c’est Michael Jackson qui renaît de ses cendres?! Michael Jackson, que j’ai longuement attendu et qui rechante une de ses anciennes chansons dans une nouvelle version, un mélange de rap et de pop, un nouveau style absolument fantastique et imprévu. Mes yeux brillent de joie et je pense aux idoles qui, en fait, ne meurent pas, mais s’endorment un jour, peut-être un peu trop longtemps, mais qui nous reviennent, plus resplendissants que jamais, en nouveaux et fiers élus.
Je le savais, je le savais depuis longtemps et je l’ai longuement attendue…cette paix au Liban, à laquelle j’ai toujours cru.
Michèle AOUN
Koweït
Croire au père Noël
Il faut croire au père Noël, ou bien le jour où les poules auront des dents est arrivé…
Entente, mésentente, accord, désaccord pour arriver au résultat de ce mercredi 25 mai 2008, qui sera considéré comme l’«?accord de Doha?» (encore un…). Mais que nous réserve cet accord alors que, quelques minutes voire quelques heures avant, les protagonistes faisaient la une de toutes les chaînes locales et arabes accusant «?l’autre?» de mauvaise foi??
Puis, comme par enchantement, tout rentre dans l’ordre et ce sont les embrassades, les accolades, les conférences de presse, les remerciements à tort et à travers.
Ne soyez pas pessimiste, me dira-t-on. Mais toute personne logique devrait se poser des questions. Que s’est-il passé subitement ? Serait-ce un sentiment de patriotisme (tardif) qui a pesé en faveur de cet accord, ou est-ce la peur de ne plus être populaires à leur retour et la crainte de rater leurs sièges aux élections législatives prochaines ?
N’aurions-nous pas pu éviter tous les bains de sang depuis trois ans déjà et aboutir à cet accord?? Aurait-il fallu un voyage ? Aurait-il fallu laver notre linge sale devant le monde entier et prouver encore une fois que nous ne savons pas nous gouverner ?
Je sais que je partage le sentiment de la plupart des Libanais. Cela me fait de la peine de savoir que toutes les pertes humaines et matérielles auraient pu être évitées. Cela me fait mal d’entendre que la levée du sit-in du centre-ville est un «?cadeau?» fait au Qatar et à son émir, au lieu d’être un cadeau aux Libanais. Cela fait drôle de réaliser que Liban SARL existe et que l’accord de Doha n’était qu’un conseil d’administration en litige pour lequel nous avons eu recours à un arbitre international afin de redistribuer les dividendes et les parts équitablement.
Nous avons eu le pacte de 1943, qui a abouti aux événements de 1958 puis les grabuges de 1975, cette période noire durant laquelle toutes les armées du monde ont transité (Arabes, Européens, Américains, Israéliens, etc.) avant de déboucher sur les accords de Taëf. Rappelons-nous l’optimisme qui régnait en ce temps-là. Mais il n’a duré que quelques années. Même l’ONU a promulgué résolutions après résolutions en l’espace de quelques années, malheureusement sans résultat, ni suivi sur le terrain.
Voilà pourquoi, devant les accords de Doha, un scepticisme plane et ce n’est pas en quelques heures que le problème libanais a été résolu. Notre problème ne peut être résolu sans des bases solides et une vision future, et non suivant un plan à court terme. Le seigneur de la guerre ne sera jamais un faiseur de paix. Qui vivra verra, j’aimerais croire pour une fois au père Noël.
Fouad A. SALHA
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