«Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.?» Foutaises?! Allez expliquer à une petite fille de 10 ans, bercée depuis sa tendre enfance par les poncifs de tous les contes qu’on lui a lus, que la «?suite?» d’un joli conte de fée est tronquée. Comment ça, ils vécurent heureux?? Surtout s’ils eurent beaucoup d’enfants… Et ensuite?? Tout cela est bien biaisé. Dans Enchanted, Gisèle tombe de haut, et toutes les petites filles qui sommeillent en toutes les femmes avec elle. Si la marâtre a été domptée, que les vilaines sorcières ont été achevées et que le prince charmant est bel et bien arrivé sur son cheval blanc, les galères, elles, ne sont pas terminées pour autant. La princesse toute belle a de longs jours devant elle et a intérêt à bien s’accrocher pour affronter la suite de l’histoire. Parce que la suite de l’histoire, elle est moins glam. D’abord la princesse, elle doit travailler. Parce qu’un homme qui combat les dragons à longueur de journée, ça ne fait pas bouillir la marmite. Et puis il faut les nourrir ces «?beaucoup d’enfants?». Il faut les allaiter, les endormir, les calmer, les bercer, les écouter, les habiller, les emmener à la garderie puis à l’école. Les faire étudier le soir, après avoir fait tourner la machine à laver, préparé le repas, passé l’aspirateur et s’être fait belle. Bon d’accord, au Liban, elle est aidée la princesse. Mais il n’empêche... Pour la plupart d’entre elles, les princesses, elles bossent… même au Liban. Et quand elle est fatiguée la princesse, elle n’est pas très fraîche le soir quand il s’agit de lire à son tour Cendrillon ou Blanche-Neige. Parce que sa belle-mère qui s’ennuie comme un rat mort – n’est pas reine qui veut – vient de débarquer à l’improviste. Difficile de «?vivre heureux?» après trois heures passées aux fourneaux et que sa «?moujaddara?» n’est pas aussi bonne que celle de «?môman?». Ah ben oui, «?môman?» cuisine toujours mieux que la princesse. Et la princesse en a souvent ras-le-bol… de lait. Quand la princesse s’est réveillée à cinq reprises durant la nuit pour expliquer au petit prince que le bruit dehors, ce n’est «?qu’un simple feu d’artifice?» alors qu’elle meurt de trouille, le lendemain matin, elle est bien fanée dans sa robe… de princesse. Surtout que son cheval, pardon son «?260 chevaux?», ne démarre pas et qu’il est enseveli sous la poussière du chantier du «?château?» adjacent. «?Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.?» Pardon, mais où exactement?? Où vécurent-ils aussi heureux, qu’on demande tout de suite un visa… Parce qu’en ce moment, ici, ce n’est pas la joie. Les «?méchants?» sont partout, les écoles ferment un jour sur deux, l’avenir est incertain et le prince et la princesse flippent un peu pour leurs «?beaucoup d’enfants?». Leur dragon ailé ne peut pas voler, il n’en a pas le droit, leur château s’est pris quelques «?balles perdues?» et l’ambiance est électrique. Allez expliquer à une petite fille de 10 ans que là, ça sent le roussi et que le prince ne peut pas la réconforter, parce qu’il a plus peur qu’elle. Allez lui expliquer que cette sublime bande dessinée qui trône dans la bibliothèque du salon et qui s’appelle Persépolis… eh bien, c’est ça notre conte à nous.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.?» Foutaises?! Allez expliquer à une petite fille de 10 ans, bercée depuis sa tendre enfance par les poncifs de tous les contes qu’on lui a lus, que la «?suite?» d’un joli conte de fée est tronquée. Comment ça, ils vécurent heureux?? Surtout s’ils eurent beaucoup d’enfants… Et ensuite?? Tout cela est bien biaisé. Dans Enchanted, Gisèle tombe de haut, et toutes les petites filles qui sommeillent en toutes les femmes avec elle. Si la marâtre a été domptée, que les vilaines sorcières ont été achevées et que le prince charmant est bel et bien arrivé sur son cheval blanc, les galères, elles, ne sont pas terminées pour autant. La princesse toute belle a de longs jours devant elle et a intérêt à bien s’accrocher pour affronter la suite de l’histoire....