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Un grand ami et connaisseur du Liban

Dominique Chevallier est né le 19 août 1928 à Paris. Fils d’un père hématologue, professeur à la faculté de médecine, et d’une mère médecin, il reçut une éducation libérale durant son enfance et son adolescence. Après des études d’histoire à la Sorbonne, il éprouva la nécessité de connaître une autre civilisation que la sienne, de la vivre de « l’intérieur », comme le lui enseigna Louis Massignon. En 1955, il retrouva au Caire Jacques Berque auquel Fernand Braudel l’avait présenté avant son départ. L’année suivante, Berque le fit venir au Centre d’études pratiques de l’arabe moderne qu’il dirigeait à Bickfaya. Dominique Chevallier suivit alors de près la crise et la guerre de Suez en 1956. Beyrouth s’offrait en même temps comme un miroir de toutes les tensions confessionnelles, communautaires et politiques du Proche-Orient. Les expériences qu’il acquit au Liban le marquèrent profondément. Il en fit le sujet de sa thèse de doctorat d’État sous la direction de Pierre Renouvin car il voulut y confronter la véritable nature des relations internationales aux réalités identitaires que les civilisations avaient accumulées au cours des siècles, voire au cours des millénaires. Nommé pensionnaire scientifique à l’Institut français d’archéologie de Beyrouth en 1957, il eut sur ces thèmes d’inoubliables entretiens avec Henri Syrig. De 1957 à 1964, il donna les cours d’histoire moderne et contemporaine pour la licence d’histoire à l’École supérieure des lettres de Beyrouth. Les débats au sein de la société libanaise, accueillante pour tous les réfugiés politiques de la région, lui révélaient les enjeux de l’Orient arabe dans son ensemble, les caractères originaux de ses structures familiales et tribales, la puissance transcendentale de ses monismes religieux. Nommé en 1958 pensionnaire scientifique à l’Institut français de Damas (replié à Beyrouth de 1956 à 1960), il fut témoin direct des espoirs et des enthousiasmes provoqués par le nationalisme arabe, alors incarné par Gamal Abdel Nasser. Au cours d’un séjour au Caire en 1960, Taha Hussein l’initia à la profondeur de l’humanisme musulman, tout en le mettant en garde contre les manipulations de l’écrit et de la parole dans les régimes totalitaires. Il fit également plusieurs voyages dans les pays arabes, en Turquie et en Iran. Élu et nommé au CNRS, il rentra à Paris en 1968. Il fut en même temps chargé de cours à l’Université de Paris III en 1969 et 1970, années de chaudes restructurations universitaires. En mai 1971, il soutint sa thèse de doctorat d’État sur La société du Mont-Liban à l’époque de la révolution industrielle en Europe et il fut, pour ce travail, couronné par l’Académie des sciences morales et politiques.
Dominique Chevallier est né le 19 août 1928 à Paris. Fils d’un père hématologue, professeur à la faculté de médecine, et d’une mère médecin, il reçut une éducation libérale durant son enfance et son adolescence.
Après des études d’histoire à la Sorbonne, il éprouva la nécessité de connaître une autre civilisation que la sienne, de la vivre de « l’intérieur », comme le lui enseigna Louis Massignon. En 1955, il retrouva au Caire Jacques Berque auquel Fernand Braudel l’avait présenté avant son départ. L’année suivante, Berque le fit venir au Centre d’études pratiques de l’arabe moderne qu’il dirigeait à Bickfaya. Dominique Chevallier suivit alors de près la crise et la guerre de Suez en 1956. Beyrouth s’offrait en même temps comme un miroir de toutes les tensions confessionnelles,...