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Interrogations inquiètes sur un éventuel accord séparé syro-israélien Émile KHOURY

La Syrie et Israël reprennent langue, par le truchement de la Turquie. Longtemps, la Syrie a soutenu qu’elle ne signerait aucun traité de paix, aucun arrangement, séparément des autres Arabes. Plus particulièrement de ses voisins directs, la Jordanie, le Liban et la Palestine. Et c’est pourquoi elle avait poussé les hauts cris quand l’Égypte puis la Jordanie avaient conclu la paix avec l’État hébreu. Puis quand il y avait eu les accords israélo-palestiniens d’Oslo. Étant toujours entendu que ce qu’elle s’interdisait, les autres Arabes ne devaient pas se le permettre, et surtout pas, son petit frère, le Liban. Considéré aussi bien comme chasse gardée que comme ventre mou. Cependant, la volonté de récupérer le Golan semble de nouveau primer, comme sous Hafez el-Assad. Quand les négociations bilatérales avaient été à deux doigts d’aboutir, avant que l’assassinat de Rabin ne vienne tout geler. Pourparlers engagés au mépris du principe de réciprocité en ce qui concerne le Liban, qui n’était pas autorisé à faire de même. Aujourd’hui, même le président Sélim Hoss s’inquiète et s’interroge : « Est-ce que la Palestine se trouve rayée de l’équation dans les calculs de la Syrie ? Qu’est-ce qui différencie donc la position de la Syrie de celle qu’avait adoptée Anouar el-Sadate pour récupérer le Sinaï à travers un accord de paix séparé ? Ou encore de celle de la Jordanie qui avait fait de même, également pour se voir restituer quelques territoires occupés. La Syrie ne gâcherait-elle pas, si elle devait s’engager dans cette voie, une riche histoire de résistance ? » On s’étonnera peut-être un peu de ce que l’ancien président du Conseil semble se soucier plus de la Palestine que du cas libanais. Il faut comprendre cependant qu’il s’adresse à une Syrie pour qui la cause palestinienne a toujours représenté le nucleus du conflit régional, tous les autres problèmes en découlant. Et qui a donc toujours affirmé que rien ne devrait être réglé indépendamment du traitement de cet élément premier. Ainsi Hafez el-Assad avait-il, quand des progrès avaient été réalisés sur le dossier du Golan, précisé qu’en définitive il ne signerait rien, tant que la question palestinienne n’était pas résolue. Processus Ceci sans doute pour la forme, pour rester conséquent avec lui-même en apparence, et pour la propagande. Car, pour le fond, on ne comprend pas bien à Beyrouth comment, ni pourquoi, armé d’un tel principe, il a pu s’engager dans des négociations bilatérales. S’il avait obtenu tout ce qu’il voulait, aurait-il refusé le cadeau par solidarité ? En cas de réponse positive, pourquoi l’avait-il donc demandé ? Des professionnels du cru expliquent que Damas avait accepté d’entrer dans des négociations séparées avec Israël parce que l’Autorité palestinienne elle-même s’y était engagée. Et qu’il ne pouvait être plus royaliste que le roi. Quant au Liban, la Syrie n’a plus à s’en soucier tellement, puisqu’il n’y a plus que les hameaux de Chebaa qui restent sous occupation israélienne, après la libération du Sud. Pour ces cadres, l’unité des trois volets est devenue obsolète. Le dernier signataire Ils estiment toutefois que le Liban devrait bien rester, comme il s’y est toujours engagé, le dernier pays arabe à signer avec Israël. L’idéal, maintenant révolu, étant un accord multilatéral et non un par un, comme les Horace avec les Curiace. Notre pays, poursuivent ces sources, a un problème particulier très lourd, les réfugiés palestiniens. Il ne peut amorcer un processus de paix, commun ou singulier, excluant ce dossier et permettant l’implantation, ouvertement ou indirectement, par omission. Il attend donc de la Syrie comme de ses autres partenaires arabes qu’ils exigent la concrétisation de la résolution onusienne numéro 194 ordonnant le retour des réfugiés palestiniens dans leur patrie. Mais la question que les Libanais se posent en premier est de savoir si la Syrie accepterait de payer le prix qu’Israël lui demande pour lui rendre le Golan. Il s’agit, on le sait, de prendre ses distances avec l’Iran, de ne plus appuyer le Hamas et, pour ce qui nous concerne, de cesser de soutenir et d’armer le Hezbollah. Cette logique de conditions, les Syriens la connaissent parfaitement. Eux qui, pour débloquer la présidentielle libanaise, exigent, entre autres, la neutralisation du tribunal international. Quand il était ambassadeur à Washington, Walid Moallem confiait à une revue de politologie spécialisée dans le dossier oriental que son pays était disposé à reprendre les pourparlers là où ils s’étaient arrêtés. Indiquant qu’un arrangement double, englobant le volet libanais, semblait plus facile à réaliser qu’un accord israélo-palestinien. Bien qu’il subsiste nombre de points difficiles, comme les frontières définitives israélo-syriennes, les dispositions militaires ou la normalisation des relations. Il a souligné que la Syrie ne laisserait pas passer une chance sérieuse de paix avec la Syrie incluant nécessairement le Liban, tout en maintenant son appui à la cause palestinienne. Étant entendu qu’Israël devrait se retirer du Golan jusqu’aux frontières du 4 juin 1967. C’est-à-dire, le bord est du lac de Tibériade compris.
La Syrie et Israël reprennent langue, par le truchement de la Turquie. Longtemps, la Syrie a soutenu qu’elle ne signerait aucun traité de paix, aucun arrangement, séparément des autres Arabes. Plus particulièrement de ses voisins directs, la Jordanie, le Liban et la Palestine. Et c’est pourquoi elle avait poussé les hauts cris quand l’Égypte puis la Jordanie avaient conclu la paix avec l’État hébreu. Puis quand il y avait eu les accords israélo-palestiniens d’Oslo. Étant toujours entendu que ce qu’elle s’interdisait, les autres Arabes ne devaient pas se le permettre, et surtout pas, son petit frère, le Liban. Considéré aussi bien comme chasse gardée que comme ventre mou.
Cependant, la volonté de récupérer le Golan semble de nouveau primer, comme sous Hafez el-Assad. Quand les négociations bilatérales...