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Actualités - Chronologie

Au palais de Baabda, l’attente interminable d’un président

«S’il n’y avait pas le gazouillis des oiseaux, ce serait la solitude totale. » Rafic Chélala, porte-parole de la présidence, est parmi les personnes qui ressentent le plus le « vide » créé par l’absence prolongée d’un chef d’État à la tête du Liban, raconte Rana Moussaoui, dans un reportage de l’AFP. Depuis que, le 24 novembre, le palais présidentiel de Baabda n’a plus de locataire, son personnel, toujours actif, tente autant que possible de meubler le silence de mort qui y règne. La fontaine autrefois jaillissante dans la grande cour du palais n’est plus qu’un bassin sec et les drapeaux libanais ont disparu des toits de cette bâtisse à l’architecture moderne. « Avant, le palais était bouillonnant d’activité, c’était comme une ruche. Aujourd’hui, c’est presque un palais abandonné », affirme Nagi Kozaiti, du service de presse. Les quelques visiteurs qui s’y hasardent encore sont des employés de chancelleries étrangères pour une visite de pure forme ou des personnes à la recherche d’archives. « J’étais géographiquement le plus proche du président, car mon bureau est contigu au salon où il recevait ses visiteurs », souligne M. Chélala, qui met souvent de la musique classique dans son bureau. « Cela donne un peu de vie », confie-t-il. Personne, à l’exception des gens du ménage, n’a aujourd’hui accès à la plus grande partie du palais, l’aile présidentielle. « Les portes ont été fermées à clé jusqu’à l’arrivée d’un nouveau président. C’est très triste », explique le porte-parole, en promenant son regard à travers une vitre sur le hall du palais, décoré de peintures et de statues romaines. Une république « boiteuse » Le rythme du travail pour les différents départements a changé et est devenu moins pesant, mais c’est surtout un sentiment d’étrangeté que ressentent les quelque 100 employés du palais. « Nous n’avons tout simplement pas de patron, et quand une entreprise n’a pas de patron, c’est presque caricatural, on est dans une république boiteuse », affirme Élie Assaf, directeur du département économique et social. « Il y a une impression chez les gens que le palais est totalement vide, mais la présidence en tant qu’institution fonctionne toujours », affirme toutefois M. Chélala, entre deux appels téléphoniques. Revue de presse quotidienne, suivie des agences internationales et des journaux télévisés : le travail du service de presse n’a pas changé, à une exception près. « Bien sûr, on ne s’occupe plus de l’activité et de la correspondance du président... pour une raison évidente », explique le porte-parole, dans son bureau décoré de photos du dernier président, Émile Lahoud, et de plusieurs dirigeants arabes et étrangers. Rafic Chélala ne ressent nullement l’absurdité de sa tâche. « Un jour, il y aura un président, et il aura besoin de consulter des archives. Tout doit donc être en règle », dit-il. « Nous ne baissons pas les bras, assure de son côté M. Assaf. Je prépare de grands dossiers et je les soumettrai au nouveau chef d’État. » Pour profiter du « temps libre », « nous avons décidé d’améliorer les compétences des fonctionnaires, en leur donnant des cours d’anglais, d’informatique et bientôt de français », explique M. Chélala. « Il y a même eu une formation au niveau du protocole pour préparer... l’entrée en fonctions du nouveau président », précise le porte-parole. « C’est comme pour les manœuvres virtuelles de l’armée », lâche-t-il.
«S’il n’y avait pas le gazouillis des oiseaux, ce serait la solitude totale. » Rafic Chélala, porte-parole de la présidence, est parmi les personnes qui ressentent le plus le « vide » créé par l’absence prolongée d’un chef d’État à la tête du Liban, raconte Rana Moussaoui, dans un reportage de l’AFP.
Depuis que, le 24 novembre, le palais présidentiel de Baabda n’a plus de locataire, son personnel, toujours actif, tente autant que possible de meubler le silence de mort qui y règne. La fontaine autrefois jaillissante dans la grande cour du palais n’est plus qu’un bassin sec et les drapeaux libanais ont disparu des toits de cette bâtisse à l’architecture moderne. « Avant, le palais était bouillonnant d’activité, c’était comme une ruche. Aujourd’hui, c’est presque un palais abandonné »,...