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Législatives Défections et changements d’alliances : le mercato 2009 commence Émile KHOURY

La crise bat son plein. Mais les professionnels du strapontin n’en perdent pas leur carrière de vue, pour autant. Le retrait de l’influent Michel Murr du Bloc aouniste de la réforme et du changement, ainsi que nombre de déclarations (d’intention) couci-couça, de soi-disant réserves mentales par rapport aux positions de tel ou tel camp auquel on appartient augurent d’une recomposition du tableau interne. En fonction, bien entendu, des législatives de l’an prochain. Le mouvement ambulatoire s’amorce, c’est bien normal, au niveau des individualités. Mais pourrait, et devrait affecter nombre de groupes pris en bloc, c’est le mot. Donnant justement le mot, le défricheur Murr confie au Nahar des jeunes que sept membres du bloc dirigé par Aoun souhaiteraient le quitter sous peu, parce qu’ils voudraient se garder une chance de voir les électeurs renouveler leurs mandats de députés. Mais, il faut le souligner, les intéressés ne sont pas tous en position d’obtenir des garanties, en s’adressant, par exemple, au 14 Mars. Il est possible d’imaginer un arrangement électoral entre ce camp et le parti Tachnag au Metn et à Beyrouth. De même pour la liste Skaff à Zahlé. Mais les perspectives de cooptation pour des cas plus ou moins isolés, au Kesrouan et à Jbeil notamment, s’annoncent plus risquées. On ne doit pas négliger non plus une inversion éventuelle du mouvement de translation. Aoun laisse ainsi entendre que des députés (quatre, selon ses proches) vont bientôt rejoindre ses rangs. Sans doute pour des raisons plus électorales qu’idéologiques. Ce serait peut-être le cas de Nader Succar, qui a quitté les Kataëb, car au Hermel il ne peut être élu qu’avec les voix du Hezbollah, allié du CPL. Ou encore du Dr Pierre Daccache, qui a également besoin de l’électorat chiite à Baabda. De son côté, Moustapha Hussein, représentant alaouite au Nord, a dû se retirer du Courant du futur. On peut également citer Abdallah Hanna, dont la position n’est pas encore fixée et qui pourrait rejoindre les aounistes aux prochaines élections. Aujourd’hui, c’est donc la valse des étiquettes sur le marché électoral autant que dans le négoce ordinaire. Un bazar qui risque de s’intensifier pour deux raisons contraires. D’abord, s’il n’y a pas de présidentielle, tout le paquet va être mis sur les législatives. Ensuite, s’il y en a une, il faudra compter avec l’émergence d’un parti du président, un centre faisant office de troisième force dans le pays. Auquel cas, il faudra que les uns et les autres prévoient une place consistante à la Chambre comme au gouvernement. Ce qui semble effrayer certains opposants, qui affirment que si le président était élu, et ils s’évertuent à ce qu’il ne soit pas, il ne devrait pas s’impliquer dans les législatives, mais rester au-dessus de la mêlée. Toujours est-il que l’échéance aura lieu à la lumière d’une loi électorale probablement fondée sur le caza revisité. Mais peut-être aussi avec une dose de proportionnelle rendant les calculs électoraux et les alliances encore plus compliqués. En vedette, pour le moment, la situation des députés opposants chrétiens, maronites notamment, qui se voient reprocher de faire obstacle à la présidentielle, d’entretenir un vide institutionnel gravement préjudiciable pour le pays. Et qui risquent pour cela même, comme Murr les en avertit, d’être sanctionnés par leurs électeurs et de ne plus retrouver de siège dans le prochain Parlement.
La crise bat son plein. Mais les professionnels du strapontin n’en perdent pas leur carrière de vue, pour autant. Le retrait de l’influent Michel Murr du Bloc aouniste de la réforme et du changement, ainsi que nombre de déclarations (d’intention) couci-couça, de soi-disant réserves mentales par rapport aux positions de tel ou tel camp auquel on appartient augurent d’une recomposition du tableau interne. En fonction, bien entendu, des législatives de l’an prochain. Le mouvement ambulatoire s’amorce, c’est bien normal, au niveau des individualités. Mais pourrait, et devrait affecter nombre de groupes pris en bloc, c’est le mot.
Donnant justement le mot, le défricheur Murr confie au Nahar des jeunes que sept membres du bloc dirigé par Aoun souhaiteraient le quitter sous peu, parce qu’ils voudraient se garder une...