Vainqueur à Roland-Garros en 2004 et un temps numéro 2 mondiale, Anastasia Myskina n’a jamais été en mesure de confirmer son immense talent. Durement touchée par le décès de sa mère et victime d’une blessure récurrente au pied, la Russe semble se diriger sans bruit vers la retraite. Qui a oublié le merveilleux sourire d’Anastasia Myskina soulevant la Coupe Suzanne Lenglen le 5 juin 2004 ? Roland-Garros offre un terrain de jeu si particulier, si spécifique que certains des meilleurs joueurs de l’histoire ne sont jamais parvenus à le maîtriser, laissant sous les feux des projecteurs des vainqueurs et finalistes improbables tels Gaudio, Costa et autre Berasategui, purs spécialistes de terre battue, ou Verkerk et Pernfors, auteurs d’une quinzaine surréaliste sans lendemain. Contrairement à ces prédécesseurs, Anastasia Myskina semblait, elle, promise à un avenir doré.
La Martina Hingis
moderne
Professionnelle dès l’âge de 16 ans, en 1998, la Russe n’a pas tardé pas à faire la preuve d’un talent indéniable. Vainqueur de son premier trophée dès son deuxième tournoi, la Moscovite a franchi les étapes à grande vitesse pour s’installer dans le top 20 en 2002 et le top 10 en 2003. Souvent comparée à Martina Hingis, elle aussi moins puissante que la plupart de ses rivales, Myskina pouvait, comme sa prestigieuse devancière, s’appuyer sur une science du jeu sans égale, un sens de l’anticipation inné hors norme pour décrypter le jeu de ses adversaires et les faire totalement déjouer.
Capable, notamment grâce à son revers, de trouver des angles imparables, dotée d’un toucher de balle et d’une vitesse de déplacement incroyables, la protégée de l’Allemand Jens Gerlach signait ainsi plusieurs grands coups d’éclat avant de s’imposer sur le court Philippe-Chatrier. Vainqueur à deux reprises du tournoi de Doha en 2003 et 2004, de son premier Tier I à Moscou et du tournoi de Leipzig en 2003, en réussissant l’exploit de se défaire tour à tour de Kim Clijsters et de Justine Henin, alors numéros 1 et 2 mondiales, Myskina n’était pas la première venue à la Porte d’Auteuil en 2004, mais son nom ne figurait cependant pas parmi les favorites.
Vainqueur coup sur coup de Svetlana Kuznetsova, en sauvant deux balles de match, de Venus Williams, de Jennifer Capriati, toutes les deux anciennes reines de la discipline, et d’Elena Dementieva en finale, Myskina ne devait en aucun cas son triomphe parisien à un tirage au sort favorable. Tout prédestinait donc la gracieuse Anastasia, première Russe à décrocher un titre du grand chelem et à intégrer le top 5, à une carrière éblouissante. Ses deux victoires en Fed Cup en 2004 et 2005, ses deux quarts de finale à Wimbledon en 2005 et 2006 ainsi que son deuxième rang mondial acquis en septembre 2004 confirmaient son immense talent avant que, malheureusement, la suite ne prenne des allures de chemin de croix.
Une lente descente
aux enfers
Capable à la fois de remporter le plus long tie-break de l’histoire du tennis féminin dans un set décisif en sauvant 9 balles de match (17-15) face à sa compatriote Zvonareva, mais également de laisser filer une place en finale des Jeux olympiques d’Athènes en s’inclinant face à Justine Hénin après avoir pourtant mené 5-1 dans la dernière manche, Myskina faisait dans un premier temps les frais d’un mental friable. Durement touchée par le décès de sa mère, Myskina vivait un début de saison 2005 cauchemardesque, se montrant incapable de remporter deux matches consécutifs à plus de trois reprises au cours des dix premiers tournois et en étant la première tenante du titre à perdre au premier tour à Roland Garros. Malgré un sursaut d’orgueil en fin d’année (8 quarts de finale en 9 épreuves), la Russe n’allait plus jamais retrouver son niveau d’antan.
Rattrapée par des pépins physiques, Myskina allait au fil des semaines se faire de plus en plus rare sur les courts. Touchée à l’épaule, à la cheville, et surtout victime d’une blessure récurrente au pied et aux orteils gauches, elle ne disputait ainsi que 5 matches pour autant de défaites entre la mi-août 2006 et juillet 2007. Incapable de se déplacer normalement, la Russe préférait mettre prématurément fin à sa saison pour tenter de récupérer l’intégralité de ses moyens. Un repos forcé qui prend des allures de retraite. Consultante occasionnelle pour la télévision russe, alignée dans des épreuves de patinage de vitesse sur glace, le tennis semble désormais secondaire d’autant plus que la belle Myskina doit accoucher de son premier enfant au mois de mai. Le 5 juin 2004 n’est désormais qu’un vieux souvenir !
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vainqueur à Roland-Garros en 2004 et un temps numéro 2 mondiale, Anastasia Myskina n’a jamais été en mesure de confirmer son immense talent. Durement touchée par le décès de sa mère et victime d’une blessure récurrente au pied, la Russe semble se diriger sans bruit vers la retraite. Qui a oublié le merveilleux sourire d’Anastasia Myskina soulevant la Coupe Suzanne Lenglen le 5 juin 2004 ? Roland-Garros offre un terrain de jeu si particulier, si spécifique que certains des meilleurs joueurs de l’histoire ne sont jamais parvenus à le maîtriser, laissant sous les feux des projecteurs des vainqueurs et finalistes improbables tels Gaudio, Costa et autre Berasategui, purs spécialistes de terre battue, ou Verkerk et Pernfors, auteurs d’une quinzaine surréaliste sans lendemain. Contrairement à ces prédécesseurs,...