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Des condamnés en justice dans le futur Parlement

Avant même les élections des 13 et 14 avril, les Italiens savent que sur les bancs du nouveau Parlement siégeront des députés et des sénateurs poursuivis voire condamnés pour corruption ou autres délits. La faute en revient en partie à la loi électorale qui contraint les électeurs à voter pour une liste et non pour un candidat, les privant de la liberté d’écarter une brebis galeuse. Sous la pression de la société civile lassée des scandales politico-financiers et du clientélisme avec la Mafia, les partis politiques ont pourtant promis de faire des efforts pour présenter des listes à peu près «?propres?». Les évêques eux-mêmes ont plaidé pour des «?listes propres?» et souhaité qu’une réforme de la loi électorale «?permette aux citoyens de choisir eux-mêmes leurs représentants?». Le chef du Parti démocrate (gauche) Walter Veltroni s’est engagé le premier à ne présenter aucun candidat sous le coup d’une condamnation, mais dès la première instance, seulement en cas de «?délit grave?» (corruption, criminalité mafieuse, pédophilie). Il a aussi fait alliance avec le petit parti Italie des valeurs (IDV) de l’ancien magistrat Antonio Di Pietro, récupérant à son profit la réputation d’incorruptible de cette vedette de l’opération «?mains propres?», l’enquête judiciaire qui révéla le degré de corruption de la classe politique en 1992. À l’extrême gauche (communistes et Verts), le président sortant de la commission parlementaire anti-Mafia Francesco Forgione a plaidé pour l’application au niveau national du «?code éthique?» adopté par la commission pour les seules élections locales?: pas de candidats renvoyés en justice pour des délits liés à la Mafia. À droite, Silvio Berlusconi s’est dit d’accord pour écarter les candidats condamnés, sauf ceux qui l’auraient été «?pour des raisons politiques?». Mais pour M. Berlusconi, qui dénonçait régulièrement la partialité des «?juges rouges?» lorsqu’il était au gouvernement, «?un procès politique se distingue d’un procès normal par le fait qu’il s’en prend à lui ou à quelqu’un de son camp?», a ironisé le journaliste indépendant Marco Travaglio. M. Berlusconi, acquitté de plusieurs chefs d’inculpation pour délits financiers ou bénéficiaire de prescription pour d’autres, est entouré sur sa liste électorale de quelques habitués des prétoires. Son bras droit, Marcello Dell’Utri, candidat au Sénat en Lombardie, a été condamné définitivement à 27 mois de prison pour fausses factures et fraude fiscale, et attend un jugement en appel pour concours externe à association mafieuse. «?Ce n’est pas aux procureurs de dresser les listes?», a estimé pour sa part le chef de l’UDC (centre chrétien) Pier Ferdinando Casini, qui a accordé son investiture à Salvatore Cuffaro, ancien président de la région Sicile condamné en première instance à cinq ans de prison pour collusion avec des mafieux. Selon Marco Travaglio, 25 personnes condamnées définitivement siégeaient dans le précédent Parlement, et le prochain pourrait en comporter autant. Il en dresse la liste dans son livre, Si tu les connais, évite-les, écrit avec Peter Gomez, alimentant un sentiment de rejet de la classe politique déjà révélé par le succès d’une pétition lancée par le comique Beppe Grillo pour un projet de loi sur un «?Parlement propre?» (plusieurs centaines de milliers de signatures). Le magistrat anti-Mafia Antonio Ingroia relève «?l’extrême diffusion des comportements illégaux dans la classe dirigeante italienne?». Gherardo Colombo, autre ancien magistrat vedette des enquêtes «?mains propres?», va plus loin?: «?Il est très difficile de faire fonctionner la justice quand tant d’Italiens sont d’accord pour qu’elle ne fonctionne pas?», dit-il. Martine NOUAILLE (AFP)
Avant même les élections des 13 et 14 avril, les Italiens savent que sur les bancs du nouveau Parlement siégeront des députés et des sénateurs poursuivis voire condamnés pour corruption ou autres délits.
La faute en revient en partie à la loi électorale qui contraint les électeurs à voter pour une liste et non pour un candidat, les privant de la liberté d’écarter une brebis galeuse.
Sous la pression de la société civile lassée des scandales politico-financiers et du clientélisme avec la Mafia, les partis politiques ont pourtant promis de faire des efforts pour présenter des listes à peu près «?propres?».
Les évêques eux-mêmes ont plaidé pour des «?listes propres?» et souhaité qu’une réforme de la loi électorale «?permette aux citoyens de choisir eux-mêmes leurs représentants?».
Le chef du Parti...