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L’heure de la remise en cause est venue pour Arsenal

Arsenal est habitué aux désillusions européennes, mais son élimination de la Ligue des champions par Liverpool en quarts est la plus cruelle, détruisant abruptement les promesses faites durant plusieurs mois par la jeune et talentueuse équipe d’Arsène Wenger. Tout s’est joué en une minute. Quand Theo Walcott s’est lancé dans un long raid pour offrir le but du 2 à 2 et de la qualification à Emmanuel Adebayor, Wenger était au paradis sur le banc de touche ; sur l’engagement une minute plus tard, la faute dans la surface, légère mais réelle, de Kolo Touré sur Ryan Babel l’envoyait en enfer sans préavis. Tout ça pour rien, devait-il se dire : ces vingt minutes de rêve, quand les Gunners ont surclassé les Reds ; ces mois d’un football spectaculaire jusqu’en février, récompensés d’une avance de cinq points en championnat ; ce récital quand Arsenal est devenu la première équipe anglaise à battre le grand AC Milan à San Siro. Visage fermé, Wenger pouvait de bonne guerre maudire « l’injustice », les arbitres qui lui avaient refusé un penalty à l’aller pour une faute sur Alex Hleb, plus évidente que celle de Touré. Mais le Français est trop intelligent pour savoir que cela suffisait à expliquer l’implosion de son équipe, qui n’a gagné que deux de ses douze derniers matches. Il regrettait aussi « le manque de maturité », « d’expérience défensive » de son équipe. La critique de Wenger vise ses joueurs. Mais elle le concerne aussi : Arsenal n’a atteint que quatre fois le stade des quarts de finale de la C1 depuis l’arrivée de Wenger au club londonien, et n’a franchi qu’une fois cet écueil. Les limites de la politique Wenger Outre un des matches les plus fascinants de l’histoire de la Ligue des champions, la confrontation d’Anfield a accouché d’une conclusion cruelle pour Wenger : sa politique a atteint ses limites. Il n’est plus possible de gagner des titres majeurs sans mettre la main à la poche. Or Wenger s’y est refusé, aussi bien en début de saison qu’en janvier, quand beaucoup, y compris au sein du club, le mettaient en garde contre l’inévitable coup de pompe de joueurs surexploités. Ses dirigeants lui avaient octroyé une enveloppe... de 90 millions d’euros. Il est éloquent que les deux hommes qui ont fait pencher la balance du côté de Liverpool, Fernando Torres et Ryan Babel, ont été un temps pressentis à Arsenal, tout comme le métronome Javier Mascherano, avant d’être jugés trop cher. La performance catastrophique de l’arrière Philippe Senderos ou la présence sur le banc de joueurs inexpérimentés comme Alexandre Song ou Justin Hoyte illustrent le manque de profondeur de l’effectif d’Arsenal. La blessure de Mathieu Flamini a montré que la décision de laisser partir Lassana Diarra à Portsmouth était une grave erreur. La « pingrerie » était une obligation il y a quelques saisons quand le club s’est lancé dans le projet de l’Emirates Stadium. Elle devient une faute. Wenger donne l’impression d’en avoir fait un principe intangible, comme s’il voulait prouver contre la terre entière qu’il pouvait réussir autrement. La soirée de mardi lui a donné tort.
Arsenal est habitué aux désillusions européennes, mais son élimination de la Ligue des champions par Liverpool en quarts est la plus cruelle, détruisant abruptement les promesses faites durant plusieurs mois par la jeune et talentueuse équipe d’Arsène Wenger.
Tout s’est joué en une minute. Quand Theo Walcott s’est lancé dans un long raid pour offrir le but du 2 à 2 et de la qualification à Emmanuel Adebayor, Wenger était au paradis sur le banc de touche ; sur l’engagement une minute plus tard, la faute dans la surface, légère mais réelle, de Kolo Touré sur Ryan Babel l’envoyait en enfer sans préavis.
Tout ça pour rien, devait-il se dire : ces vingt minutes de rêve, quand les Gunners ont surclassé les Reds ; ces mois d’un football spectaculaire jusqu’en février, récompensés d’une avance de cinq...