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Actualités - Chronologie

Droits de l’homme La Grèce pressée de respecter sa minorité turque

Deux récentes condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme viennent d’appeler la Grèce au respect de ses citoyens issus de la minorité turque, un groupe dont elle nie l’existence en tant que tel. Dans deux affaires portant sur le bannissement par la Grèce d’associations au motif qu’elles se qualifiaient elles-mêmes de « turques », les juges de Strasbourg ont condamné Athènes fin mars pour « violation de l’article 11 sur la liberté d’assemblée et d’associations ». « Même à supposer que le véritable but » de ces associations « fut de promouvoir l’idée qu’il existe en Grèce une minorité ethnique, cela ne saurait constituer une menace pour une société démocratique », a estimé la cour. « L’existence de minorités dans un pays constitue un fait historique qu’une société démocratique devrait tolérer, voire protéger », a-t-elle ajouté. « Ce jugement rappelle au pays qu’il doit accepter le droit de ses citoyens à s’autodéfinir », s’est félicité le président de la Ligue grecque des droits de l’homme, Dimitris Christopoulos, interrogé par l’AFP. « L’État a toujours fait la sourde oreille, mais à moins de vouloir accumuler les condamnations, il va devoir changer », a-t-il ajouté, rappelant une précédente condamnation en 2005, découlant cette fois du refus grec de reconnaître une association macédonienne. La Grèce, dont les relations avec le grand voisin turc sont depuis toujours tendues, refuse de reconnaître l’existence d’une minorité turque en tant que telle. Elle consent seulement à reconnaître depuis le traité de Lausanne de 1923 une « minorité musulmane », qui regroupe les quelque 100 000 turcophones, Pomaques (slaves) et Tziganes vivant en Thrace, dans le nord-est du pays. C’est sur ce principe que la Cour suprême grecque s’était basée pour confirmer en 2005 la dissolution de l’Union turque de Xanthi et le refus d’enregistrer les statuts créant l’Association culturelle des femmes turques de Rodopi. Les juges grecs avaient invoqué la nécessaire protection de la sécurité publique et nationale, reprochant aux associations, basées en Thrace, de vouloir promouvoir des « idéaux turcs ». Les cercles nationalistes, et la très patriote et influente Église de Grèce, non séparée de l’État, avaient auparavant mis en garde contre tout infléchissement de cette position susceptible, selon eux, de nourrir des menées séparatistes. La décision de la Cour européenne a été accueillie « avec une grande satisfaction » au sein de la minorité car elle lui permet désormais « de se définir aussi comme turque », s’est félicité Orhan Hatziibraim, avocat des associations. « Nous devons maintenant voir comment les autorités vont réagir et pour commencer, si elles vont nous rendre l’enseigne » de l’Union turque de Xanthi, décrochée en 1983, a-t-il ajouté, se gardant de tout triomphalisme. Traditionnellement soupçonnés de déloyauté au profit d’Ankara, les Turcs de Grèce ont été victimes jusque dans les années 90 de nombreuses discriminations. Ces dernières années, Athènes a pris des mesures pour sortir cette population de sa marginalisation sociale et économique. Interrogé sur les décisions des juges de Strasbourg, le ministère des Affaires étrangères, en charge de la question des minorités, s’est borné à indiquer qu’en tant que « membre de l’Union européenne, la Grèce respecte les décisions » de la Cour européenne.
Deux récentes condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme viennent d’appeler la Grèce au respect de ses citoyens issus de la minorité turque, un groupe dont elle nie l’existence en tant que tel. Dans deux affaires portant sur le bannissement par la Grèce d’associations au motif qu’elles se qualifiaient elles-mêmes de « turques », les juges de Strasbourg ont condamné Athènes fin mars pour « violation de l’article 11 sur la liberté d’assemblée et d’associations ». « Même à supposer que le véritable but » de ces associations « fut de promouvoir l’idée qu’il existe en Grèce une minorité ethnique, cela ne saurait constituer une menace pour une société démocratique », a estimé la cour. « L’existence de minorités dans un pays constitue un fait historique qu’une société...