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Actualités - Chronologie

L’Afrique australe agit en coulisses pour éviter des violences au Zimbabwe

Les voisins du Zimbabwe intensifiaient en coulisses leurs contacts hier pour tenter de pousser le président Robert Mugabe à se retirer en douceur et éviter une éruption de violence. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui a toujours évité de critiquer ouvertement Mugabe, même quand il a été accusé d’importantes violations de droits de l’homme, a adopté officiellement une ligne attentiste. « Nous ne faisons aucun commentaire parce que nous n’avons pas les résultats officiels » des élections générales de samedi, a déclaré à l’AFP Leefa Martin, responsable de la communication de la SADC. Mais, à en croire des diplomates européens basés à Harare, les dirigeants de la région suivent de très près l’évolution au Zimbabwe, où l’opposition a revendiqué sa victoire, avant la publication complète des résultats officiels. « Des personnages-clés comme (le président sud-africain Thabo) Mbeki ou (son homologue tanzanien Jakaya) Kikwete ont placé ces événements en tête de leur agenda, a déclaré un de ces diplomates. Ils essaient de peser sur la situation en coulisses. » Après la répression d’opposants en mars 2007 au Zimbabwe, Jakaya Kikwete, qui est également président en exercice de l’Union africaine, s’était entretenu avec Mugabe au nom de la SADC qu’il présidait à l’époque. Le président sud-africain avait ensuite été chargé d’une médiation entre le pouvoir et l’opposition. Mbeki, qui a toujours prôné une diplomatie discrète au Zimbabwe pour ne pas braquer Mugabe, a régulièrement été critiqué pour son manque de fermeté apparent. Mais aujourd’hui, les Occidentaux comptent sur lui pour convaincre le doyen des chefs d’État africains de se retirer. Le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président américain George W. Bush lui ont téléphoné mardi, selon des sources proches du gouvernement à Pretoria. « Aux problèmes africains, il doit y avoir une solution africaine », a souligné une autre source diplomatique. Les services du haut représentant de l’Union européenne (UE) pour la Politique étrangère, Javier Solana, « pressent Kikwete pour qu’il pousse Mugabe en ce sens », a-t-il ajouté. Durant la guerre d’indépendance de l’ex-Rhodésie du Sud britannique dans les années 70, la Tanzanie a entraîné militairement les combattants de la libération, dont Mugabe est le héros. La solidarité africaine envers le président zimbabwéen s’explique grandement par son rôle dans la lutte contre le régime de la minorité blanche de Ian Smith. Encore hier, le Malawi, dont le président Bingu wa Mutharika qualifie Mugabe de « vrai fils et héros de l’Afrique », a minimisé le problème des retards. « Qu’il y ait des délais ou pas, ce qui compte, c’est que les résultats soient acceptés par tous, pour que règnent la paix et la tranquillité en Afrique », a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères, Henri Mumba. Pour un des diplomates, il y a peu de chances que l’armée zimbabwéenne s’oppose à une éventuelle victoire de l’opposition parce que « si elle le fait, elle aura toute l’Afrique contre elle. L’UA a déjà dit qu’elle était complètement opposée à la force ». Hier, l’UA, qui, comme la SADC, a envoyé des observateurs aux élections, gardait un silence assourdissant, tout en restant attentive. « Pour elle, c’est une question de crédibilité pour toute la région », assure une des sources diplomatiques. Et d’ajouter : « Ce serait décisif si le président de l’UA faisait pression sur Mugabe et lui expliquait qu’un retrait lui permettrait de conserver les bénéfices de son rôle historique. »
Les voisins du Zimbabwe intensifiaient en coulisses leurs contacts hier pour tenter de pousser le président Robert Mugabe à se retirer en douceur et éviter une éruption de violence. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui a toujours évité de critiquer ouvertement Mugabe, même quand il a été accusé d’importantes violations de droits de l’homme, a adopté officiellement une ligne attentiste. « Nous ne faisons aucun commentaire parce que nous n’avons pas les résultats officiels » des élections générales de samedi, a déclaré à l’AFP Leefa Martin, responsable de la communication de la SADC. Mais, à en croire des diplomates européens basés à Harare, les dirigeants de la région suivent de très près l’évolution au Zimbabwe, où l’opposition a revendiqué sa victoire, avant la...