Mgr Boulos Matar, évêque de Beyrouth, s’efforce de porter le général Michel Aoun à cesser de bouder Bkerké. Comme il le fait depuis qu’il sait que le général s’est lancé dans une véritable offensive contre le siège patriarcal. En s’y rendant de nouveau, il briserait sans doute la glace avec le patriarche Sfeir. La question étant alors de savoir si le rabibochage pourrait déborder le cadre des relations personnelles. Et se conclure sinon par un accord politique global, du moins par une plate-forme de compréhension mutuelle. En vue de promouvoir une réunification progressive des rangs chrétiens et maronites.
Objectif difficile, on le sait. Rien qu’en ce qui concerne les rapports Bkerké-Aoun, le contentieux reste lourd. Avec les évêques, le patriarche n’a jamais cessé d’appeler à la levée du sit-in des tentes dans le centre-ville. En faisant valoir que ce mouvement a triplement échoué. Dans ce sens qu’organisé pour précipiter le départ du gouvernement, il en a sans doute renforcé la détermination à rester. Tandis qu’il aggravait cette misère socio-économique que l’opposition prétend combattre. Or, Aoun continue de soutenir l’opération, quel qu’en soit le prix au niveau des familles réduites au chômage. Sous prétexte qu’il n’est pas question de lâcher du lest tant que la crise d’ensemble n’est pas résolue.
Blocage
De même pour la présidentielle. Aoun reste sourd aux exhortations du patriarche et des prélats. Aux admonestations qu’ils adressent aux députés, les maronites en tête, pour gommer le vide institutionnel, si grave et si dangereux pour tout le pays. Si néfaste aussi pour les équilibres, comme pour l’intérêt bien compris des chrétiens. En réalisant que boycotter le scrutin, c’est boycotter la nation, comme dit Bkerké. Et en assumant donc leur devoir d’élection.
Mais Aoun ne veut rien entendre : pas de président, répète-t-il, tant que l’on ne s’est pas entendu sur le gouvernement et sur l’adoption de la loi électorale 1960. Il rejoint de la sorte la ligne syrienne qui fait échec aux médiations arabes et autres. Axées, comme le souligne Amr Moussa, sur la nécessité d’organiser la présidentielle en premier lieu, sans conditions préliminaires d’obstruction. Le régime syrien cherche en effet à saboter cet État de droit libanais, souverain, libre, indépendant, qu’il considère comme une épine dans son flanc. Et qu’il veut replacer sous sa dépendance, notamment pour neutraliser le tribunal international.
Quoi qu’il en soit, certains optimistes, pour ne pas dire utopistes, rêvent de voir Bkerké réussir à porter Aoun, Gemayel et Geagea à s’allier. Sinon politiquement, du moins électoralement. Pour coaguler un bloc parlementaire consistant, solide, autonome. Et dégager le leadership chrétien d’un partenariat réducteur, aliénant, avec le Hezbollah ou avec le Courant du futur. Ce qui n’empêcherait pas la composante chrétienne, qui aurait regagné un rôle de première place comme du temps du Helf, d’entretenir de bons rapports avec autrui. Et même d’en arbitrer les conflits, de jouer les conciliateurs-médiateurs, en fonction d’un intérêt national bien compris. Cependant, pour le moment, force est de constater, avec Mgr Bechara Rahi, que les chrétiens restent des suiveurs, non seulement des chiites ou des sunnites du cru, mais également de l’extérieur. Au lieu d’être, comme jadis, des suivis.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mgr Boulos Matar, évêque de Beyrouth, s’efforce de porter le général Michel Aoun à cesser de bouder Bkerké. Comme il le fait depuis qu’il sait que le général s’est lancé dans une véritable offensive contre le siège patriarcal. En s’y rendant de nouveau, il briserait sans doute la glace avec le patriarche Sfeir. La question étant alors de savoir si le rabibochage pourrait déborder le cadre des relations personnelles. Et se conclure sinon par un accord politique global, du moins par une plate-forme de compréhension mutuelle. En vue de promouvoir une réunification progressive des rangs chrétiens et maronites.
Objectif difficile, on le sait. Rien qu’en ce qui concerne les rapports Bkerké-Aoun, le contentieux reste lourd. Avec les évêques, le patriarche n’a jamais cessé d’appeler à la levée du sit-in des...