Dans le cadre de la Journée de la francophonie et en collaboration avec l’USJ et le Conservatoire national supérieur de musique, l’ambassade de Roumanie à Beyrouth a organisé un concert de musique de chambre à l’amphithéâtre Aboukhater (USJ). Une quinzaine de musiciens (la plupart des Roumains, membres de l’Orchestre symphonique national libanais et du conservatoire) avec une soliste de Bucarest, la violoniste Adriana Lucia Cristea, ont interprété des pages de Pachabel, Respighi, Vivaldi, Mozart, Albinoni, Ernst et Dimitrescu. Musique douce et feutrée, rehaussée en fin du programme par les partitions où coule la sémillante et nostalgique sève du folklore roumain…
Ouverture avec un Canon de Pachabel, ce compositeur ami des Bach et éminent organiste qui ignore avec superbe toute notion de vaine virtuosité. Peu enclin aux contrastes et aux violences, porté vers la clarté et l’élégance, Pachabel est pour une musique où équilibre et concision ont toutes les faveurs…
Suivent deux Vieilles danses?d’Ottorino Respighi, marquées par l’esprit de la Renaissance italienne…Œuvres modernes d’une discrète originalité conciliant la volonté du renouveau, les accents d’une grande pureté mélodique, sans jamais oublier la volupté de plaire à l’auditeur…
Vivaldi, avec un Concerto tout en tendres et vibrants frémissements, fait résonner tout l’art baroque dans ses miroitements sonores captivants et secrets. Suit un charmant Divertimento n°1 du divin Mozart. Œuvre qui porte à ravir son titre de «?divertissement?» alliant, dans une élégance toute en légèreté et fraîcheur, une joie primesautière doublée d’une certaine grâce unique…Comment en serait-il autrement avec Mozart??
Pour les amateurs de musique style «?best of?», le fameux Adagio de Tomaso Albinoni (une fabuleuse reconstitution réalisée par le musicologue Jean Witold à partir d’un fragment d’un Concerto perdu) ne pouvait mieux tomber qu’en cette sainte semaine pascale… Atmosphère chargée de piété entre le profane et le sacré, cette narration musicale qui fait la part belle aux trémolos et lamentos du violon est toujours séduisante et entraîne l’auditeur vers des rives aux parfums mêlant subtilement jasmins et encens…
Les derniers morceaux du programme, c’est la très jeune soliste Adriana Lucia Cristea (dix-huit printemps), en robe longue satinée et cheveux retenus par une barrette, qui les a interprétés. Au menu, une Fantaisie brillante Othello?d’Ernst, compositeur élève de Max Bruch et contemporain à Jean Sibelius. Une fantaisie toute en virtuosité «?violonistique?» avec arpèges et trilles étourdissantes pour une cadence d’une prodigieuse difficulté. La jeune violoniste a donné partiellement vie à cette partition aux innombrables périls techniques dont on ne triomphe guère facilement…
Pour conclure, une danse aux racines bien roumaines de Dimitrescu. Une danse aux envolées vives et alertes, toute en volutes sonores joyeuses et froufroutantes où, entre nostalgie et élan de vie, le violon a toutes les éloquences, et où la jeune Adriana Lucia Cristea est parfaitement à l’aise et dans son élément pour une prestation d’une extrême précision.
Un tonnerre d’applaudissements pour un public relativement peu nombreux, mais religieusement à l’écoute.
Edgar DAVIDIAN
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Ouverture avec un Canon de Pachabel, ce compositeur ami des Bach et éminent organiste qui ignore avec superbe toute notion de vaine virtuosité. Peu...