L’Assemblée nationale pakistanaise dominée par l’opposition a tenu hier sa première session en affichant son hostilité envers la « dictature » du président Pervez Musharraf et en rendant hommage à l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre.
«C’est le dernier jour de la dictature », a déclaré à la presse avant l’ouverture de la session de l’Assemblée nationale Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto et dirigeant de facto de son mouvement, le Parti du peuple pakistanais (PPP). « Notre programme est clair, au final, la dictature sera vaincue », a renchéri l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, renversé en 1999 par un coup d’État du général Musharraf et dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N). Les 342 députés ont prêté collectivement serment, avant de rendre hommage à Benazir Bhutto, chef de l’opposition, assassinée le 27 décembre dans un attentat-suicide. Tous les députés de son parti portaient un brassard noir au bras en signe de deuil.
Auparavant, Hanif Abbasi, député de la PML-N, avait lancé un nouvel appel au départ du président Musharraf, dont les soutiens politiques ont été laminés aux élections. « Les forces démocratiques vont former le gouvernement, et nous agirons mieux que nos prédécesseurs (qui étaient) au service de la dictature. L’heure est venue pour Musharraf de démissionner », a-t-il affirmé. Pour M. Musharraf, le plus grand danger vient de l’intention affichée par l’opposition de rétablir rapidement dans leurs fonctions les juges qu’il a évincés en novembre. Ces juges, parmi lesquels le président de la Cour suprême, seraient alors amenés à se prononcer sur la légalité de la récente réélection du chef de l’État.
Par ailleurs, l’incertitude pèse toujours sur le nom du candidat de l’opposition au poste de Premier ministre, qui devrait être désigné jeudi, a indiqué à l’issue de la session parlementaire Khurshid Shah, un responsable du PPP. Il pourrait s’agir d’un Premier ministre par intérim, en attendant qu’Asif Ali Zardari, contre lequel la justice pakistanaise a abandonné vendredi dernier ses dernières poursuites pour corruption, prenne la tête du gouvernement.
La prochaine session aura lieu demain, avec l’élection du président et du vice-président de l’Assemblée, qui devraient venir des rangs du PPP.
La lutte contre le terrorisme constituera le premier défi du nouveau gouvernement. Au-delà, le Pakistan est confronté à d’importantes difficultés économiques, qui entraînent une forte inflation et des déficits croissants.
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«C’est le dernier jour de la dictature », a déclaré à la presse avant l’ouverture de la session de l’Assemblée nationale Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto et dirigeant de facto de son mouvement, le Parti du peuple pakistanais (PPP). « Notre programme est clair, au final, la dictature sera vaincue », a renchéri l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, renversé en 1999 par un coup d’État du général Musharraf et dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N). Les 342 députés ont prêté collectivement serment, avant...