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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE Interrogations sur le rôle des États-Unis dans le retrait turc d’Irak

Le chef d’état-major de l’armée turque a affirmé samedi que l’arrêt de son offensive contre les rebelles kurdes dans le nord de l’Irak n’avait pas été motivé par des considérations politiques, mais les médias s’interrogeaient sur le rôle de Washington dans le repli des troupes turques. Et hier, le président Abdullah Gül a réaffirmé que le retrait des troupes turques était prévu à l’avance. Surprenant de nombreux observateurs, l’armée turque a annoncé vendredi avoir mis fin à une offensive d’une semaine contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) retranchés en Irak. Les troupes turques se sont retirées dans la matinée de vendredi. Ce repli est intervenu au lendemain d’un appel du président américain George W. Bush à un retrait « le plus vite possible », un message réitéré au même moment à Ankara par le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. « Que s’est-il passé à la dernière minute ? » questionnait samedi le quotidien populaire Aksam, rappelant le refus exprimé jusque-là par Ankara de fixer un calendrier pour le retour d’Irak de ses troupes. « Bush nous a dit de partir et nous l’avons fait. On ne pourrait pas quitter sa chambre d’hôtel aussi rapidement, dans une telle panique », a commenté l’éditorialiste du journal à grand tirage Hürriyet. Un éditorial du quotidien populaire Vatan est allé jusqu’à qualifier de « dégradant » le repli des troupes. Dans un entretien diffusé samedi par le quotidien à grand tirage Milliyet, le général commandant l’état-major, Yasar Büyükanit, a qualifié d’« injustes » ces critiques et assuré que la décision du retrait avait été prise bien avant la visite de M. Gates, mais tenue secrète pour des raisons de sécurité. « Il s’agissait d’une décision prise pour des raisons militaires. Il n’y a même pas eu d’implication de politiciens ou d’étrangers », a déclaré M. Büyükanit. Un tiers des troupes avait quitté l’Irak dès mercredi, mais il aurait été suicidaire d’annoncer le retrait à ce moment-là, car cela aurait permis aux terroristes de préparer des embuscades et cela aurait été « une énorme erreur », a-t-il expliqué. Des propos confirmés hier par le président Abdullah Gül, qui a affirmé que le retrait des troupes s’est déroulé selon le calendrier prévu, rejetant ainsi les rumeurs sur des pressions de Washington. L’opération « s’est terminée comme prévu (...). C’était juste une question de tactique militaire », a déclaré M. Gül. « Laissez-moi vous dire en toute sincérité que les Américains n’ont eu aucune influence », a-t-il ajouté. M. Gül a aussi affirmé qu’il était personnellement au courant de la date de la fin de l’opération, mais que le public n’en a pas été informé pour protéger les soldats. Mais de nombreux observateurs demeuraient sceptiques et faisaient remarquer que le texte initial du discours mensuel à la nation du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, distribué sous embargo vendredi après-midi, quelques heures avant l’allocution, mentionnait toujours la poursuite des opérations. Un peu plus tard, les services de M. Erdogan ont distribué un second texte prenant en compte le retrait des troupes. Certains analystes ont suggéré que l’image des États-Unis dans l’opinion publique turque, déjà écornée par des accusations d’inaction des forces américaines en Irak face au PKK, pourrait empirer.
Le chef d’état-major de l’armée turque a affirmé samedi que l’arrêt de son offensive contre les rebelles kurdes dans le nord de l’Irak n’avait pas été motivé par des considérations politiques, mais les médias s’interrogeaient sur le rôle de Washington dans le repli des troupes turques. Et hier, le président Abdullah Gül a réaffirmé que le retrait des troupes turques était prévu à l’avance.
Surprenant de nombreux observateurs, l’armée turque a annoncé vendredi avoir mis fin à une offensive d’une semaine contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) retranchés en Irak. Les troupes turques se sont retirées dans la matinée de vendredi. Ce repli est intervenu au lendemain d’un appel du président américain George W. Bush à un retrait « le plus vite possible », un message...