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Pétrole L’OPEP impuissante face à la flambée des prix

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a regagné de l’influence politique en attirant de nouveaux membres, mais a perdu de sa capacité à contrôler les prix, estimaient hier des experts pétroliers. Si elle peut encore enrayer une éventuelle chute des cours de l’or noir en réduisant sa production, l’organisation a perdu ces dernières années le pouvoir de stopper leur envolée faute de marge de manœuvre pour injecter du pétrole sur le marché. L’organisation « est sans doute plus influente qu’il y a quelques années », estime Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Pétrole et gaz arabes. Elle représente 40 % du pétrole mondial, avec plusieurs de ses 13 membres assis sur les « réserves les plus importantes au monde » et un « potentiel de hausse de la production pour des dizaines d’années », précise-t-il. Alors qu’à une époque « elle n’attirait plus beaucoup », l’an dernier, deux nouveaux pays, l’Équateur et l’Angola l’ont rejointe, ce qui accroît son poids symbolique, souligne-t-il. Mais si l’OPEP « a le pouvoir, quand elle veut, de mettre un plancher sur les prix, elle a perdu celui de leur mettre un plafond », remarque Vera de Ladoucette, analyste au Cambridge Energy Research Associates. Début 2000, le cartel avait une capacité de production non utilisée de 5 à 6 millions de barils par jour (mbj). Cette capacité excédentaire a fondu depuis 2002, tombant sous 1 mbj en 2004. La guerre en Irak, la longue grève de Petroleos de Venezuela fin 2002 et les troubles politiques au Nigeria ont fortement érodé les infrastructures de trois membres importants du cartel. Grâce à de gros investissements en Arabie saoudite, son chef de file, l’OPEP a pu aujourd’hui regagner un peu de marge avec une capacité excédentaire de 2 à 2,5 mbj. Mais c’est insuffisant pour calmer les prix : au risque de se retrouver complètement « à sec », l’OPEP ne peut concéder que de faibles hausses de production, qui ont peu d’impact sur les marchés. Ainsi, en 2004, l’OPEP « a vraiment essayé de faire baisser les prix » en produisant presque à pleine capacité, mais sans succès durable, note M. Perrin. En septembre, elle a de nouveau fait un geste à destination des consommateurs en augmentant d’un demi-million de barils par jour sa production. Loin de marquer le pas, le baril a depuis bondi de 25 dollars, dépassant pour la première fois 103 dollars hier. Le cartel a réalisé que « l’économie mondiale fait preuve d’une résilience très forte », souligne M. Perrin, avec une croissance mondiale « de l’ordre de 5 % par an » malgré le ralentissement économique aux États-Unis et le baril à 100 dollars. Ce qui « n’encourage pas non plus l’OPEP à agir pour faire baisser les prix », poursuit M. Perrin. En outre, la montée en force des investisseurs spéculatifs alimente la flambée des prix et diminue d’autant la force de frappe de l’OPEP. Dorénavant, le cartel se concentre donc sur un double objectif : approvisionner juste assez le marché pour éviter tout pénurie et empêcher toute chute des prix en réduisant son offre si nécessaire. Une telle chute n’est pas exclue dans les mois à venir si le ralentissement économique américain plombe la demande de pétrole des pays riches.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a regagné de l’influence politique en attirant de nouveaux membres, mais a perdu de sa capacité à contrôler les prix, estimaient hier des experts pétroliers.
Si elle peut encore enrayer une éventuelle chute des cours de l’or noir en réduisant sa production, l’organisation a perdu ces dernières années le pouvoir de stopper leur envolée faute de marge de manœuvre pour injecter du pétrole sur le marché.
L’organisation « est sans doute plus influente qu’il y a quelques années », estime Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue Pétrole et gaz arabes. Elle représente 40 % du pétrole mondial, avec plusieurs de ses 13 membres assis sur les « réserves les plus importantes au monde » et un « potentiel de hausse de la production pour des...