Alors que notre pays traverse une crise politique et sécuritaire sans précédent depuis 18 ans, le marché immobilier reste l’un des secteurs de notre économie les plus solides et les plus actifs. Dire qu’il est en pleine forme serait inexact, mais il demeure toujours debout. L’essor des nouvelles constructions dans la région d’Achrafieh en est une parfaite illustration. Actuellement, il y a environ 60 projets résidentiels en cours. Au total, cela représente environ 300 000 m2 de superficies résidentielles. Ces chiffres font partie des enseignements de notre dernière étude sur l’évolution du marché résidentiel à Achrafieh. Les nombreux immeubles dont les travaux d’excavation n’ont pas commencé, mais où les promoteurs ont déjà prévendu plusieurs unités, n’ont pas été pris en compte.
La moitié de ces projets sont situés dans le périmètre le plus recherché qui englobe Saïfi, Gemmayzé, Sursock, Tabaris, Charles Malek et Furn el-Hayek. Proche du centre-ville, ce secteur bénéficie d’une bonne accessibilité et jouit d’une excellente renommée qu’elle soit justifiée ou non. Le développement immobilier de cette zone géographique se fait sans aucune pitié pour les anciens immeubles de charme, les vieilles maisons traditionnelles et les jardins. La loi du bulldozer est en train de transformer le paysage urbain de cette partie de Beyrouth. La multiplication des projets, le manque de dégagement, la surdensité des constructions ne semblent pas pour l’instant arrêter l’appétit des clients locaux et expatriés.
Si certains promoteurs demandent des prix ahurissants, la moyenne d’un premier étage est désormais supérieure à 2 200 dollars le m2. Certains projets d’exception (appartements haut de gamme, jardins, etc) demandent des prix de départ au-delà de 3 000 dollars le m2.
Quelques régions sont également en plein essor. L’intérêt des promoteurs pour Sioufi ne cesse de croître. La clientèle y apprécie le calme et surtout des prix inférieurs de 20 à 30 % aux quartiers cités précédemment. L’attractivité du secteur derrière la banque Byblos et l’hôpital Rizk est réelle avec la proximité de la place Sassine et de l’ABC. La valeur d’un premier étage ne devrait pas dépasser 1 600 à 1 700 dollars le m2.
L’influence du centre commercial ABC au cœur d’Achrafieh est considérable et tend à justifier le développement résidentiel des quartiers autrefois boudés des promoteurs comme Zahret el-Ihsan, Deir al-Azarié, Mar Mitr et la zone AUST.
Du côté des taux de vente, il y a de grandes disparités d’un projet à un autre. Certains immeubles se vendent relativement bien avant même l’obtention des permis de construire. Leur réussite est simple : bon emplacement (mais pas nécessairement dans les quartiers les plus chers), prix compétitifs, concept attrayant, architecture agréable, tailles d’appartements en demande. Beaucoup ont même arrêté les ventes dans l’attente de jours meilleurs. À l’opposé, d’autres projets ont plus de difficulté à écouler leur stock. Toutefois, ces projets ne sont pas pour autant à plaindre. Avec l’augmentation des prix, les promoteurs finissent toujours par trouver un acquéreur à un meilleur prix aujourd’hui que s’ils avaient vendu un ou deux ans auparavant.
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La moitié de ces...