Les Lyonnais frémissent sans doute à l’idée d’affronter Cristiano Ronaldo en 8e de finale aller de la Ligue des champions ce soir mais ils seraient bien inspirés de ne pas oublier Wayne Rooney qui n’a jamais connu la défaite cette saison avec Manchester United.
Les cinq revers des Red Devils correspondent à des périodes de blessures ou de suspensions de l’attaquant. Son absence est pour beaucoup dans la prestation anémique de United contre City lors du derby perdu il y a dix jours.
Quand Rooney a joué, les Red Devils l’ont emporté 21 fois pour quatre nuls, dont l’un sur le terrain d’Arsenal et l’autre contre la Roma en Italie.
Cette statistique ne relève pas du hasard, même si les performances de Ronaldo ont privé Rooney de l’exposition qu’il mérite. Bombardé dès son plus jeune âge plus grand joueur anglais depuis Paul Gascoigne, Rooney pâtit des immenses espoirs placés en lui.
S’il passe plusieurs matchs sans marquer, les doutes apparaissent, comme l’an passé, quand il avait attendu les quarts de finale contre la Roma pour trouver le chemin des filets en Ligue des champions. Que Rooney soit le meilleur passeur du championnat 2006/2007, qu’il soit plus altruiste et travailleur que le Portugais, passent aux oubliettes.
Le cauchemar de Gallas
La presse doute de sa capacité à évoluer seul en pointe, se demande s’il n’est pas un joueur de soutien qu’un buteur, comme semble l’attester son numéro 10.
Mais samedi, en l’absence de Ronaldo, Rooney a répondu de la plus belle des manières en Coupe d’Angleterre face à Arsenal (4-0). Chacun de ses appels a semé la panique. Le pauvre William Gallas a vécu un long cauchemar, entamé quand il a été battu de la tête lors de l’ouverture du score par un Rooney infatigable.
« Cette fois, j’ai eu du soutien des ailes et du milieu. J’ai dit à plusieurs reprises quand j’étais seul devant, que le travail au milieu était insuffisant », relève l’intéressé dans un hommage implicite au travail titanesque d’un autre Portugais, Anderson, plus méconnu que Ronaldo mais pas moins précieux.
« J’aimerais que chaque joueur montre le même désir et le même appétit de jouer que Wayne », se félicite son entraîneur Alex Ferguson.
« Wayne travaille trop »
Mais pour l’Écossais, cette soif de jouer est le pire ennemi de l’attaquant : « Il n’a pas besoin de déployer autant d’énergie. Nos milieux contrôlent. Wayne travaille trop et ça lui coûte des opportunités de marquer. S’il se contrôle, il va enfiler les buts. »
Le joueur a réglé ce qui a longtemps été son point faible majeur : son caractère impétueux. Les Portugais en avaient admirablement tiré profit en quarts de finale du Mondial, en obtenant son exclusion pour un geste d’humeur. Rooney avait été désigné comme le responsable de l’élimination de son équipe.
Jusqu’à aujourd’hui, c’est son dernier carton rouge. Rooney n’est plus un jeune homme en colère. Son engagement lui vaut des avertissements (huit en 25 matches), mais on ne le voit plus vociférer sur ses adversaires ou le corps arbitral.
À 22 ans, après ses trois buts en phases de poules, il entend s’affirmer sur la scène européenne où il est attendu depuis son arrivée à Manchester en 2004 : « Sir Bobby (Charlton) nous a dit à quel point cela tomberait bien de remporter la Ligue des champions cette année, que ce serait le meilleur hommage aux Busby Babes », l’équipe décimée dans un accident aérien il y a 50 ans à Munich.
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Les cinq revers des Red Devils correspondent à des périodes de blessures ou de suspensions de l’attaquant. Son absence est pour beaucoup dans la prestation anémique de United contre City lors du derby perdu il y a dix jours.
Quand Rooney a joué, les Red Devils l’ont emporté 21 fois pour quatre nuls, dont l’un sur le terrain d’Arsenal et l’autre contre la Roma en Italie.
Cette statistique ne relève pas du hasard, même si les performances de Ronaldo ont privé Rooney de l’exposition qu’il mérite. Bombardé dès son plus jeune âge plus grand...