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Actualités - Opinion

Obsession perpétuelle de Damas : empêcher les Libanais de s’entendre

Un constat documenté, que relève un professionnel averti : chaque fois que les Libanais sont sur le point de s’entendre, le régime syrien freine le mouvement. Il est certes arrivé qu’il soit pris de court. Comme pour les résolutions du dialogue national, ou pour certaines positions inopinées de Berry et d’autres. Mais Damas s’en trouve quitte pour rappeler à l’ordre ses bons amis du cru. En les forçant à se rétracter. À faire comme s’ils n’avaient rien souscrit, rien déclaré. De positif, s’entend. Dans sa proclamation dite de Baalbeck, Berry proposait l’élection d’un indépendant à la majorité minimale des deux tiers. Ce qui induisait un accord interne que Damas jugeait alors comme impossible. À sa grande surprise, les contacts internes avaient débouché sur l’établissement d’une liste de consensuels. Blackboulés ensuite l’un après l’autre, par ses soins diligents. Nécessité faisant loi, la majorité avait lâché ses propres candidats Boutros Harb et Nassib Lahoud, pour faciliter l’élection d’un président dans les délais constitutionnels. Elle s’était rabattue sur la candidature incontournable du général Michel Sleimane. Deuxième énorme surprise pour les Syriens, vu que la Rencontre du Bristol avait antérieurement condamné tout à la fois l’amendement de l’article 49 C et le retour d’un militaire à Baabda. Comme l’opposition n’avait pas caché auparavant sa sympathie pour le commandant en chef, on pensait que l’affaire serait réglée en un tournemain. C’était oublier que la Syrie ne pouvait admettre un président qu’elle n’était pas en mesure de tester. Elle a donc contourné l’obstacle, toujours par le biais de ses alliés. Qui ont avancé, et avancent encore au fur et à mesure qu’ils obtiennent satisfaction sur tel ou tel point, des conditions, des exigences surréalistes. Axées notamment sur la formation d’un gouvernement dit d’union nationale. Avec tiers de blocage, et accord préalable tant sur la déclaration ministérielle que sur une nouvelle loi électorale. Sans compter la répartition des portefeuilles-clés ou les nominations. Ce sur quoi Amr Moussa et l’initiative arabe, comme la française précédemment, ont buté. Bref, il s’est confirmé au fil des jours, des semaines et des mois, que faute d’un président qui lui soit acquis, Damas préfère un vide institutionnel synonyme de désagrégation de l’État libanais. Déconvenues Il parvient donc à ses fins, avec le concours des opposants du coin. Ainsi lorsque, nouvelle concession, Saad Hariri a suggéré que le président potentiel de la République tienne entre ses mains le fléau de la balance, en disposant d’un nombre consistant de ministres, on a pu penser un moment que le principal obstacle était levé. Car le général Michel Aoun, champion des droits chrétiens, ne pouvait raisonnablement trouver d’objection à un net renforcement politique de la première magistrature dévolue aux maronites. Il a cependant su trouver la parade, en réclamant une confirmation, via une retouche de la Constitution, de ce rôle présidentiel. Révision revenant à gommer Taëf. Ce qui a automatiquement fait rebondir la crise. Ce dont Damas et les opposants ont de suite profité. En reniant tout bonnement le rééquilibrage à travers le quota ministériel imparti au prochain président. Pour s’accrocher derechef au tiers de blocage. Sous prétexte que les ministres du président auraient tendance à favoriser les loyalistes. Qui pour leur part ont été pourtant au bout du bout de l’ouverture. En finissant par accepter un partage des portefeuilles ministériels à égalité (10+10+10), alors même que l’opposition ne dispose que de 45 % des sièges parlementaires. Ce qui signifie que, même privée de son droit démocratique de gouverner seule, la majorité devrait quand même avoir plus de ministères que la minorité. Lors de la dernière réunion quadripartite, Amr Moussa a demandé à Aoun, sur un ton faussement ingénu : « À supposer que la majorité admette le partage égal en trois, l’opposition irait-elle voter pour le général Sleimane ? » Il lui a été répondu qu’il faudrait encore s’entendre auparavant sur la composition du cabinet, sur les postes-clés. Et même sur les qualifications du chef du gouvernement ! Une façon de remettre au goût du jour le veto opposé à la présence d’un Hariri ou d’un Siniora au Sérail. Ou même de n’importe quel représentant du 14 Mars. L’échange s’est conclu par une boutade du président Gemayel demandant à Aoun : « Doit-on aussi s’entendre sur la couleur des cravates que les ministres porteraient ? » La grande question reste de savoir si, comme Walid Moallem le promet, le Liban va pouvoir être représenté par un président en titre lors du prochain sommet arabe de Damas… Émile KHOURY
Un constat documenté, que relève un professionnel averti : chaque fois que les Libanais sont sur le point de s’entendre, le régime syrien freine le mouvement. Il est certes arrivé qu’il soit pris de court. Comme pour les résolutions du dialogue national, ou pour certaines positions inopinées de Berry et d’autres. Mais Damas s’en trouve quitte pour rappeler à l’ordre ses bons amis du cru. En les forçant à se rétracter. À faire comme s’ils n’avaient rien souscrit, rien déclaré. De positif, s’entend.
Dans sa proclamation dite de Baalbeck, Berry proposait l’élection d’un indépendant à la majorité minimale des deux tiers. Ce qui induisait un accord interne que Damas jugeait alors comme impossible. À sa grande surprise, les contacts internes avaient débouché sur l’établissement d’une liste de...