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Erdogan soulève un tollé en refusant l’assimilation des Turcs en Allemagne

Le Premier ministre turc a provoqué un tollé en mettant en garde ses compatriotes immigrés contre l’assimilation en Allemagne où la coalition de la chancelière Angela Merkel l’a accusé hier d’ingérence. Les uns après les autres, les ténors de l’Union démocrate-chrétienne (CDU) et de l’Union sociale-chrétienne (CSU), ainsi que leurs partenaires du Parti social-démocrate (SPD) ont dénoncé un discours de M. Erdogan prononcé dimanche à Cologne (ouest de l’Allemagne) où il avait qualifié l’assimilation de « crime contre l’humanité ». La chancelière elle-même avait vivement réagi à ces propos tenus en turc devant quelque 20 000 personnes et dont les images passent en boucle sur les chaînes de télévision d’information en continu. « Je crois que l’intégration suppose qu’il y ait une disposition à s’adapter au mode de vie d’un pays. » Pour ceux qui détiennent la citoyenneté allemande, « il est normal qu’ils soient des citoyens sans aucune restriction », et ils doivent « leur loyauté à l’État allemand », a affirmé Mme Merkel. Les Turcs forment de loin la première communauté étrangère en Allemagne, avec 2,7 millions de membres, dont un million ont été naturalisés. « Le gouvernement turc ne devrait pas essayer d’influencer la politique intérieure en Allemagne », a déclaré le numéro deux du groupe parlementaire CDU/CSU, Wolfgang Bosbach, dans une interview publiée hier. À Cologne, le Premier ministre avait dit comprendre la crainte de ses compatriotes de perdre leur identité au profit de la culture allemande. « Personne ne peut exiger de vous l’assimilation », avait-il lancé sous les applaudissements. Il a enfoncé le clou hier devant le Parlement à Ankara. « Je le répète : l’assimilation est un crime contre l’humanité », a-t-il déclaré. Le chef du groupe parlementaire SPD, Peter Struck, a qualifié ces propos de « totalement inacceptables ». M. Erdogan a donné l’impression « de vouloir installer une société parallèle en Allemagne ou à tout le moins d’être prêt à l’encourager », a-t-il déclaré à la presse. Recep Tayyip « Erdogan a encouragé le nationalisme turc en territoire allemand », a renchéri Erwin Huber, chef de la CSU. « C’est antieuropéen et confirme nos réticences envers l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne », a-t-il poursuivi. « Nous devons maintenant réfléchir et voir si, dans ces circonstances, la poursuite des négociations d’adhésion avec la Turquie a encore un sens », a ajouté M. Huber. La CDU et la CSU préfèrent un partenariat stratégique entre l’UE et la Turquie à une adhésion pleine et entière. Mais le pacte de coalition signé par Mme Merkel avec le SPD prévoit la poursuite des négociations d’adhésion, par respect des promesses faites depuis longtemps par l’UE à Ankara. M. Struck a réaffirmé qu’il estimait qu’il était « dans l’intérêt de l’Europe d’intégrer la Turquie », mais avec un avertissement inhabituel pour un dirigeant social-démocrate, évoquant « le danger que la Turquie bascule dans l’islamisme ». La question de l’intégration de la population turque est particulièrement délicate en Allemagne qui a longtemps refusé de se considérer comme un pays d’immigration. M. Erdogan avait déjà été critiqué pendant sa visite officielle en Allemagne pour avoir proposé à Mme Merkel d’envoyer dans ce pays des professeurs turcs pour enseigner dans des écoles et universités pour les Turcs. Cette tournée avait commencé sous de mauvais auspices. Elle avait été précédée par un incendie dans un immeuble à Ludwisghafen (sud-ouest de l’Allemagne) qui avait coûté la vie à neuf Turcs le 3 février. Des médias turcs avaient soulevé l’hypothèse d’un acte criminel xénophobe et M. Erdogan avait lui-même exhorté l’Allemagne à « faire toute la lumière » sur ce drame. Les causes de la catastrophe n’ont pas encore été établies. Les immigrés turcs avaient été victimes d’une série d’incendies criminels en Allemagne à la fin des années 1990.
Le Premier ministre turc a provoqué un tollé en mettant en garde ses compatriotes immigrés contre l’assimilation en Allemagne où la coalition de la chancelière Angela Merkel l’a accusé hier d’ingérence.
Les uns après les autres, les ténors de l’Union démocrate-chrétienne (CDU) et de l’Union sociale-chrétienne (CSU), ainsi que leurs partenaires du Parti social-démocrate (SPD) ont dénoncé un discours de M. Erdogan prononcé dimanche à Cologne (ouest de l’Allemagne) où il avait qualifié l’assimilation de « crime contre l’humanité ».
La chancelière elle-même avait vivement réagi à ces propos tenus en turc devant quelque 20 000 personnes et dont les images passent en boucle sur les chaînes de télévision d’information en continu. « Je crois que l’intégration suppose qu’il y ait une...