Les responsables réformateurs iraniens craignent qu’un grand nombre de leurs candidats soient interdits de participer aux élections législatives du 14 mars prochain par les organes chargés de filtrer les candidatures. « Nous commençons à avoir des informations partielles sur les candidats rejetés. Il est encore trop tôt pour faire un bilan, mais on peut craindre un nombre important de rejets de candidatures », a déclaré hier à l’AFP un responsable réformateur ayant requis l’anonymat. Le porte-parole de la Coalition des réformateurs, Abdollah Nasseri, a déclaré pour sa part que « malheureusement, les informations inquiétantes de la semaine passée semblent se confirmer et le nombre de candidats réformateurs rejetés est surprenant », selon le site officiel de l’organisation, Baharestan. Selon le site, sept députés réformateurs de l’actuel Parlement ont vu leur candidature rejetée. Le porte-parole du parti de la Confiance nationale, dirigé par l’ancien président du Parlement Mehdi Karoubi, également réformateur, a aussi déclaré que de nombreux candidats du parti avaient été rejetés. « Selon les informations reçues, 70 % de nos candidats ont été rejetés, ce qui nous inquiète beaucoup », a déclaré Esmaïl Gherami Moghadam, cité par l’agence ISNA.
Les comités exécutifs, liés au ministère de l’Intérieur, et chargés de passer au crible les dossiers de quelque 7 168 candidats inscrits ont achevé leur travail lundi. Les comités ont commencé à communiquer leurs conclusions aux intéressés, ainsi qu’aux commissions de surveillance des élections, qui dépendent du Conseil des gardiens de la Constitution, un organe contrôlé par les conservateurs et chargé de superviser les élections. C’est lui qui a le dernier mot sur la validité des candidatures. Il en avait rejeté plus de 2 000 sur 8 172 inscrits lors des législatives de 2004, dont de nombreux réformateurs. Ce qui avait permis la victoire des conservateurs.
M. Nasseri a assuré que la Coalition des réformateurs utilisera « tous les moyens légaux » pour faire approuver ses candidats, en avertissant que son mouvement participera « seulement à des élections concurrentielles ». Selon la loi, les candidats rejetés par les comités exécutifs ont quatre jours pour faire appel auprès des commissions de surveillance des élections. Si ces dernières confirment l’avis des comités exécutifs, les candidats rejetés peuvent demander l’avis du Conseil des gardiens, qui a vingt jours pour répondre. Le tout devrait donc prendre au moins un mois. Le début de la campagne est prévu huit jours avant le scrutin du 14 mars. M. Nasseri a dénoncé à cet égard un procédé visant, selon lui, à empêcher les candidats réformateurs d’avoir suffisamment de temps pour faire campagne. D’après M. Nasseri, les conservateurs contrôlant les comités exécutifs et les commissions de surveillance des élections pourraient approuver la candidature de certains réformateurs à quelques jours seulement du scrutin. « Ce qui ne leur laisserait guère le temps de faire campagne », a-t-il dit, cité par l’agence ISNA.
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