Il existe encore des Libanais qui investissent au Liban. Mais en misant sur une valeur sûre, imperméable aux tensions politiques : l’esprit de fête des Libanais, locaux et expatriés (surtout). La société Addmind démarre ainsi l’année avec deux nouveaux projets à Beyrouth : un café-restaurant (Posh) à la place Sassine et un bar à Gemmayzé (Gem).
Addmind détient et gère plusieurs restaurants, cafés, bars et même une plage (Moréa, L-Bar, Eight, White, Asia…), avec 180 salariés et un chiffre d’affaires de plus de 4,5 millions de dollars en 2007.
Pour les quatre actionnaires de la société, Tony Haber, Karim Jaber, Jad Lahoud et Claude Saba, l’aventure a commencé en 2001. Avec 300 000 dollars de fonds propres, ils ont été parmi les premiers à investir dans une boîte de nuit au centre-ville de Beyrouth (le Pulse). Le succès est immédiat et l’investissement amorti en 10 mois.
Fort de ce succès, Addmind se spécialise dans la conception et la gestion des projets, et fait appel à des investisseurs privés pour le financement.
« Entre 2001 et 2004, le secteur de l’hospitalité était en pleine croissance. Au cours de cette période, nous avons réalisé plus de huit investissements en se basant sur une stratégie de diversification géographique. Car au Liban, les régions et les tendances évoluent rapidement », raconte le PDG de la société, Tony Haber. Fin 2004, par exemple, une nouvelle région s’impose comme le temple de la nuit : la rue Monnot. Les investisseurs se ruent dans ce quartier, avant que l’élan ne soit freiné par l’assassinat de Rafic Hariri.
« L’année 2005 a d’abord marqué la fin du centre-ville. Elle a également calmé les ardeurs des nouveaux venus dans le secteur. Mais pour les opérateurs déjà bien implantés, elle n’a pas été catastrophique », affirme-t-il.
Addmind a ainsi fermé quelques établissements, mais elle en a ouvert d’autres, notamment des bars où les marges de bénéfice sont les plus importantes. « Depuis 2005, il y a des hauts et des bas. À certaines périodes, nous avons été tentés de mettre la clé sous la porte, mais il y a toujours un moment où la pulsion de vie l’emporte et les affaires reprennent, poursuit Tony Haber. Toutefois, le vrai moteur de croissance sont les expatriés, qui ont un pouvoir d’achat élevé. »
En effet, durant les périodes de vacances, entre juin et septembre, et en décembre, le chiffre d’affaires du groupe augmente de 30 à 40 %, compensant le reste de l’année. En décembre dernier, par exemple, les établissements du groupe affichaient complet pratiquement tous les soirs.
« Il y a des périodes de pics de fréquentation durant les fêtes, souligne le PDG. Mais il n’y a pas vraiment de saison basse dans ce domaine au Liban, sauf en cas d’insécurité. » Et encore, lors des événements de Nahr el-Bared, le White, l’un des bars du groupe localisé sur les toits d’un immeuble au centre-ville, ne désemplissait pas.
« Au niveau de la “night life”, je pense que le Liban restera toujours le pays le plus profitable de la région, grâce au dynamisme de la demande et aux coûts opérationnels relativement faibles », affirme Tony Haber.
Mais cela ne l’empêche pas d’assurer ses arrières. Depuis la guerre de juillet, les actionnaires d’Addmind ont réalisé la nécessité de se diversifier dans la région. Il y a quelque mois, un premier restaurant a été ouvert en Jordanie, et deux autres projets sont prévus à Dubaï et Abou Dhabi. Addmind entend franchiser même le café récemment inauguré, Posh.
Les prévisions pour 2008 ? « Un chiffre d’affaires supérieur à 6 millions de dollars », conclut Tony Haber.
S. A.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il existe encore des Libanais qui investissent au Liban. Mais en misant sur une valeur sûre, imperméable aux tensions politiques : l’esprit de fête des Libanais, locaux et expatriés (surtout). La société Addmind démarre ainsi l’année avec deux nouveaux projets à Beyrouth : un café-restaurant (Posh) à la place Sassine et un bar à Gemmayzé (Gem).
Addmind détient et gère plusieurs restaurants, cafés, bars et même une plage (Moréa, L-Bar, Eight, White, Asia…), avec 180 salariés et un chiffre d’affaires de plus de 4,5 millions de dollars en 2007.
Pour les quatre actionnaires de la société, Tony Haber, Karim Jaber, Jad Lahoud et Claude Saba, l’aventure a commencé en 2001. Avec 300 000 dollars de fonds propres, ils ont été parmi les premiers à investir dans une boîte de nuit au centre-ville de Beyrouth (le...