Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

L’incident de Faraya

La conscience collective Encore une fois, L’Orient-Le Jour confirme sa mission d’être à l’écoute de la société et de refléter ses crises, son désarroi, ses espoirs et ses joies. L’article de Mme Anne-Marie el-Hage relatant les incidents qui sont survenus sur le plateau de Ouyoun el-Simane durant les vacances de Noël est louable pour sa précision, son sérieux et ses analyses percutantes. Ces agressions organisées par une bande de jeunes mal dans leur peau et dans leur tête, mal encadrés et dont l’énergie est mal canalisée, ne sont pas le produit d’une banlieue triste et défavorisée, mais dérivent scandaleusement d’une bourgeoisie comblée et raffinée. Ces agressions ne se sont pas déroulées sur une route obscure et désertée ; il s’agissait d’une attaque réfléchie et organisée contre un foyer tranquille, dans une région où la vie s’écoulait paisible, calme, avec beaucoup de convivialité. « Rendre le bien pour le mal, que pensez-vous de cela ? » demanda-t-on à Confucius. – « Et que rendriez-vous pour le bien ?! Il faut répondre au mal par la rectitude et au bien par le bien. » C’est la rectitude qu’il faut réclamer non seulement à la justice, mais surtout aux parents, aux éducateurs, aux amis, aux voisins et à toute la communauté. C’est cette rectitude imposée par une conscience collective qui rendra à ses jeunes égarés l’équilibre et la sérénité. La conscience collective entraîne l’ordre social. Le manque de cette conscience le désordre social. La conscience collective entraîne la sécurité publique. Le manque de cette conscience le danger public. La conscience collective entraîne l’honneur. Le manque de cette conscience le déshonneur. À ces jeunes agressés, je dis que c’est cette conscience collective dont ils ont été les catalyseurs qui les protégera et les renforcera. À ces jeunes agressés, je conseille de rester à l’image de l’eau qui s’adapte à tous les vases, s’accommode sans cesse, s’abaisse, se creuse, se gonfle, retombe et s’élève en faisant du bien et jamais ne se rompt. Dr Georges GHANEM À l’écoute de nos enfants Se demander pourquoi nos adolescents, fils à papa, se réfugient dans la drogue, la violence et les sectes hors la loi ne sert à rien, si le remède reste toujours dans les coulisses. Avant de punir le délinquant, et blâmer l’école, faisons une descente dans la cellule familiale, là où l’enfant est censé être formé, socialement et moralement. Élever un enfant, chers parents, est une mission sacrée de laquelle dépend toute une société. Donc, ayez la bonté de sacrifier un temps de votre journée afin d’être à l’écoute de ses doléances, ses craintes et son désespoir. Aidons-le à franchir ce cap de l’adolescence. Il a besoin non pas d’un chalet ou d’une limousine, mais uniquement d’un sens à sa vie et d’une immunité face aux côtés négatifs de l’existence. Tous les plaisirs et la Dolce Vita que votre richesse lui procure ne le comblent pas, au contraire, le vide l’anéantit de plus en plus. Là où la psychiatrie et les antidépresseurs ont échoué, le « Spirituel » a réussi. Georgette MÉDAWAR Pour éviter des récidives Bravo à votre journal, et plus particulièrement à votre équipe du desk et à votre collaboratrice Anne-Marie el-Hage, pour avoir consacré – ne serait-ce qu’une fois – votre une à un sujet totalement étranger à la politique, mais qui n’en est pas moins aussi préoccupant. Par un coup de maître constituant peut-être un précédent, vous avez titré votre manchette d’un thème relié à un phénomène social, celui de « la nouvelle mode des mafieux juniors ». Chapeau à votre courage d’afficher l’annonce de votre article dans un emplacement aussi crucial, pour vous assurer qu’aucun de vos lecteurs ne loupe votre message. Merci de respecter notre droit à l’information. Merci de ne pas vous taire, et de ne pas céder à certaines pressions. Vous nous diriez que vous ne faites que remplir votre devoir, et que la presse se doit d’être indépendante et libre. Mais de nos jours, nous savons combien il est difficile de résister aux intimidations. Nous vous sommes donc gré d’aborder des sujets qu’on veut vous imposer comme intouchables, et de dénoncer de tels méfaits qui créent un sentiment d’insécurité et de mal-être chez les citoyens. Félicitations à votre journaliste pour cette enquête menée avec beaucoup de professionnalisme et d’éthique. Elle ne divulgue l’identité d’aucun agresseur, vu qu’ils sont tous mineurs. Son souci de recherche de vérité transparaît à travers les détails précis qu’elle a collectés. Et elle assume son rôle de « responsable social » en sollicitant des spécialistes pour essayer de trouver des solutions et dissiper les inquiétudes. Toutefois le tableau aurait été plus complet si les témoignages des parents des agresseurs avaient été recueillis, même si nous comprenons que ceux-ci soient difficiles à obtenir. Nous nous permettons de déplorer également l’absence de l’immédiateté de votre réaction en d’autres circonstances : des actes délictueux similaires s’étaient produits l’été dernier, et l’on ne sait pour quelle raison, les informations s’y rattachant n’avaient pas été révélées par la presse. Étouffer des méfaits ne les élimine pas. Ils sont là, et il faut les porter à la connaissance du public. Et quand ils sont rapportés d’une façon scientifique et déontologique, et non élogieuse et sensationnaliste, ils n’incitent nullement à en commettre d’autres. Au contraire, c’est le non-dit qui encourage leur récidive. De toute manière, il n’est pas tard. Espérons que vous continuerez à assurer ce service public, qui est celui de rendre compte, et qu’avec votre analyse honnête des faits vous parviendrez à éveiller les consciences, à secouer les esprits, à faire mesurer aux parents concernés la gravité de tels dérapages, et à les pousser à prendre les mesures qui conviennent. Pour empêcher que la tendance à la violence parmi nos jeunes se propage et se banalise, et finisse par s’incruster irréversiblement dans notre société, qui n’en peut plus d’être terrorisée. Claude ASSAF Et si c’était un de vos enfants ? Jeudi 20 décembre. Une histoire bouleverse la ville et remue la haute société bourgeoise beyrouthine. Des adolescents (l’un d’entre eux fils d’un ancien ministre, et les autres fils d’hommes d’affaires) agressent un groupe de jeunes gens qui se trouvaient dans un chalet à Faraya. Histoire de filles ou règlement de comptes ? La justice s’est saisie de l’affaire malgré de fortes pressions exercées par les parents des adolescents agresseurs qui tentent d’étouffer l’affaire. Sur qui retombe la faute ? Sur ces jeunes qui, souvent délaissés à eux-mêmes, à la recherche de leur identité, tentent maladroitement de s’affirmer ? Ou sur ces parents qui, dépassés par une société qui leur échappe, abdiquent et baissent les bras devant des enfants violents ? Dans cette grave affaire, la faute incombe aux parents des agresseurs qui, jouant de leur influence sociale et de leur pouvoir, essayent de faire oublier l’affaire, se rendant complices de la violence de leurs enfants. Une question, Monsieur le Ministre. Si c’était un de vos fils qui avait été sauvagement et injustement agressé, auriez-vous accepté que l’on taise l’histoire par souci du scandale ? Auriez-vous permis que la vie de votre enfant miraculeusement rescapé de cette équipée sauvage s’achète par le silence ? En taisant l’affaire, Messieurs, vous encouragez d’autres jeunes à suivre le chemin de la délinquance et mettez du coup nos enfants et les vôtres à la merci d’une société en proie à la violence. Est-ce cela la jeunesse du Liban de demain ? Nos enfants ont besoin de sanctions et de limites pour mieux affronter leur avenir. Laissez la justice faire son devoir en punissant ces adolescents qui le méritent. La vie d’un enfant ne s’achète pas par l’argent et le pouvoir social. La vie d’un enfant vaut qu’on se batte pour elle en montrant le bon exemple et la voie à suivre. Permettez à la justice de faire son devoir. Lamia SFEIR DAROUNI
La conscience collective

Encore une fois, L’Orient-Le Jour confirme sa mission d’être à l’écoute de la société et de refléter ses crises, son désarroi, ses espoirs et ses joies.
L’article de Mme Anne-Marie el-Hage relatant les incidents qui sont survenus sur le plateau de Ouyoun el-Simane durant les vacances de Noël est louable pour sa précision, son sérieux et ses analyses percutantes.
Ces agressions organisées par une bande de jeunes mal dans leur peau et dans leur tête, mal encadrés et dont l’énergie est mal canalisée, ne sont pas le produit d’une banlieue triste et défavorisée, mais dérivent scandaleusement d’une bourgeoisie comblée et raffinée.
Ces agressions ne se sont pas déroulées sur une route obscure et désertée ; il s’agissait d’une attaque réfléchie et organisée contre un...