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Actualités - Opinion

Développement minable G. SÉROFF

On ne résiste pas à la tentation d’appliquer à l’Académie libanaise des beaux-arts l’amusante formule empruntée à la publicité : « Il y a plus cher, mais c’est moins bien » lorsque le 28 novembre dernier Rémi Baudouï de l’Université de Genève lançait à l’ALBA l’atelier de développement durable. D’un coup, cette université a pris une longueur d’avance sur les autres établissements du pays qui ont une fâcheuse tendance à proliférer ces temps-ci. Dès les premières phrases, les faits exposés dans la conférence d’ouverture intitulée « Changement climatique, risques urbains, développement durable » ont fait dresser les cheveux sur la tête de toutes les personnes présentes. Pas trop cependant, préoccupés que sont les Libanais en général par la politique et plus particulièrement ce jour-là, à cause de l’annonce de la candidature d’un candidat de poids à la présidence de la République. Ces abominations de la désolation, régulièrement annoncées par les médias, inquiètent. Elles ont été minutieusement présentées par le conférencier. En faire le tour, rien que pour constater à quel point le Liban est concerné par ces catastrophes et à quel point rien n’est fait pour les prévenir, n’est pas sans intérêt. Il est à présent établi que, produit par la combustion des carburants liquides et les combustibles fossiles, le dioxyde de carbone (CO2) qui s’installe dans les couches supérieures de la stratosphère est la cause principale du réchauffement climatique. En gros, tout ce qui s’échappe des cheminées d’usines dans l’industrie, des conduits de fumée dans le bâtiment et les pots d’échappement des voitures réchauffe la planète. Si le Liban n’est que peu responsable de la première calamité : il est si peu industriel ; il l’est pas mal de la deuxième : on chauffe et climatise inconsidérément, et énormément de la troisième : la voiture particulière est généralisée d’une manière irresponsable. On est donc dans un pays qui consomme de l’essence et du mazout. Mais il est difficile de nous convaincre que, dans notre petit pays, les 4x4 toutes options et les poids lourds qui émettent un petit nuage de fumée noire sur nos routes relèveront le niveau de la mer au point de submerger les ports de pêche, les marinas et la moitié de notre « Down Town ». Les banquises de l’Antarctique sont tellement lointaines que pour nous c’est de la science-fiction. Mais il n’y a pas que l’essence et le mazout qui posent problème. On contribue également au réchauffement de la planète en consommant des produits manufacturés, fabriqués dans les pays en voie d’industrialisation rapide, où les usines polluent beaucoup. Pour saisir la corrélation qui existe entre ces mauvaises habitudes et le risque que court la couche d’ozone, il nous est demandé de faire une fois de plus un gros effort d’imagination, tellement c’est abscons. L’avènement d’une religion, qui serait celle du sauvetage de la planète, et non plus celle du salut de l’âme, aidera à modifier les mentalités et les modes de vie. On n’en est pas là apparemment. Il est curieux de relever à ce propos combien la Chine, berceau des religions qui prônent l’effacement de l’homme devant l’univers, s’est dévoyée au point d’adorer le Veau d’Or à son tour et de polluer autant que son modèle américain pour produire des biens de consommation superflus. Mais la pollution chez nous est d’un autre niveau. Beaucoup plus grave que les émissions de gaz toxiques dans l’atmosphère, le déversement des eaux empoisonnées dans les rivières et la mer et l’infiltration dans le sous-sol des matières organiques provenant des décharges sauvages. À terme, on trouvera une solution à ces problèmes. La pollution au Liban se résume dans la consommation, le pillage devrait-on dire, du territoire. Sans perspective d’industrialisation d’aucune sorte, couplée à la perte au profit des Émirats arabes unis de la primauté du secteur des services et des échanges, il ne nous reste que l’attrait touristique que peut procurer le paysage, ou ce qu’il en reste, richesse unique et irremplaçable dans tout ce Proche-Orient désertique. L’acharnement du foncier à s’approprier ce qui reste de bord de mer, de vallées, de collines, de plaines et de cimes de montagne équivaut au suicide du Liban. Article paru le mardi 01 janvier 2008
On ne résiste pas à la tentation d’appliquer à l’Académie libanaise des beaux-arts l’amusante formule empruntée à la publicité : « Il y a plus cher, mais c’est moins bien » lorsque le 28 novembre dernier Rémi Baudouï de l’Université de Genève lançait à l’ALBA l’atelier de développement durable. D’un coup, cette université a pris une longueur d’avance sur les autres établissements du pays qui ont une fâcheuse tendance à proliférer ces temps-ci.
Dès les premières phrases, les faits exposés dans la conférence d’ouverture intitulée « Changement climatique, risques urbains, développement durable » ont fait dresser les cheveux sur la tête de toutes les personnes présentes. Pas trop cependant, préoccupés que sont les Libanais en général par la politique et plus particulièrement ce...