L’ex-Premier ministre et principal opposant Nawaz Sharif a estimé hier qu’un maintien des élections législatives au 8 janvier conduirait à la « destruction » du Pakistan. Il a également de nouveau réclamé la démission du président Pervez Musharraf, en l’accusant à demi-mot d’être responsable de l’assassinat de Mme Bhutto.
«Si le gouvernement reste buté sur le maintien de la date des élections au 8 janvier, cela nous mènera sur le chemin de l’autodestruction, qui n’aboutira pas seulement à la destruction du gouvernement, mais aussi à celle du pays », a-t-il dit. Mais le gouvernement n’a pas encore pris de décision sur le maintien ou non des élections législatives, a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental. « Le gouvernement prendra sa décision sur un éventuel report ou non seulement après avoir consulté la totalité des partis politiques », a précisé à l’AFP ce haut responsable, sous couvert d’anonymat.
M. Sharif a également répété qu’il exigeait la démission immédiate du président Musharraf, qu’il avait déjà réclamée quelques heures après la mort de Mme Bhutto. « M. Musharraf doit quitter le pouvoir, c’est la principale exigence de la nation aujourd’hui et je me rends compte que les gens veulent qu’il le fasse le plus rapidement possible, sans délai », a-t-il ajouté. « Nous pensons que Musharraf n’a aucune intention de tenir des élections libres et équitables et ce qui est arrivé hier en est la preuve », a-t-il encore lancé. Mme Bhutto et lui dénonçaient depuis des semaines, par avance, le « truquage » du scrutin par le camp de M. Musharraf pour permettre à ce dernier de se maintenir au pouvoir à l’issue des élections législatives et provinciales. Quelques heures après l’attentat qui a tué Mme Bhutto, M. Sharif avait annoncé que son parti boycotterait les élections législatives et provinciales du 8 janvier. Nawaz Sharif, qui dirige le 2e parti de l’opposition en importance derrière celui de Mme Bhutto, avait promis quelques heures plus tôt aux Pakistanais, devant l’hôpital où l’ex-Premier ministre a succombé à ses blessures, « de mener leur guerre » contre le pouvoir de M. Musharraf.
En outre, Imran Khan, ancienne star du cricket et opposant virulent au président Musharraf, a estimé hier que le Pakistan s’orientait vers « le chaos » et a appelé le chef de l’État à démissionner. « Le temps du général Musharraf est révolu. Il doit quitter le pouvoir car il n’y a pas de fin au terrorisme au Pakistan », a affirmé Imran Khan, président du petit parti Tehreek-i-Insaf (Mouvement pour la justice). « Le Pakistan va vers le chaos. Musharraf ne cesse de dire qu’il va anéantir le terrorisme... aujourd’hui c’est le terrorisme qui nous anéantit », a-t-il affirmé. L’opposant a annoncé que son parti allait boycotter les élections prévues le 8 janvier.
D’autre part, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a appelé hier M. Musharraf à « maintenir le cap » de la « démocratie et de la stabilité » au Pakistan, lui proposant de renforcer l’aide britannique à la lutte antiterroriste, a annoncé Downing Street. « Ce qui est important c’est que le processus démocratique au Pakistan se poursuive. Ce qui est important c’est aussi que le président Musharraf respecte son engagement à organiser des élections », a encore dit M. Brown, précisant avoir discuté de la situation au Pakistan avec le président américain, George W. Bush. « Nous devons clairement décider d’une action immédiate et nous apporterons toute l’aide que nous pourrons », a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ex-Premier ministre et principal opposant Nawaz Sharif a estimé hier qu’un maintien des élections législatives au 8 janvier conduirait à la « destruction » du Pakistan. Il a également de nouveau réclamé la démission du président Pervez Musharraf, en l’accusant à demi-mot d’être responsable de l’assassinat de Mme Bhutto.
«Si le gouvernement reste buté sur le maintien de la date des élections au 8 janvier, cela nous mènera sur le chemin de l’autodestruction, qui n’aboutira pas seulement à la destruction du gouvernement, mais aussi à celle du pays », a-t-il dit. Mais le gouvernement n’a pas encore pris de décision sur le maintien ou non des élections législatives, a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental. « Le gouvernement prendra sa décision sur un éventuel report ou non seulement...