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Actualités - Opinion

En attendant les deux grands partis Fouad J. TABET

Souffrance de peuples désemparés. Souffrance d’une économie exsangue, qui se débat, alors que les politiciens sont obnubilés par leurs ambitions. Souffrance d’une grande partie de la population, hantée par le gagne-pain, la tentation d’émigrer qui disloque la cellule familiale et dilue la citoyenneté libanaise. Souffrance de membres du 14 et du 8 Mars, soumis sans conviction aux desiderata de leurs leaders. Il y a quelque temps, j’avais fait éditer un fascicule pour dire qu’une des solutions aux problèmes du Liban consistait à résorber la pléthore des partis existants, en créant deux grands partis politiques. Suivant en cela l’exemple de la France (Parti socialiste et UMP) de l’Amérique (républicains et démocrates), de l’Italie (droite, gauche) et de l’Espagne. Cela pourrait permettre de faire fondre au sein de chacun des deux grands partis, loyalistes et opposants, toutes communautés confondues, de parler d’une seule voix. La réaction à cette suggestion a été virulente, certains faisant valoir que c’était un rêve et que c’était loin de la réalité. Or, la réalité est là : actuellement sur la scène politique libanaise, ces deux grands partis, dont il serait question, existent. D’un côté, il y a le 14 Mars et de l’autre, le 8 Mars, l’un et l’autre groupant dans leur composante toutes les communautés du Liban. Ne pourrait-on pas profiter de cette situation (ubuesque au départ) pour retrouver la vie politique libanaise gérée par deux partis ? Les leaders des partis religieux existants (car il n’y a pas de partis politiques au Liban) accepteront-ils, une fois les problèmes actuels réglés, de se fondre au sein de deux grands partis politiques (tout en exerçant leur hégémonie sur leurs cellules) et de les amener progressivement à accepter les décisions du parti unique, de l’un ou de l’autre ? Amine Gemayel, Hassan Nasrallah, Michel Aoun, Walid Joumblatt, Sleimane Frangié, Dory Chamoun, Samir Geagea, Nabih Berry et la pléthore d’autres partis accepteront-ils de sacrifier toutes ces années de formation de leurs partisans (certains ont plus de 50 ans d’existence) pour les regrouper au sein d’une même formation ? Deux grands partis au Liban qui s’opposeraient en toute démocratie représentative, sans avoir recours à des moyens dissuasifs tels que l’occupation du centre-ville et la paralysie des institutions, et qui pourraient permettre par un dialogue permanent et constructif d’accéder enfin à une République libre et indépendante. N’avons-nous pas, au sein de nos courants politiques, des hommes capables de s’élever au-dessus de leurs intérêts pour faire passer l’intérêt de la nation en priorité ? Ou bien faudrait-il admettre que toutes ces suggestions sont trop avancées encore et qu’il faille attendre que notre maturité politique soit affirmée ? Article paru le mardi 18 décembre 2007
Souffrance de peuples désemparés. Souffrance d’une économie exsangue, qui se débat, alors que les politiciens sont obnubilés par leurs ambitions. Souffrance d’une grande partie de la population, hantée par le gagne-pain, la tentation d’émigrer qui disloque la cellule familiale et dilue la citoyenneté libanaise. Souffrance de membres du 14 et du 8 Mars, soumis sans conviction aux desiderata de leurs leaders.
Il y a quelque temps, j’avais fait éditer un fascicule pour dire qu’une des solutions aux problèmes du Liban consistait à résorber la pléthore des partis existants, en créant deux grands partis politiques. Suivant en cela l’exemple de la France (Parti socialiste et UMP) de l’Amérique (républicains et démocrates), de l’Italie (droite, gauche) et de l’Espagne. Cela pourrait permettre de faire fondre...