Appel à l’opposition
Nous condamnons l’attentat odieux qui a coûté la vie au général Francois el-Hajj, brillant officier, s’il en fut, de notre vaillante armée. Les commanditaires et les exécutants libanais de ce crime sont bien connus. Et dire qu’ils sont les premiers à le condamner et à accuser Israël de l’avoir exécuté.
Il est regrettable de voir certains membres de l’opposition exploiter cet assassinat pour accuser la majorité et le gouvernement d’en être les instigateurs. Nous espérons que cet odieux crime aura une répercussion positive sur l’attitude de l’opposition, qui devrait se raviser et faciliter l’élection du general Michel Sleimane
Hratch TOURIKIAN
Appel au général Sleimane
En cette date anniversaire de l’assassinat de Gebran Tuéni, les ennemis du Liban se sont vengés contre l’armée qui les a écrasés à Nahr el-Bared. Ces mercenaires ont défié toute l’institution militaire en visant le général François el-Hajj. Ils ont voulu montrer qu’ils sont toujours présents et prêts à récidiver suivant les instructions venant de l’extérieur.
Il ne faut pas passer outre ce crime. Il faut réagir avec force pour sauver le pays. Le gouvernement étant paralysé, le Parlement neutralisé et en l’absence d’un président, seule l’armée, en la personne de son chef, le général Michel Sleimane, est notre salut. Il est le seul personnage dont la légitimité n’est pas contestée, qui bénéficie de la confiance du peuple, et que les mouvements des 8 et 14 Mars aussi bien que tous les autres courants politiques sont unanimes à vouloir porter à la plus haute magistrature.
Après tant d’attentats qui ont secoué le pays ces deux dernières années, il faut que le gouvernement, devenu impuissant, démissionne. Dans son état actuel, il ne peut même pas décréter l’état d’urgence, le chef du Parlement ne reconnaissant pas sa légitimité.
On nous a rebattu les oreilles en réclamant un président fort, intègre, souverainiste, libre de ses décisions, n’ayant pas honte de son passé, etc. Ce profil, le general l’a, et tous les Libanais sans conteste sont derrière lui. Alors, qu’attend-il pour sauver le pays ?
Michel BARDAWIL
Honorons leur sacrifice !
Quel sens aurait la mort si elle ne nous apprenait pas la valeur de la vie ? À quoi servirait-elle en effet si nous n’arrivons pas à en sublimer le douloureux flétrissement pour nourrir l’éclosion des bourgeons à venir ?
Tôt sous le froid soleil de ce matin de décembre, le sang a encore été versé pour le Liban. Ainsi en ont témoigné François el-Hajj, jeune et brillant général d’une armée valeureuse, et le sergent-chef Khaïrallah Hadwan qui l’accompagna dans son martyre. Ils sont partis la tête haute et le visage éclairé par la satisfaction du devoir accompli, et le plaisir d’être encore et toujours prêts à répondre à l’appel pour servir la cause de la nation. Une nation vieille comme le monde, dont ils ont choisi de ne pas douter un instant de la splendide beauté. Car malgré tous ses défauts, et nous ne nous lassons jamais de les mettre en exergue, une mère reste toujours dans les yeux de ses enfants l’œuvre la plus merveilleuse que Dieu nous ait offerte.
Il serait prétentieux de croire qu’il y a assez de mots, assez de larmes et d’effusions qui puissent panser les plaies béantes que creusa dans la chair de leurs familles et de la nation, leur mère, l’assassinat lâche de ces héros. Mais dans la foi si profonde qui nous soutient, il reste une seule et vraie consolation que les politiques doivent nous apporter à nous, intimes de nos martyrs, ou tous ceux qui ont ressenti comme la leur la douleur brutale de leur disparition. Il n’y a d’autre remède qui pourrait quelque peu apaiser cette douleur devenue nôtre que la certitude que cet ultime témoignage de l’amour que ces héros nous portaient n’a pas été vain. Qu’il puisse ainsi réduire les fractures qui effritent notre paysage politique et, à travers lui, toutes les composantes d’un peuple inquiet à juste titre pour son avenir. Que nos dirigeants comprennent enfin que leurs querelles, aux suites si funestes, si futiles devant l’immensité des sacrifices consentis, ne peuvent plus durer. S’ils veulent toujours prétendre jouer un rôle, il va falloir que les petites haines et rivalités qui les inspirent soient enfin mises de côté ; et qu’ils aspirent activement à émuler, par une nouvelle attitude et une sincère bonne volonté, l’altruisme de tous nos martyrs, morts ou vivants, connus ou moins célèbres.
Quant à nous, citoyens ordinaires d’un pays qui ne l’est pas, méditons, pour honorer ceux qui ont baptisé de leur sang nos petits 10 452 kilomètres carrés, ces paroles de Martin Luther King : « Il nous faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons périr ensemble comme des imbéciles. »
Wassim HENOUD
Que justice soit faite !
Tu as été assassiné par… Oui, on le devine : par un assassin soucieux de ses intérêts, qui exécute parfaitement les ordres sans tenir compte des dommages causés par ta perte. Dommage pour le Liban qui perd un protecteur fidèle à sa cause, pour l’armée qui perd un général modèle et surtout pour sa famille qui perd tout. Ton cercueil a été enveloppé, comme tant d’autres, par le drapeau si cher à ton cœur, que tu as porté si haut lors des batailles féroces dont tu fus le héros légendaire.
Dans quel pays vivons-nous, pardon, mourrons-nous ? Nous n’avons plus la force de suivre en « live » cette série noire, de subir les refrains calomniateurs, de déplorer, de pleurer. Nos larmes sont taries, mais nos yeux montrent suffisamment notre peine. Pourquoi donc cette obstination à nous qualifier de peuple battant alors que nous sommes abattus ?
Un seul cri après la disparition de notre cher général François el-Hajj : « Que justice soit faite ! » Rien de plus, mais rien de moins !
Daad S. NAFFAH
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