La paix, un rempart contre
les islamistes et l’Iran ?
le 29 novembre 2007 à 00h00
La nouvelle offensive diplomatique américaine pour arriver à conclure une paix au Proche-Orient après 60 ans de conflit est aussi, pour nombre de participants à la conférence d’Annapolis, un moyen de lutter contre l’islamisme mais aussi d’isoler l’Iran.
Lors de la conférence, le président Bush a défendu la thèse que la paix porterait « un coup dévastateur aux forces de l’extrémisme » et que créer un État palestinien libre et démocratique « inspirerait des millions (de gens) à travers le Proche-Orient ». Une thèse également défendue par le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. M. Bush n’a pas nommé l’Iran, mais les États-Unis dénoncent régulièrement l’influence – à leurs yeux – néfaste de Téhéran. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, a également insisté à Annapolis sur la nécessité de faire la paix pour éradiquer les extrémistes. « La stagnation dans le processus de paix n’a fait que rendre plus séduisantes les idéologies extrémistes. Les sentiments de désespoir et la frustration ont atteint un niveau dangereusement élevé (...) Il est temps de mettre un terme à ce conflit et de permettre aux gens de détourner leur énergie de la guerre et de la destruction pour la consacrer à la paix et au développement », a-t-il déclaré. Il n’a pas cité nommément l’Iran, mais Ryad, comme de nombreux pays arabes, a souvent fait part de son inquiétude face à l’influence de Téhéran. Son soutien au Hamas ou au Hezbollah fait craindre, aux autres pays de la région, que cela ne déstabilise encore une situation déjà fort précaire.
Toutefois, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a rejeté hier tout lien entre Annapolis et l’Iran. Interrogé pour savoir si les Arabes avaient accepté de venir aux États-Unis car ils avaient peur de l’Iran, il a répondu : « Je ne crois pas à cette hypothèse (...), ceci n’a rien à voir avec l’Iran et je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que toute cette histoire (d’Annapolis) est une sorte de mobilisation contre l’Iran. » Mais pour Tamara Cofman Wittes, spécialiste de la région au centre de recherche Saban Center for Middle East Policy, le processus de paix encouragé par M. Bush « crée une sorte de rempart contre l’influence de l’Iran » dans la région, dans les territoires palestiniens et « peut-être aussi au Liban ». De plus « cela exerce une pression supplémentaire sur la Syrie pour qu’elle ne sorte pas du giron des pays arabes et du consensus arabe en faveur de négociations israélo-palestiniennes. Cela pourrait aussi pousser la Syrie à corseter le Hamas et le Hezbollah », a-t-elle souligné. Mais elle s’inquiète aussi de ce que le processus de paix ne souffre parce qu’il est fondé sur quelque chose de négatif : la peur de l’extrémisme.
La nouvelle offensive diplomatique américaine pour arriver à conclure une paix au Proche-Orient après 60 ans de conflit est aussi, pour nombre de participants à la conférence d’Annapolis, un moyen de lutter contre l’islamisme mais aussi d’isoler l’Iran.
Lors de la conférence, le président Bush a défendu la thèse que la paix porterait « un coup dévastateur aux forces de l’extrémisme » et que créer un État palestinien libre et démocratique « inspirerait des millions (de gens) à travers le Proche-Orient ». Une thèse également défendue par le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. M. Bush n’a pas nommé l’Iran, mais les États-Unis dénoncent régulièrement l’influence – à leurs yeux – néfaste de Téhéran. Le ministre saoudien...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.