Lassana Diarra est l’homme de tous les paradoxes : alors qu’il joue très peu à Arsenal cette saison, il continue à être appelé en équipe de France, où, autre particularité, il est souvent utilisé comme latéral droit alors que son vrai poste est milieu défensif.
Lors de ses cinq titularisations (en sept sélections), il a joué les deux premières fois à son poste naturel au milieu (en l’absence de Vieira, blessé) et les trois dernières fois comme latéral droit, à la place de Sagnol, également blessé.
« Si vous regardez la liste à l’annonce des sélections, je suis dans les milieux, dans la tête du sélectionneur, je suis milieu, je le resterai, c’est mon poste », plaisante d’abord le jeune homme de 22 ans, clone de Makelele (1,72 m, 73 kg), son modèle.
« Le sélectionneur m’utilise comme arrière droit car il pense que je peux le faire, et c’est avec plaisir que je le fais, mais milieu, c’est là où je joue mon meilleur football, tous les entraîneurs le savent », assène-t-il.
« La polyvalence, quand on est jeune, ça sert beaucoup, mais il arrive à un moment où il va falloir se fixer... », avance-t-il d’abord, avant de nuancer : « Tant que je joue... »
En équipe de France, Thuram et Gallas, avant d’être fixés dans l’axe de la défense, avaient eux aussi connu des expériences sur un côté.
« Ça va se régler bientôt »
Diarra avoue parfois en discuter « avec William (Gallas) », mais s’empresse de mettre fin à ce débat : « Je pense qu’en sélection, dans le futur, je jouerai au milieu. » Mais jouera-t-il et où, face au Maroc ce soir en amical et en Ukraine mercredi en qualification de l’Euro ?
Reste qu’il est tout aussi affirmatif concernant son temps de jeu famélique avec Arsenal : « Ma situation va se régler très rapidement ». Il vaudrait mieux, car cette saison, ses seules apparitions en championnat anglais se résument à deux matchs comme remplaçant pour une demi-heure de jeu au total !
En a-t-il parlé directement avec Venger ? A-t-il obtenu des promesses ? A-t-il un autre arrangement en tête ? Le joueur n’en dira pas plus.
« Avec Arsenal, on est premiers, au milieu ça joue bien, le coach (Arsène Wenger) a tout pour lui, je n’ai rien à revendiquer », dédramatise-t-il.
« Pour Lassana, c’est sûr qu’à la longue, on ne peut pas être éternellement remplaçant », avait indiqué Raymond Domenech mardi. « Que le sélectionneur s’inquiète car je ne suis pas titulaire en club, c’est normal, reconnaît Diarra. C’est une sorte de compte à rebours. Avec Domenech, on en a parlé brièvement et il sait que ça va se régler. »
« L’habitude
de ces situations »
Diarra est aussi confiant dans sa forme physique : « On ne me voit pas souvent, mais je travaille bien en club, j’ai l’habitude de ces situations. » En effet, Diarra avait connu la même mésaventure en passant du Havre à Chelsea à l’été 2005.
Les premiers mois avaient été très durs. Il ne jouait pas, avait été sanctionné pour un retard à l’entraînement, et avait même voulu quitter les « Blues ». Puis il était devenu « le petit protégé de Mourinho », selon ses mots.
Puis cet été, il a donc quitté Chelsea, où son temps de jeu avait recommencé à fléchir, pour Arsenal, où il n’est pas loin de la copie blanche. « Je n’ai aucun regret, je suis en équipe de France, lance-t-il. J’ai signé à Arsenal avec une grosse envie, mais le collectif passe d’abord. »
Diarra ne panique pas. Son passé l’a endurci. Deux centres de formation – Nantes et Le Mans – ne l’avaient pas gardé et il avait été un an et demi sans jouer. Et le 8 septembre dernier, il crevait l’écran sous les yeux du monde entier à San Siro avec la France face à l’Italie dans le sommet des éliminatoires de l’Euro. Qui sait ce que lui réserve encore l’avenir ?
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Lors de ses cinq titularisations (en sept sélections), il a joué les deux premières fois à son poste naturel au milieu (en l’absence de Vieira, blessé) et les trois dernières fois comme latéral droit, à la place de Sagnol, également blessé.
« Si vous regardez la liste à l’annonce des sélections, je suis dans les milieux, dans la tête du sélectionneur, je suis milieu, je le resterai, c’est mon poste », plaisante d’abord le jeune homme de 22 ans, clone de Makelele (1,72 m, 73 kg), son modèle.
« Le sélectionneur m’utilise comme...