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Angleterre : l’invasion étrangère montrée du doigt

L’Angleterre, qui contemple la perspective d’une élimination de l’Euro 2008 dès ce week-end, impute ce fiasco à l’invasion par les joueurs étrangers de son championnat et même de ses centres de formation. Quand la nouvelle formule de la Premier League a été lancée en 1992, trois joueurs du championnat sur quatre étaient anglais. Ils sont aujourd’hui un sur trois. À l’inverse, depuis qu’Owen Hargreaves et David Beckham ont quitté le Bayern et le Real, aucun international anglais ne joue dans un grand club du continent. Le sélectionneur Steve McClaren a récemment regretté de n’avoir vu que 38 de ses compatriotes fouler les pelouses du championnat lors de la précédente journée. De plus en plus de voix, parfois influentes comme celle d’Alex Ferguson, s’élèvent pour demander des quotas de joueurs nationaux. D’autant que ce mouvement n’épargne pas la formation. Dans les académies de première division, ils sont une centaine de jeunes pousses achetées à l’étranger. Le président de l’UEFA, Michel Platini, y voit une raison suffisante pour ne pas faire montre d’un enthousiasme démesuré devant la candidature anglaise pour le Mondial 2018. « Où sont les joueurs d’Angleterre, où sont les clubs d’Angleterre ? Avec six clubs américains, deux clubs russes, où est votre identité ? Je n’aime pas ça, mais ce n’est pas mon problème. C’est votre problème et celui du Parlement » britannique, a déclaré le Français à la BBC. Wenger au centre des critiques « Avec cette masse d’argent qui se déverse sur la Premier League, les clubs peuvent recruter dans le monde entier (...) Cela signifie que la formation n’est plus une priorité au moment où on a un problème considérable sur l’absence d’opportunités offertes aux jeunes joueurs », explique Howard Wilkinson, président de l’Association des entraîneurs anglais. La question interpelle jusqu’au gouvernement, qui a entamé une réflexion avec la Premier League. L’entraîneur de Reading Steve Coppell a récemment jugé qu’une équipe comme Arsenal représentait un « danger » pour le football national. Son homologue des Gunners, Arsène Wenger, est en effet l’incarnation parfaite du malaise. Le club londonien ne compte que six Anglais dans son effectif professionnel, dont un seul, Theo Walcott, sans être encore un titulaire naturel, fait des apparitions régulières. La défense du Français ne le réconciliera pas avec ses détracteurs : « Entre 1966 (NDLR : année du seul titre anglais, le Mondial) et 1996 (NDLR : date de son arrivée), vous avez eu 30 ans sans joueur étranger et vous n’avez rien gagné. » Mais il reçoit le soutien inattendu du responsable de la formation à la fédération, Trevor Brooking : « Tout le monde blâme les étrangers de la même manière que la société aime imputer tous ses maux à l’immigration. » Mais « si vous regardez nos résultats depuis 40 ans, ils ne sont pas particulièrement brillants. » Derrière l’argument se cache une vérité difficile à entendre : invasion étrangère ou pas, à l’exception de son titre mondial de 1966, la nation qui a inventé le football n’en a jamais été une grande puissance, avec trois demi-finales perdues pour seuls autres faits d’arme (1930 au Mondial, et 1968 et 1996 à l’Euro). Plus que la déprime actuelle et une éventuelle absence de l’Euro, l’accident de l’histoire semble bien être le jour de gloire de Wembley.
L’Angleterre, qui contemple la perspective d’une élimination de l’Euro 2008 dès ce week-end, impute ce fiasco à l’invasion par les joueurs étrangers de son championnat et même de ses centres de formation.
Quand la nouvelle formule de la Premier League a été lancée en 1992, trois joueurs du championnat sur quatre étaient anglais. Ils sont aujourd’hui un sur trois. À l’inverse, depuis qu’Owen Hargreaves et David Beckham ont quitté le Bayern et le Real, aucun international anglais ne joue dans un grand club du continent.
Le sélectionneur Steve McClaren a récemment regretté de n’avoir vu que 38 de ses compatriotes fouler les pelouses du championnat lors de la précédente journée.
De plus en plus de voix, parfois influentes comme celle d’Alex Ferguson, s’élèvent pour demander des quotas de joueurs...