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Les escrocs présumés de la billetterie du Mondial 98 en procès

Plus de 30 000 supporteurs floués, des millions d’euros escroqués à des tours-opérateurs étrangers : dix ans après les faits, le tribunal correctionnel de Paris a enfin pu se pencher hier sur la retentissante escroquerie de la billetterie de la Coupe du monde organisée en France en 1998. Le parquet devrait prendre ses réquisitions cet après-midi et le procès s’achever dans la soirée. L’enquête judiciaire s’était achevée en juin 2001, mais, depuis, le dossier s’est embourbé dans des questions procédurales. Alors qu’une dizaine de personnes avaient été mises en examen, seuls quatre prévenus comparaissaient hier à la barre, les autres ayant bénéficié depuis de non-lieux. Dix ans après les faits, le dossier semblait avoir quelque peu perdu en substance. Pourtant, l’affaire avait fait grand bruit à l’époque : des milliers de supporteurs, notamment japonais, belges, néerlandais et brésiliens, victimes d’aigrefins, s’étaient vu privés des billets qu’ils avaient achetés pour assister aux rencontres. Deux jours après le lancement de la compétition, le 10 juin 1998, les plaintes s’étaient accumulées, provenant de toute une pléiade de sociétés étrangères qui avaient payé des billets, mais n’avaient pas été livrées et ne pouvaient remettre les billets à leurs clients. Leurs plaintes visaient la société de marketing sportif ISL-France, filiale d’ISL-Worldwide, le partenaire commercial de la Fédération internationale (FIFA) pour le Mondial 98. La justice reproche à l’ex-directeur général d’ISL-France, Marc Loison, d’avoir vendu 500 billets, sur un total de 6 000 billets acquis par ISL-Worldwide auprès du comité français d’organisation, et qui devaient être offerts en cadeau par ISL-France à certains de ses gros clients. Or, les statuts d’ISL-France interdisaient toute vente de billets. Hier après-midi, le tribunal s’est concentré sur le second volet de l’escroquerie, plus important au regard du nombre de supporteurs floués. Il concerne l’homme d’affaires Gilles Favard et porte sur la vente de billets à des tours-opérateurs étrangers, pour la plupart japonais. Évoluant dans le milieu du football et présenté à l’époque comme « consultant indépendant » pour ISL-France, M. Favard avait acheté des billets qui ne trouvaient pas preneurs à la Fédération colombienne, ainsi qu’au marché noir, afin de les revendre ensuite à des tours-opérateurs japonais. Il avait indûment utilisé du papier à en-tête d’ISL-France et enregistré des commandes de billets à des prix pouvant aller jusqu’à cinq fois le tarif officiel. Mais une grande partie des billets n’étaient jamais arrivés à destination.
Plus de 30 000 supporteurs floués, des millions d’euros escroqués à des tours-opérateurs étrangers : dix ans après les faits, le tribunal correctionnel de Paris a enfin pu se pencher hier sur la retentissante escroquerie de la billetterie de la Coupe du monde organisée en France en 1998.
Le parquet devrait prendre ses réquisitions cet après-midi et le procès s’achever dans la soirée.
L’enquête judiciaire s’était achevée en juin 2001, mais, depuis, le dossier s’est embourbé dans des questions procédurales.
Alors qu’une dizaine de personnes avaient été mises en examen, seuls quatre prévenus comparaissaient hier à la barre, les autres ayant bénéficié depuis de non-lieux.
Dix ans après les faits, le dossier semblait avoir quelque peu perdu en substance. Pourtant, l’affaire avait fait grand bruit à...