Diplomatie
L’ombre de Ben Barka perturbe
la visite de Sarkozy au Maroc
le 24 octobre 2007 à 00h00
L’affaire jamais élucidée de la disparition du leader de la gauche marocaine Mehdi Ben Barka, qui a longtemps empoisonné les relations entre Paris et Rabat, a rejailli avec force lors de la visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc. Alors qu’il venait d’arriver lundi à Marrakech pour une visite d’État de trois jours, une chaîne de télévision française annonçait que le juge d’instruction chargé du dossier de la disparition, en 1965 à Paris, de l’opposant marocain venait de signer cinq mandats internationaux dont l’un vise notamment le puissant chef de la gendarmerie royale. « Le juge a signé les mandats la semaine dernière, mais bien sûr que la date de l’annonce a été choisie à dessein pour coïncider avec la visite de Sarkozy », a affirmé hier à l’AFP Me Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka depuis 42 ans. Cette annonce a plongé dans l’embarras la délégation française. M. Sarkozy a déclaré que la justice était « indépendante ». Rachida Dati, ministre française de la Justice, s’est montrée aussi circonspecte. « Les Marocains ne m’en ont pas parlé. Je n’ai pas de commentaires à faire car c’est une affaire en cours d’instruction », a-t-elle dit. En revanche, les Marocains ont manifesté leur agacement. « On a voulu gâcher la fête que représentait la visite de Sarkozy mais nous sommes habitués à ce que certains veuillent troubler l’excellence des relations entre les deux pays », a indiqué à l’AFP une source proche du ministère marocain de la Justice. « Le Maroc réagira en temps opportun et n’a rien à cacher dans cette affaire », a ajouté cette source.
Concernant la visite proprement dite de M. Sarkozy, ce dernier a annoncé, hier à Rabat, sa volonté d’organiser en 2008 une nouvelle conférence euro-africaine sur l’immigration. « J’ai l’intention de poursuivre ce grand chantier dans le cadre de la présidence française de l’UE au deuxième semestre 2008 en organisant une deuxième conférence euro-africaine sur le modèle de la conférence de Rabat », a-t-il affirmé devant le Parlement marocain. M. Sarkozy a jugé « essentiel d’améliorer la gestion concertée des flux légaux de personnes entre les deux rives de la Méditerranée », estimant que la première conférence « avait ouvert une nouvelle ère dans l’histoire des migrations ». La première réunion, tenue à Rabat en 2006, avait réuni 57 pays européens et africains. Elle avait adopté un plan d’action portant sur le contrôle de l’immigration clandestine, le codéveloppement dans les pays d’origine et l’organisation de l’immigration légale. Réagissant aussitôt à l’annonce de M. Sarkozy, la Commission européenne a demandé aux autorités françaises de « clarifier » leurs propositions. Sur le conflit du Sahara occidental, M. Sarkozy a qualifié le projet marocain de « sérieux et crédible ». « Le plan d’autonomie marocain existe, il est sur la table et il constitue un élément nouveau de proposition après des années d’impasse », a-t-il dit.
L’affaire jamais élucidée de la disparition du leader de la gauche marocaine Mehdi Ben Barka, qui a longtemps empoisonné les relations entre Paris et Rabat, a rejailli avec force lors de la visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc. Alors qu’il venait d’arriver lundi à Marrakech pour une visite d’État de trois jours, une chaîne de télévision française annonçait que le juge d’instruction chargé du dossier de la disparition, en 1965 à Paris, de l’opposant marocain venait de signer cinq mandats internationaux dont l’un vise notamment le puissant chef de la gendarmerie royale. « Le juge a signé les mandats la semaine dernière, mais bien sûr que la date de l’annonce a été choisie à dessein pour coïncider avec la visite de Sarkozy », a affirmé hier à l’AFP Me Maurice Buttin, avocat de la...
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