Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, a ravivé les inquiétudes sur le dollar hier en estimant qu’il existait un risque de « chute brutale » du billet vert.
« Jusqu’à présent, les fluctuations des taux de change sont restées ordonnées et conformes aux paramètres fondamentaux », a déclaré M. Rato devant le conseil des gouverneurs du FMI.
Mais « le risque d’une chute brutale du dollar existe – que cette chute soit la conséquence ou la cause d’une perte de confiance dans les actifs libellés dans la monnaie américaine », a-t-il averti dans l’un de ses derniers discours avant qu’il ne quitte son poste à la fin du mois.
Certains analystes jugent que M. Rato a ainsi reconnu un état de fait indéniable.
« Tout le monde sait qu’il y a un risque de chute, M. Rato a juste formulé ce qui est évident », note David Solin, analyste chez Foreign Exchange Analytics, en soulignant que le responsable « va bientôt quitter son poste ».
Le dollar a durement souffert de la crise financière de l’été et de la perte de confiance dans les perspectives de croissance aux États-Unis. Alors qu’il s’effritait lentement mais sûrement depuis 2002, il a vu sa dépréciation s’accélérer ces dernières semaines.
M. Rato a résumé le sentiment général : « Nous nous attendons à un ralentissement de la croissance » aux États-Unis. La faute au fléchissement du marché immobilier et aux problèmes liés aux crédits hypothécaires à risque, qui sont devenus le risque numéro un pour la première économie mondiale.
Face à cette menace, les analystes sont nombreux à parier que la Banque centrale américaine (Fed) va devoir de nouveau baisser ses taux d’intérêt fin octobre. Le principal taux a déjà été baissé de 0,5 point à la mi-septembre pour être ramené à 4,75 %.
Une nouvelle baisse diminuerait le rendement des placements faits en dollars et aurait tendance à faire fuir les capitaux, d’où une nouvelle dépréciation du billet vert.
L’euro a encore amélioré son record hier à 1,4347 dollar, avant de refluer en cours de journée, le dollar retrouvant quelque peu son statut de valeur refuge, comme c’est généralement le cas face aux incertitudes boursières.
Mais à terme, tout plaide pour de nouvelles baisses du billet vert : le FMI avait estimé la semaine dernière que la monnaie américaine restait surévaluée par rapport aux fondamentaux économiques.
Les ministres des finances du G7, réunis vendredi à Washington, ont aussi décerné un satisfecit implicite à la situation actuelle en répétant leur souhait que les taux « reflètent les fondamentaux économiques ».
C’est une victoire pour les États-Unis, qui se satisfont très bien d’une monnaie dévaluée tant qu’elle ne chute pas d’un coup, et le font savoir en répétant leur politique ambiguë de « dollar fort », mais « reflétant les fondamentaux économiques ».
« Vu le manque d’action concrète du G7 sur le dollar, l’intensification de la spéculation sur une baisse des taux d’intérêt aux États-Unis suffira à faire baisser le dollar encore plus dans les jours à venir», a estimé Mitul Kotecha de la banque Calyon.
Du côté des Européens, le laisser-faire du G7 est une déception alors que certains d’entre eux espéraient un geste permettant d’enrayer l’appréciation de leur monnaie face au dollar.
Dans son discours hier, M. Rato a cependant reconnu à mi-mots que l’Europe risquait de pâtir de la forte appréciation de sa monnaie. « Il se peut aussi que les perspectives de croissance des pays qui ont opté pour un taux de change flexible – y compris dans la zone euro – soient compromises par l’appréciation de leur monnaie », a-t-il affirmé.
Et il n’a pas exclu que « dans ces conditions, les pressions protectionnistes s’intensifient ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, a ravivé les inquiétudes sur le dollar hier en estimant qu’il existait un risque de « chute brutale » du billet vert.
« Jusqu’à présent, les fluctuations des taux de change sont restées ordonnées et conformes aux paramètres fondamentaux », a déclaré M. Rato devant le conseil des gouverneurs du FMI.
Mais « le risque d’une chute brutale du dollar existe – que cette chute soit la conséquence ou la cause d’une perte de confiance dans les actifs libellés dans la monnaie américaine », a-t-il averti dans l’un de ses derniers discours avant qu’il ne quitte son poste à la fin du mois.
Certains analystes jugent que M. Rato a ainsi reconnu un état de fait indéniable.
« Tout le monde sait qu’il y a un risque de chute, M....