Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Mais où est donc d’Artagnan ?

Merci l’Europe, merci la France, l’Italie et l’Espagne, merci Bernard Kouchner, Massimo D’Alema, Miguel Ángel Moratinos. Merci d’avoir réinsufflé l’espoir dans nos cœurs, dissipé certaines de nos appréhensions, confirmé que le Liban ne sera pas abandonné, livré aux forces de l’obscurantisme, au terrorisme aveugle. Vingt-quatre heures durant, les « trois mousquetaires », qualificatif que leur ont octroyé leurs pairs européens, ont martelé le même message : la paix au Proche-Orient commence par le Liban, un Liban libre, souverain, indépendant, un État de droit qui sera donné en exemple aux pays de la région, qui prouvera à ses proches et lointains voisins que les conflits peuvent être réglés à l’amiable, que les guerres ne sont pas une fatalité. Passage obligé : l’élection présidentielle, celle qui permettra de préserver les institutions démocratiques, de bloquer la voie aux aventures les plus folles, aux dérives les plus criminelles. Merci Bernard Kouchner, Massimo D’Alema, Miguel Ángel Moratinos pour l’affection, pour l’amour que vous portez au Liban martyrisé, merci pour les mots magnifiques prononcés à Naqoura et répétés à la Résidence des Pins, merci pour ces sentiments qui vous honorent et qui transcendent les considérations politiques ou sécuritaires, celles-là mêmes qui piègent le pays du Cèdre dans le jeu cruel des puissances régionales. Langage du cœur mais aussi de la raison, celui qui devrait dessiller les yeux, conduire tous les protagonistes sur le chemin de l’accord, de l’entente salutaire. Le message a-t-il été entendu, est-il parvenu à briser les carcans de l’incompréhension, les arcanes de la méfiance ? De Bkerké à la Résidence des Pins, du siège patriarcal au site qui a témoigné de la naissance du Liban indépendant, un même dialogue s’est instauré. À huis clos, au niveau du deuxième rang dans le premier cas, en grande pompe, au niveau des ténors dans le second cas, un début prometteur, encourageant aux dires de la troïka européenne. « On ne s’insulte plus », a remarqué Kouchner, un brin ironique, et c’est déjà énorme. Il est vrai qu’à ce jour, le discours politique a volé bien bas, reflétant la petitesse, l’arrogance des uns, la volonté des autres de couper court à toute velléité de retrouvailles. Trop tard donc pour la réunion de demain place de l’Étoile, mais nullement trop tard pour un accord avant le 24 novembre. Telle est la conclusion qu’on peut tirer des contacts entrepris au Liban par les émissaires européens, une mission historique à plus d’un titre parce que l’expression d’un engagement ferme, irréversible. Qu’il s’agisse de l’État libanais, de ses instances légales et démocratiques ou de la Force des Nations unies, bouclier protecteur du Liban-Sud, l’appui international ne fera pas défaut. Cela a été dit et redit, asséné avec force au cours de l’escale beyrouthine. Mais une hirondelle ne fait évidemment pas le printemps, et la balle, aujourd’hui, reste aux mains des leaderships libanais. Par-delà les amitiés transfrontalières, les influences, les pressions externes, la décision, le verdict ne peuvent être, ne doivent être que libanais. C’est à cette seule condition que l’État de droit pourra être préservé. Mais le temps presse : plus qu’un mois pour les concessions, pour les sacrifices réciproques, plus qu’un mois pour le choix d’un président fort « fabriqué au Liban ». Samedi, à Beyrouth, Athos, Porthos et Aramis étaient désespérément à la recherche de l’incontournable d’Artagnan. Égaré entre Bkerké, Aïn el-Tiné, le Sérail, Rabieh et Dahié, il n’a même pas montré le bout de son nez. Plaise au ciel qu’il fasse son apparition avant le 24 novembre. Baabda sera alors conquis sans coup férir. Nagib AOUN
Merci l’Europe, merci la France, l’Italie et l’Espagne, merci Bernard Kouchner, Massimo D’Alema, Miguel Ángel Moratinos. Merci d’avoir réinsufflé l’espoir dans nos cœurs, dissipé certaines de nos appréhensions, confirmé que le Liban ne sera pas abandonné, livré aux forces de l’obscurantisme, au terrorisme aveugle.
Vingt-quatre heures durant, les « trois mousquetaires », qualificatif que leur ont octroyé leurs pairs européens, ont martelé le même message : la paix au Proche-Orient commence par le Liban, un Liban libre, souverain, indépendant, un État de droit qui sera donné en exemple aux pays de la région, qui prouvera à ses proches et lointains voisins que les conflits peuvent être réglés à l’amiable, que les guerres ne sont pas une fatalité.
Passage obligé : l’élection présidentielle,...