À moins de quarante jours de l’expiration du mandat du président Émile Lahoud, le flou reste total. Aucune partie n’est aujourd’hui en mesure de dire ce qui va se passer le 24 novembre, car apparemment, il existe plus d’un joueur et beaucoup d’inconnues. À ce stade, trois scénarios sont le plus souvent évoqués. D’abord, sur la base de la double initiative de Bkerké et du président Berry, que les parties s’entendent sur un président de compromis qui soit en mesure d’assurer une transition sans heurts et sans qu’aucune partie ne se sente vaincue... ou victorieuse. Toutefois, selon une source de l’opposition, les chances de ce scénario ne sont pas très grandes, d’autant que jusqu’à présent, la majorité n’accepte une entente que sur l’un de ses deux candidats, Boutros Harb ou Nassib Lahoud. Donc, poursuit cette source, à moins d’un changement radical dans les positions de la majorité, ce scénario, pour qu’il réussisse, a besoin, comme l’a souligné le patriarche Sfeir, d’une intervention divine.
Le deuxième scénario consiste dans la formation d’un gouvernement d’union en cas d’échec de l’entente sur un président. Ce gouvernement aurait un rôle transitoire avec pour mission d’organiser des élections législatives sur la base d’une nouvelle loi électorale, dont l’issue permettrait de procéder à l’élection d’un nouveau président. Ce scénario aurait l’avantage de reporter de quelques mois l’élection d’un président pour un mandat de six ans, en attendant que les développements régionaux et internationaux se décantent. Mais la source de l’opposition reste convaincue que ce scénario n’a pas beaucoup de chances d’aboutir, la revendication d’un gouvernement d’union étant perçue comme une idée de l’opposition et, par conséquent, elle est rejetée par la majorité.
Reste le troisième scénario, qui, selon la source de l’opposition, a hélas le plus de chances de se produire. Il s’agirait, pour la majorité, d’élire un président à la majorité plus une des voix des députés, ou en tout cas de procéder à une élection unilatérale de la part de la majorité. Selon la source de l’opposition, toutes les démarches de la majorité, notamment les lettres adressées à la communauté internationale, dans laquelle la majorité réclame des garanties pour la tenue de l’élection présidentielle, vont dans le sens de l’application de ce scénario. Les déclarations du chef du PSP s’inscrivent aussi dans ce cadre, estime la source de l’opposition. Selon cette source, si ce scénario se produit, la balle sera dans le camp du président de la Chambre, car c’est à lui que revient la mission d’annoncer l’élection d’un nouveau président de la République par le Parlement. D’autant, ajoute la source, que la légitimité du président Nabih Berry est reconnue par tous, et si elle était remise en cause, c’est l’ensemble du Parlement qui le serait.
Selon la même source de l’opposition, Berry se verrait alors dans l’obligation de déclarer l’élection du président par les seules voix de la majorité nulle et non avenue, et il demanderait au président actuel de ne pas procéder à une passation des pouvoirs. C’est à ce moment, estime la source de l’opposition, que la situation va se compliquer. Lahoud, ajoute-t-elle, qui avait à maintes reprises affirmé qu’il serait préférable de ne pas attendre la dernière minute pour agir, se verra dans l’obligation de choisir une des options qui sont à sa disposition selon les études constitutionnelles en sa possession. Il devrait toutefois, selon la source opposante, faire son choix en tenant compte des circonstances dans lesquelles se sera déroulée l’élection unilatérale effectuée par la majorité et surtout après avoir procédé à des concertations avec les pôles de l’opposition, ainsi qu’avec Bkerké et d’autres forces dans le pays. La source ajoute que s’il devait par exemple décider de former un gouvernement de transition, le choix des personnalités chrétiennes en mesure de présider un tel gouvernement serait limité. Il s’agirait aussi de définir la participation des pôles de l’opposition à ce gouvernement : Berry ainsi que Aoun et Frangié sont-ils prêts à y déléguer des ministres, ?
Lahoud peut aussi choisir de confier les rênes du pouvoir à l’armée pour éviter ce qu’il considère comme une vacance du pouvoir, car, pour lui, le gouvernement Siniora dans sa forme actuelle est illégal et l’élection unilatérale d’un président aura été considérée comme nulle par le chef du Parlement. Ce scénario a ses avantages et ses inconvénients, et il repose sur l’acceptation du commandant de l’armée qui, pour l’instant, exige l’aval de toutes les parties pour assumer de nouvelles responsabilités. Enfin, estime la source de l’opposition, Lahoud pourrait décider de miser sur le principe de la continuité du pouvoir pour rester à Baabda en attendant une élection validée de son successeur.
Dans tous les scénarios, qui restent d’ailleurs imprécis, l’opposition sera placée devant des choix cruciaux puisque, selon la source opposante, c’est de sa position que dépendra la suite des développements au Liban. Pour l’instant, aucun plan définitif ne semble encore avoir été adopté comme si, malgré tout, chacun préfère penser que les choses vont s’arranger...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À moins de quarante jours de l’expiration du mandat du président Émile Lahoud, le flou reste total. Aucune partie n’est aujourd’hui en mesure de dire ce qui va se passer le 24 novembre, car apparemment, il existe plus d’un joueur et beaucoup d’inconnues. À ce stade, trois scénarios sont le plus souvent évoqués. D’abord, sur la base de la double initiative de Bkerké et du président Berry, que les parties s’entendent sur un président de compromis qui soit en mesure d’assurer une transition sans heurts et sans qu’aucune partie ne se sente vaincue... ou victorieuse. Toutefois, selon une source de l’opposition, les chances de ce scénario ne sont pas très grandes, d’autant que jusqu’à présent, la majorité n’accepte une entente que sur l’un de ses deux candidats, Boutros Harb ou Nassib Lahoud. Donc,...