Le château du Belvédère inférieur à Vienne retrace, depuis mercredi et jusqu’au 13 janvier, 80 ans d’échanges artistiques intenses entre Vienne et Paris dans une exposition de plus de 300 œuvres d’art moderne d’une centaine de peintres et sculpteurs.
Intitulée « Vienne-Paris : Van Gogh, Cézanne et les modernes autrichiens 1880-1960 », l’exposition se conçoit comme « un système de vases communicants » entre ce qui s’est fait dans les deux capitales, a souligné Matthias Boeckl, l’un de ses deux responsables.
Les salles baroques fraîchement rénovées de l’ancienne résidence d’été du XVIIIe siècle du prince Eugène de Savoie présentent en 15 chapitres côte à côte des tableaux entre autres de Gustav Klimt et Vincent Van Gogh, Carl Schuch et Paul Cézanne, Josef Engelhart et Henri de Toulouse-Lautrec ou encore des marbres de Rodin et Gustinus Ambrosi.
« Nous avons voulu retracer la liaison artistique intense entre ces deux métropoles européennes », a précisé Matthias Boeckl soucieux, avec sa collègue Agnes Husslein, de conférer aux Autrichiens la place qui leur revient dans la création internationale de cette époque.
Sur les plus de 300 tableaux, une quarantaine proviennent de la collection du Belvédère, notamment les Klimt et les Van Gogh qui sont habituellement exposés dans le château supérieur séparé de l’inférieur par un ensemble de jardins à la
française.
Une autre quarantaine d’œuvres ont été prêtées par des musées français : le Musée d’Orsay, le Centre Georges Pompidou et les musées d’art moderne de Paris, Grenoble, Rennes, St-Tropez et St-Étienne.
L’inspiration des milieux artistiques parisiens sur les modernes autrichiens de la fin du XIXe et première moitié du XXe siècle apparaît indéniable. Bon nombre de peintres et sculpteurs autrichiens se sont d’ailleurs installés plus ou moins longtemps sur les bords de la Seine.
L’exposition commence par un petit tour dans la région parisienne avec l’école de Barbizon, nom d’une colonie de peintres amoureux de la nature qui s’était formée dans la bourgade éponyme vers 1850 autour de Théodore Rousseau, Camille Corot et Charles-François Daubigny.
Les Autrichiens Carl Schuch, Theodor von Herman et Tina Blau invitent à une flânerie dans les Jardins des Tuileries ou les rues de Paris, voire sur un marché de Vienne (peint par von Herman en 1895) où règne la même ambiance feutrée que sur la place du Théâtre de Paris peinte en 1898 par Camille Pissarro.
Parmi les impressionnistes, les jeux d’ombres et de lumières du Jardin de Giverny de Claude Monet (1902) se reflètent dans les Allées fleuries du Parc de Grafenegg d’Olga Wisinger-Florian (1904).
La vie nocturne de Montmartre, qui a particulièrement inspiré Edgar Degas et Henri de Toulouse-Lautrec, est devenue une source importante pour les modernes autrichiens, à commencer par Josef Engelhart, qui a séjourné à Paris en 1892-1893, comme en témoignent les tableaux des trois artistes.
Engelhart, qui avait noué des liens étroits avec Toulouse-Lautrec, avait réussi à le convaincre de participer avec d’autres Français à la première grande exposition en 1898 de la Sécession, le groupe d’avant-gardistes viennois de l’époque.
Chez les Fauves, les similitudes du trait entre Robert Delaunay et Koloman Moser ou encore les atmosphères chaleureuses partagées par les peintures de Georges Braque et celles d’Helene Funke et Helene von Taussig, deux inconnues en dehors de l’Autriche, sont frappantes.
Enfin, dans une toute petite salle, un marbre géant représentant deux mains enlaçant un petit corps d’homme nu, intitulé L’homme et le destin, de Gustinus Ambrosi tient largement la comparaison avec les Rodin qui l’entourent.
Gabrielle GRENZ (AFP)
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Intitulée « Vienne-Paris : Van Gogh, Cézanne et les modernes autrichiens 1880-1960 », l’exposition se conçoit comme « un système de vases communicants » entre ce qui s’est fait dans les deux capitales, a souligné Matthias Boeckl, l’un de ses deux responsables.
Les salles baroques fraîchement rénovées de l’ancienne résidence d’été du XVIIIe siècle du prince Eugène de Savoie présentent en 15 chapitres côte à côte des tableaux entre autres de Gustav Klimt et Vincent Van Gogh, Carl Schuch et Paul Cézanne, Josef Engelhart et Henri de...