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Actualités - Chronologie

« Nous voulons vivre et aimer... »

Peu après la marche, la famille Chikhani a été reçue au Sérail par le Premier ministre Fouad Siniora en présence de plusieurs ministres. La délégation a remis à M. Siniora une lettre poignante, signée « les amis de Charles Chikhani » : « (...) Nous rejetons désormais avec rage et fermeté que l’un de nous tombe arbitrairement, parce que le martyre au Liban est un concept vide de sens. Nous, jeunes du Liban, ne croyons plus en cette mort gratuite qui n’offre pas une vie meilleure pour le Liban. Messieurs les responsables, ce cirque qui se déroule au Liban nous a conduits à nous poser des questions sur notre appartenance, à tel point que nous avons désormais honte de cette dernière (...). « Nous, les amis de Charles, les jeunes du Liban, rejetons la violence et avons foi dans l’amour, le pardon, même s’ils nous font mal. Nous aspirons à la sincérité, aux principes tracés et vécus par nos ancêtres. Ne nous poussez pas à renoncer, à succomber à la colère. Nous, les amis de Charles, aspirons à évoluer loin du dialogue de sourds des responsables, qui ne mène à aucun but noble. Nous sommes les jeunes de demain, et, par-delà notre foi en la loi du développement, nous aspirons à ce qu’était le Liban avant 1975, un espace de prospérité, de rencontre, malgré toutes les failles. « Nous voulons moins de repli sur soi, plus d’ouverture sur l’autre. Nous voulons que cessent de naître les entités politiques en querelle perpétuelle. Nous sommes la majorité silencieuse (...), nous n’avons pas peur de la vérité. Nous n’aspirons pas à des postes, nous voulons juste vivre... Écouterez-vous notre cri ? « Devons-nous pardonner au meurtrier, alors même qu’il nous a ravi notre précieuse vie, tandis que vous ne vous pardonnez pas entre vous pour sauver le Liban, patrie de vie ? (...) Beaucoup d’entre vous ont peut-être vécu avant la guerre. Nous n’avons pas eu cette chance. Ces trente dernières années ont tout effacé, tout brûlé, tout détruit, tous les rêves dont vous rêviez pour vos enfants et vos petits-enfants. Toutes les générations qui ont vécu dans ce pays se ressemblent en définitive, nous nous ressemblons. Nous voulons vivre, nous rêvons de vivre, de vivre cette vie que nous n’avons pas eue avant la guerre. (...) Nous voulons vivre, vivre et aimer... » Une copie de la même lettre a été remise au président de la Chambre, Nabih Berry.
Peu après la marche, la famille Chikhani a été reçue au Sérail par le Premier ministre Fouad Siniora en présence de plusieurs ministres. La délégation a remis à M. Siniora une lettre poignante, signée « les amis de Charles Chikhani » :
« (...) Nous rejetons désormais avec rage et fermeté que l’un de nous tombe arbitrairement, parce que le martyre au Liban est un concept vide de sens. Nous, jeunes du Liban, ne croyons plus en cette mort gratuite qui n’offre pas une vie meilleure pour le Liban. Messieurs les responsables, ce cirque qui se déroule au Liban nous a conduits à nous poser des questions sur notre appartenance, à tel point que nous avons désormais honte de cette dernière (...).
« Nous, les amis de Charles, les jeunes du Liban, rejetons la violence et avons foi dans l’amour, le pardon, même s’ils...