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Algérie Le ramadan plombé par les attentats et l’envolée des prix

Les attentats sanglants qui ont frappé l’Algérie depuis début septembre et la flambée des prix pèsent sur le début du mois de jeûne de ramadan, entamé le 13 septembre dans un climat morose, sous la menace islamiste. Une semaine avant le début du mois sacré du jeûne, deux attentats meurtriers ont été perpétrés par des kamikazes à Batna (22 morts – 6 septembre) et à Dellys (30 morts – 8 septembre). Ils ont été suivis vendredi par une attaque-suicide contre un convoi d’étrangers, dans laquelle deux Français, un Italien et six Algériens ont été blessés. Après deux mois de ramadan relativement calmes en 2006 et en 2005, la psychose s’est réinstallée dans les villes algériennes, placées sous très haute sécurité de crainte d’une nouvelle flambée de la violence islamiste. Le mois de jeûne musulman, censé être une période de piété et de quiétude pour les musulmans, est considéré comme propice au jihad (guerre sainte) par les groupes armés islamistes. La rupture du jeûne s’accompagne traditionnellement de longues veillées festives en famille se prolongeant parfois jusqu’à l’aube. « Depuis le début du jeûne, et contrairement aux deux années précédentes, la circulation automobile sur les artères principales d’Alger est étrangement fluide, comme si une grande partie de la population avait décidé de ne pas s’aventurer hors du domicile », observe Saïd, retraité de 60 ans. « Cela fait trois ans que je travaille à la circulation au centre de la capitale. Je n’ai jamais vu ça », note, pour sa part, un policier en faction à la place Audin, un important carrefour du centre-ville. « La peur des attentats y est sans doute pour quelque chose, mais il n’y a pas que ça », ajoute-t-il. Pour Karim, chauffeur d’une trentaine d’années, la flambée des prix des produits de base comme la semoule, le lait, les fruits et légumes, pèse plus lourdement cette année sur les budgets des Algériens. « En raison du coût exorbitant de la vie, les gens n’ont ni les moyens ni le cœur à festoyer », tranche-t-il. Grouillant traditionnellement d’acheteurs pendant le ramadan, les marchés semblent avoir été désertés. « Les ventes ont nettement chuté par rapport à l’année écoulée », se lamente un marchand de fruits, la cinquantaine. En raison de la faiblesse de la production locale, le prix de la pomme de terre, un aliment de base en Algérie, a quintuplé en l’espace de trois mois, malgré la décision des autorités d’exonérer les importations de la TVA. « Rien n’encourage les gens à sortir. Les spectacles sont rares et les transports publics inexistants la nuit. La plupart préfèrent rester à la maison et regarder la télévision », affirme Mahrez, gardien d’immeuble, 45 ans. Il passe pour sa part ses veillées à cogner les dominos sur le trottoir au bas de son immeuble, à la lueur d’un lampadaire public. Même les fidèles, qui se bousculent par milliers dans les mosquées pour accomplir les prières complémentaires des « taraouih », ne s’attardent pas hors de chez eux. Leur devoir accompli, ils sont très nombreux à regagner leur domicile, refusant de prendre le moindre risque en rejoignant les cafés comme à l’accoutumée. « Depuis une dizaine d’années, le terrorisme a bouleversé nos habitudes y compris celles du mois sacré. Nous avons pris l’habitude de ne plus sortir le soir », regrette à la sortie de la mosquée Slimane, retraité d’une soixantaine d’années, rentrant chez lui d’un pas lent. Abdellah CHEBALLAH (AFP)
Les attentats sanglants qui ont frappé l’Algérie depuis début septembre et la flambée des prix pèsent sur le début du mois de jeûne de ramadan, entamé le 13 septembre dans un climat morose, sous la menace islamiste.
Une semaine avant le début du mois sacré du jeûne, deux attentats meurtriers ont été perpétrés par des kamikazes à Batna (22 morts – 6 septembre) et à Dellys (30 morts – 8 septembre). Ils ont été suivis vendredi par une attaque-suicide contre un convoi d’étrangers, dans laquelle deux Français, un Italien et six Algériens ont été blessés.
Après deux mois de ramadan relativement calmes en 2006 et en 2005, la psychose s’est réinstallée dans les villes algériennes, placées sous très haute sécurité de crainte d’une nouvelle flambée de la violence islamiste.
Le mois de jeûne...