Quand U Moe a découvert que son plus jeune frère souffrait d’une infection pulmonaire, il a cherché aussitôt à l’emmener en autocar à Rangoun. Mais le tarif par personne s’élevait à 12 dollars, dépense qu’il ne pouvait engager sur son salaire mensuel de 60 dollars. « La situation était terrible, mais j’ai finalement pu acheter les billets », confie U Moe qui a dû attendre le jour de la paie avant de pouvoir se rendre à Rangoun depuis un village situé à 500 kilomètres plus au nord. Maintenant qu’il est sur place, il se demande comment il va pouvoir se nourrir et se déplacer, alors que tout est beaucoup plus cher que dans son village.
Depuis le 15 août et la brusque augmentation des prix des carburants (essence +66 %, diesel +100 %, gaz naturel comprimé +535 %) et des transports en commun, la vie quotidienne des Birmans est devenue très difficile, provoquant une colère à peine dissimulée au sein de la population. « Je dis à ma femme que rester à la maison rapporte plus que d’aller au travail », confie ainsi un habitant de Rangoun, confronté comme le reste de la population à la hausse des prix dans les transports en commun. Seul le chemin de fer, compagnie publique, n’a pas encore augmenté ses tarifs et reste abordable. Un billet de train permettant de circuler dans Rangoun coûte ainsi cinq fois moins cher qu’un ticket de bus. L’abonnement mensuel pour un étudiant coûte, lui, moins qu’une tasse de thé. Ainsi, la seule solution pour les Birmans désireux de se rendre au travail ou à l’école est-elle de se lever à l’aube pour tenter de trouver une place dans les trains bondés. Encore faut-il habiter à proximité d’une voie de chemin de fer, Rangoun comptant très peu de gares. De son côté, U Moe a réussi à mettre un peu d’argent de côté pour conduire son frère chez un médecin. Mais il se demande s’il lui en restera assez pour rentrer dans son village. Il a donc appelé la gare routière pour tenter d’obtenir un tarif réduit, sans succès. « Ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas le choix, qu’ils avaient dû augmenter le prix du voyage parce que le diesel avait doublé », confie-t-il, très amer.
Quand U Moe a découvert que son plus jeune frère souffrait d’une infection pulmonaire, il a cherché aussitôt à l’emmener en autocar à Rangoun. Mais le tarif par personne s’élevait à 12 dollars, dépense qu’il ne pouvait engager sur son salaire mensuel de 60 dollars. « La situation était terrible, mais j’ai finalement pu acheter les billets », confie U Moe qui a dû attendre le jour de la paie avant de pouvoir se rendre à Rangoun depuis un village situé à 500 kilomètres plus au nord. Maintenant qu’il est sur place, il se demande comment il va pouvoir se nourrir et se déplacer, alors que tout est beaucoup plus cher que dans son village.
Depuis le 15 août et la brusque augmentation des prix des carburants (essence +66 %, diesel +100 %, gaz naturel comprimé +535 %) et des transports en commun, la vie...
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