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Actualités - Chronologie

Expressionnisme : ouverture d’un musée Emil Nolde à Berlin

Un musée consacré au peintre expressionniste allemand Emil Nolde (1867-1956) a ouvert ses portes jeudi à Berlin, ville où il passait quasiment tous ses hivers depuis 1905 et dont il s’est inspiré pour créer en abondance. Ce musée, qui est en fait la dépendance berlinoise de la Fondation Nolde à Seebüll, sur la côte de la mer du Nord à la frontière avec le Danemark, est situé en plein cœur de la capitale allemande. « Nolde ne se définit pas sans sa région d’origine et sans Berlin », a indiqué à l’AFP le directeur de la Fondation, Manfred Reuther, à l’occasion du vernissage. Trois expositions thématiques changeantes se relayeront chaque année dans ce musée berlinois disposant de 600 m2 de galerie, composé de longs axes très aérés et de cabinets à l’atmosphère plus intimiste. La première exposition, présentée jusqu’en janvier 2008, est consacrée aux œuvres réalisées à Berlin durant les hivers 1910-1911 sur la danse, le théâtre et le cabaret. Rien que durant cette période, Nolde a fait preuve d’une productivité considérable en créant environ 300 aquarelles et 17 toiles, des scènes dépeignant la vie nocturne berlinoise, selon Jorg Garbrecht, responsable de la dépendance berlinoise. « La grande ville représente un thème central de l’expressionnisme allemand », explique M. Reuther. Nolde disait aimer « échanger avec des amis et des gens des réflexions sur les événements et les questions d’art » dans la capitale allemande. Il allait régulièrement au théâtre, au cabaret où il apportait directement sur place « des pots de peinture et des pinceaux pour chaque couleur », explique M. Reuther. Ami de la grande figure de la danse expressionniste allemande Mary Wigman, il fit aussi la connaissance du célèbre compositeur autrichien Arnold Schönberg vers 1920. Nolde a aussi puisé son inspiration au jardin botanique de Berlin pour certaines aquarelles florales, selon M. Reuther. Né Hansen d’un couple de paysans, l’artiste, qui abandonne dans sa jeunesse son patronyme au profit de celui de son lieu de naissance « Nolde », a donc un rapport artistique étroit avec Berlin. Mais aussi avec la France qui lui consacrera dès le 23 septembre 2008 une rétrospective au Grand Palais à Paris et au musée Fabre de Montpellier début 2009, a annoncé à l’AFP le commissaire de l’exposition, Sylvain Amic. « Cela fait 40 ans qu’il n’y a pas eu d’exposition Nolde en France et il n’y en a encore jamais eu à Paris, a précisé le conservateur du musée Fabre de Montpellier (Sud). C’était une grosse lacune à combler », souligne celui qui espère intéresser la France à l’art allemand ». Il existe un seul tableau du peintre dans une collection publique française, une nature morte de 1914 exposée au Centre Georges Pompidou ainsi que deux gravures à Strasbourg, selon M. Amic. Fasciné par Gauguin, Van Gogh et Cézanne, autant d’artistes, dira-t-il, qui « ont brisé la glace », Nolde cherchait cependant à promouvoir l’art allemand en réaction à l’art français et faisait partie d’une association de défense du patrimoine allemand. Position interprétée parfois comme un engagement aux relents de nationalisme, fait observer M. Amic. Décrété « artiste dégénéré» par les nazis en 1937, Nolde s’est pourtant vu interdire de peindre en 1940. Retranché dans la campagne de Seebüll, Nolde a peint secrètement plus de 1 300 aquarelles pendant la période nazie. Son atelier berlinois a été brûlé dans les bombardements en 1944. La Fondation privée Nolde a été créée en 1956 sur décision testamentaire du couple Ada et Emil Nolde. Depuis 1957, plus de 160 œuvres – paysages, décors marins, grotesques, impressions de voyages dans les mers du Sud –, sont présentées dans l’ancienne demeure et atelier de Nolde à Seebüll. Un lieu idyllique de fusion de l’art avec la nature. Anne PADIEU (AFP)
Un musée consacré au peintre expressionniste allemand Emil Nolde (1867-1956) a ouvert ses portes jeudi à Berlin, ville où il passait quasiment tous ses hivers depuis 1905 et dont il s’est inspiré pour créer en abondance.
Ce musée, qui est en fait la dépendance berlinoise de la Fondation Nolde à Seebüll, sur la côte de la mer du Nord à la frontière avec le Danemark, est situé en plein cœur de la capitale allemande.
« Nolde ne se définit pas sans sa région d’origine et sans Berlin », a indiqué à l’AFP le directeur de la Fondation, Manfred Reuther, à l’occasion du vernissage.
Trois expositions thématiques changeantes se relayeront chaque année dans ce musée berlinois disposant de 600 m2 de galerie, composé de longs axes très aérés et de cabinets à l’atmosphère plus intimiste.
La première...