Le chef du CPL, le général Michel Aoun, a achevé hier sa visite au Parlement européen à Strasbourg. Au cours de cette visite de 48 heures, qui a eu lieu, selon un communiqué de presse du CPL, à l’invitation de la délégation du Mashrek au Parlement européen, le général Aoun s’est entretenu avec une dizaine de parlementaires. Il a aussi évoqué, durant une conférence de presse, le risque d’une « explosion » au Liban si la majorité ne fait pas de « compromis ».
Ainsi, le chef du CPL s’est réuni avec le président du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, le député Graham Watson.
La délégation, qui est présidée par le général Aoun et formée notamment de Nehmetallah Abi Nasr, député du Kesrouan, et de Gebran Bassile, responsable des relations politiques au CPL, s’est aussi entretenue avec le président du groupe des Verts de la gauche nordique, Francis Wurtz, ainsi qu’avec le président du groupe socialiste Martin Sculz en présence des députés du même groupe, Béatrice Patrie, présidente de la délégation du Mashrek au sein du Parlement européen, et Pasqualina Napoletano.
Le général Aoun s’est également réuni avec le président du groupe des démocrates chrétiens, Joseph Daul, ainsi qu’avec Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen qui compte 785 membres de 27 pays.
Avant de clôturer sa visite par une conférence de presse, le chef du CPL a pris part à une réunion présidée par Mme Patrie.
Lors de cette conférence de presse, le général Aoun a évoqué le risque d’une « explosion » au Liban si le gouvernement de Fouad Siniora n’acceptait pas de faire un « compromis » avec l’opposition.
Si le désaccord entre l’opposition et la majorité à propos du quorum nécessaire au sein du Parlement pour la prochaine élection présidentielle ne fait pas l’objet d’un compromis, « il y aura une explosion », a-t-il prédit.
Le général Aoun a également mis en garde contre toute tentation de la majorité d’élire le président sans tenir compte du quorum. « Si on procède de cette façon, on va se trouver face à un coup d’État. Alors le peuple libanais aura droit à un soulèvement, aura droit à la révolte », a-t-il estimé.
« Nous sommes dans une crise qui va atteindre son pic dans les jours qui viennent et qui pourrait mener à l’explosion si on n’arrivait pas à une entente entre les Libanais », a-t-il dit.
« Un président du Conseil qui n’a pas réussi à tenir ses promesses doit soit composer avec l’opposition, soit démissionner », a-t-il ajouté à propos de M. Siniora.
À Strasbourg, durant ses rencontres avec les eurodéputés, le général Aoun a tenu à dénoncer la campagne de désinformation dont il se dit victime. « On me présente comme l’allié de la Syrie et de l’Iran, alors que je suis prolibanais et que je cherche à désengager le Liban de toute influence extérieure », a-t-il conclu.
Le général Aoun a quitté Strasbourg pour un État européen, qui pourrait être, selon le communiqué du CPL, le Vatican ou l’Espagne.
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